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L’internationale, s’éloignerait-elle des intérêts du pouvoir?

Généralement perçu comme un des supporteurs inconditionnels des deux régimes Tèt Kale, le sénateur de la Floride, Marco Rubio, a durci le ton, face aux récentes dérives répressives du pouvoir en place en Haïti. Pour l’ancien candidat à l’investiture républicaine durant les dernières élections présidentielles, les dirigeants haïtiens ont l’obligation de respecter l’état de droit. Sinon, ces autorités devront payer les conséquences de leurs abus des droits humains. Révolté par les violences exercées contre les manifestants et les journalistes en Haïti, l’élu américain, d’origine cubaine, a adressé une mise en garde à l’administration Moïse-Lapin. Rubio a déclaré que le gouvernement haïtien ne doit pas confondre la réticence des États-Unis à interférer dans la politique intérieure de leur voisin, avec une tolérance face à la violence contre les manifestants et les journalistes.

D’un autre côté, les députés de l’Assemblée Nationale du Québec ont voté (103 pour, 0 contre, 0 abstention) et sans aucun débat, une motion témoignant leur solidarité, sans réserve, envers le peuple haïtien et sa lutte pour construire une société stable qui progressera vers la justice sociale. Cette motion a été déposée par Paule Robitaille, Députée provinciale pour la circonscription de Bourassa-Sauvé, Porte-parole de l’opposition officielle, ancienne journaliste et commissaire à la commission de l’Immigration et du Statut de réfugié. Cette déclaration a été déposée conjointement avec la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, la députée de Taschereau, Catherine Dorion, le député des Iles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, le député de Chomedey, Guy Ouellette, et la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier. Immédiatement après le vote, les dirigeants de l’Assemblée Nationale ont promis de transmettre le document au Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au Président contesté d’Haïti, Jovenel Moïse et à l’ambassadeur haïtien à Ottawa, Frantz Liautaud.

Après deux messages postés sur le compte Twitter de l’ambassade américaine en Haïti, c’est depuis le Département d’État, qu’un officiel américain qui parle créole et qui connaît bien Haïti, a donné la position de son pays sur la crise haïtienne : «Nous voulons que les acteurs politiques, dans le plus bref délai, forment un gouvernement dans le dialogue. Avant la formation d’un gouvernement fonctionnel, nous n’aurons pas de coopération», a dit l’officiel américain. «Nou dwe konnen tout Ayisyen bouke. C’est pourquoi nous voulons que tous les acteurs politiques s’asseyent, dans le plus bref délai, pour dialoguer, afin de former un gouvernement», a déclaré, mardi, sur la Voix de l’Amérique, le sous-secrétaire d’État, adjoint au Département d’État américain pour l’hémisphère occidental, Jon Piechowski. Le gouvernement américain condamne les actes de violence, enregistrés ces derniers jours, dans les mouvements de protestation, a-t-il dit, avant d’ajouter : «Nous appuyons le droit du peuple haïtien de manifester dans la paix.» C’est la troisième intervention publique de l’administration américaine sur la crise en Haïti. Le message du sous-secrétaire d’État, adjoint au Département d’État américain pour l’hémisphère occidental, est clair pour le moment : la solution à la crise doit passer par un dialogue entre tous les acteurs, duquel sortira un gouvernement fonctionnel. Selon Jon Piechowski, «le président Moïse est le président d’Haïti, c’est une question claire. En même temps, il y a les sénateurs et les députés qui ont la responsabilité de faire face aux défis du peuple haïtien», a-t-il avancé. Si la crise perdure, Jon Piechowski, diplomate en poste en Haïti au début de la décennie et qui s’exprimait en créole, estime que la situation deviendrait plus difficile en Haïti, puisqu’il n’y a pas d’aide au développement ni investissements. S’agissant de l’aide humanitaire sollicitée par le président Jovenel Moïse auprès du président Trump, Jon Piechowski a déclaré : «Nous étudions cette demande rapidement. Cette demande montre que les problèmes en Haïti sont plus grands, en l’absence d’un gouvernement fonctionnel. Cette situation nous inquiète et inquiète la communauté internationale. Nous savons que le peuple haïtien est en train de souffrir actuellement. Pendant que nous étudions cette demande, nous voulons que tous les acteurs politiques s’asseyent pour former un gouvernement.» Jon Piechowski, dans cette interview à VOA, n’a pas précisé si l’aide alimentaire sera accompagnée d’un appui logistique, comme l’a sollicité les autorités haïtiennes. Cependant, l’officiel américain a souligné que son gouvernement veut s’assurer que c’est effectivement la population qui reçoit l’aide alimentaire. «S’il y a un problème logistique, on va l’étudier, mais pour le moment, je ne sais pas», a-t-il fait savoir.

Altidor Jean Hervé

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