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Sécurité, de revers en revers

La Police nationale d’Haïti (PNH) a procédé, le dimanche 29 mars 2020, à l’arrestation de quatre (4) individus présentés comme des membres actifs du gang de Village-de-Dieu, un quartier situé dans la commune de Port-au-Prince (Bicentenaire). Il s’agit de Exantus Jean-Luc (le bras droit du puissant caïd Emmanuel Salomon, dit Manno), Dada Emmanuel (la maîtresse de l’un des chefs de gangs; Dada était chargée de cuisiner pour les personnes séquestrées au cours des actes de kidnapping), Charnel Laguerre et Franklin Mixi, deux membres du gang. Selon la police, le premier est présenté par la PNH comme l’un des gardes du corps du chef de gang, connu sous le nom de Emmanuel Salomon, alias Manno. La deuxième, une femme, est considérée par les forces de l’ordre comme la concubine du chef de gang dénommé «5 segond». Ces individus sont incarcérés au commissariat de police de Port-au-Prince, en attendant leur transfert à la Direction Centrale de la Police Judiciaire. De plus, le lundi 30 mars vers 2 heures du matin, un individu non identifié, souffrant de troubles mentaux, a attaqué, au couteau, 2 policiers du sous-commissariat de Canaan (commune de Croix-des-Bouquets). L’un des agents a été grièvement blessé et transporté d’urgence à l’hôpital, l’autre est légèrement blessé et a pu regagner son domicile. D’autre part, le vendredi 27 mars, Jerry Bitar, Directeur de l’hôpital Bernard Mevs, co-dirigeant de l’institution hospitalière, a été enlevé dans la matinée, par des individus armés, non identifiés, à Pèlerin 4, non loin de sa résidence privée, alors qu’il se rendait à l’hôpital. Il a été relâché par ses ravisseurs, plus tard, dans la journée, sans versement de rançon, à la suite de la mobilisation de nombreux secteurs de la vie nationale. Les gangs armés continuent de faire des victimes innocentes. Le vendredi 27 mars, trois personnes d’une même famille ont été tuées dans une localité appelée, «Préval», première section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite. Les victimes répondaient aux noms de Merpricia Clerdéus, Naphtaline Compère, Bonhore Dérilus, tuées sur place, alors que Anders, Neylie et Sorel, blessés par balles, ont été transportés d’urgence à l’Hôpital Saint-Nicolas de Saint-Marc. Selon des riverains, ces actes barbares auraient été commis par les membres du groupe armé, dirigé par Odma, opérant à Savien (Artibonite). Dans le département du Sud, notamment dans la ville des Cayes, un policier issu de la 26ème promotion de la Police Nationale d’Haïti (PNH), est mort le vendredi 27 mars 2020. L’agent de police, répondant au nom de Mackenson Junior, a été atteint d’une balle et a perdu la vie, des suites de ses blessures.

Par ailleurs, les cinq (5) policiers qui avaient été révoqués, à la suite du mouvement de revendication des policiers, ont été réintégrés au sein de l’institution policière. L’annonce a été faite par le porte-parole de la police, Michel-Ange Louis-Jeune, le mercredi 25 mars 2020. «L’institution a suivi les recommandations de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) et de la Commission de facilitation et de dialogue, formée par le haut État-major. Depuis le 21 mars, il a été décidé que ces 5 policiers sont réintégrés dans les rangs de la police. Ces derniers sont désormais considérés comme des policiers à part entière et continueront à fournir leurs services au sein de l’institution», a déclaré le porte-parole de la police. En ce qui a trait aux policiers réintégrés, il s’agit de Yanick Joseph, agent 2 ; Abelson Gros-Nègre, agent 2 ; Jean Elder Lundi, inspecteur ; Gédéon Membron, agent 2, et Yens Lamarre, agent 1. Pour Jean Helder Lundi, l’un des concernés, il a fait savoir qu’ils ne se considéraient pas comme des policiers révoqués. Le policier a révélé qu’ils avaient continué de percevoir leur salaire et autres avantages que leur confère leur statut d’agent de l’ordre. En outre, la PNH a ouvert un bureau des revendications. Le Commissaire Michel-Ange Louis-Jeune, Porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a fait part de la création, au sein de l’institution policière, d’un bureau dédié à la prise en charge des revendications sociales des policiers. «Ce nouveau Service de Bien-Être de la PNH, est dirigé par un inspecteur divisionnaire, sous la supervision de l’administration de la PNH», a dit Michel-Ange Louis-Jeune. Ce bureau créé, en date du 25 mars 2020, est intitulé: Service de Bien-Être (SBE). «Le SBE n’a rien à voir avec la création d’un éventuel syndicat. C’est une disposition prise par la direction générale pour se pencher sur les problèmes des policiers. Le bureau sera dirigé par un commissaire divisionnaire et sera rattaché directement à la Direction centrale de l’administration et de services généraux (DCASG). Celui-ci a pour mission de promouvoir le bien-être socio-économique du personnel policier. (…) Il y aura un décret pour réguler la question du syndicat», a fait savoir Michel-Ange Louis-Jeune. Il a également fait état des mesures adoptées par l’institution, dans le cadre de la pandémie du coronavirus. Ces mesures, à en croire Michel-Ange, concernent la prévention et la prise en charge. Le commissaire a déclaré que le haut État-major va renforcer les mesures de prévention déjà prises. «Nous avons annulé provisoirement les séances de formation qui devaient avoir lieu à l’Académie de police et à l’École nationale de police. Nous avons acheminé du matériel de prévention comme des seaux, du chlore, des masques et des gants dans les directions centrales, les directions départementales, les commissariats, les sous-commissariats et d’autres bâtiments qui logent les structures de police. Nous avons acheminé des réquisitions aux autorités pour du matériel supplémentaire dont nous ne disposons pas encore», a dit le commissaire Louis-Jeune. De plus, un atelier de couture est ouvert à l’Académie de police. «À l’initiative du haut commandement, des policiers couturiers confectionnent des masques de protection depuis hier mardi. Ils peuvent produire pas moins de 500 masques par jour. Ce qui permettra aux policiers, quel que soit leur lieu d’affectation, de disposer de masques de protection. Nous profitons de l’occasion pour appeler les policiers à la vigilance. Ils doivent se protéger pour pouvoir protéger les citoyens», a-t-il conseillé. Michel-Ange Louis-Jeune a fait savoir que le haut commandement de la PNH a engagé des démarches auprès des autorités pour que les policiers puissent avoir du cash, dans le contexte de la pandémie. «Le haut commandement a demandé de renflouer de deux mois, la carte de débit des policiers, de leur donner trois mois de prime de risque et qu’ils puissent recevoir leur salaire du mois, le plus vite possible», a-t-il expliqué, indiquant que des frais de mission ont été débloqués, à l’intention des agents du SWAT, de la BLTS et de l’UDMO, pour contrer le phénomène de la criminalité dans le département de l’Artibonite. Le porte-parole a révélé que la PNH est dotée d’un centre hospitalier qui sera ouvert sous peu. «Le directeur général a rencontré le chef du CSPN. Des dispositions ont été prises pour que ce centre hospitalier, situé à Bon-Repos, ouvre ses portes sous peu. Au moment où je parle, ce centre est en train d’être aménagé. Un policier atteint par le coronavirus sera pris en charge par l’équipe médicale de ce centre». Pour les centres carcéraux, le porte-parole de la PNH a, par ailleurs, précisé que le haut-commandement de la PNH a travaillé avec les commissaires du gouvernement de plusieurs juridictions, afin de réduire la surpopulation. «Il y a des prisonniers qui n’ont jamais été jugés. Ces cas sont étudiés par les commissaires du gouvernement qui ont pris des dispositions pour réduire la surpopulation carcérale», a conclu Michel-Ange Louis-Jeune.

Emmanuel Saintus

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