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L’insécurité qui s’étend, inquiète dans les plus hautes sphères

L’organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty international, demande aux autorités haïtiennes de mettre fin au recours illégal à la force contre les manifestantes et manifestants, dans un communiqué. 35 personnes sont mortes pendant les six premières semaines (depuis le dimanche 15 septembre 2019) de manifestations anti-gouvernementales, relève Amnesty international, qui dit confirmer plusieurs cas de recours à une force excessive par la Police nationale d’Haïti (PNH). Amnesty international réclame, sans délai, une enquête approfondie et efficace sur des atteintes aux droits humains, commises par les autorités haïtiennes, sur le recours à une force excessive par les forces de sécurité, sous le commandement du président Jovenel Moïse. Amnesty International exhorte Jovenel Moïse à «prendre des mesures, de toute urgence, pour veiller à ce que les personnes, manifestant contre son gouvernement, puissent le faire en toute sécurité, sans mettre leur vie en danger». La police nationale est également appelée à «cesser d’avoir recours à des armes à feu, chargées de balles réelles, dans le cadre des manifestations». Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a fait part, quant à lui, le vendredi 1er novembre, de son inquiétude concernant la situation socio-politique en Haïti et l’enlisement d’une crise qui a causé la mort violente de 42 personnes, indique le système d’information des Nations-Unies. «Au moins 42 personnes sont mortes et 86 ont été blessées, à la suite de l’escalade des tensions, depuis le début de la dernière vague de manifestations, le 15 septembre dernier, selon des informations vérifiées par notre bureau», a déclaré, lors d’un point de presse à Genève, Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH). Les services de la Haut-Commissaire, Michelle Bachelet, soulignent que la grande majorité des victimes ont été blessées par balle. «Les rapports indiquent que les forces de sécurité sont responsables de 19 sur la quarantaine de décès, tandis que les autres ont été tués par des individus armés ou des auteurs inconnus», a ajouté la porte-parole. Parmi les personnes tuées figurait au moins un journaliste. Neuf autres journalistes ont été blessés et beaucoup auraient été menacés. Dans ces conditions, le Haut-Commissariat a exhorté tous les acteurs à s’abstenir de cibler les journalistes et à respecter la liberté des médias de rendre compte de la situation. Si l’agence onusienne s’est félicitée de l’ouverture d’enquêtes par l’Inspection générale de la Police nationale haïtienne sur les allégations de violations des droits de l’homme, commises par la police, elle plaide toutefois pour une reddition des comptes. 50 journalistes haïtiens seraient victimes d’actes de violences, d’assassinats et de menaces de mort, ces derniers temps, dénombre la Fédération de la presse haïtienne (FPH), de son côté. «50 journalistes haïtiens ont subi une répression inacceptable. Certains ont été tués, blessés, ou ont reçu des menaces de mort de membres zélés du gouvernement ou inquiétés par des secteurs de l’opposition démocratique», déplore la FPH, dans une note. La FPH a dénombré 7 journalistes victimes, dont Dieunalio Chéry, journaliste de Associated Press, blessé par balle, le 23 septembre 2019, au Parlement, dans le département de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince. 13 journalistes ont été inquiétés dans le département de l’Artibonite, entre autres. 5 journalistes ont été victimes de la répression au Cap-Haïtien (Nord). 5 journalistes ont été inquiétés durant les derniers jours de crise, dans le Nord-Ouest. 3 journalistes ont subi des actes de répression dans le Nord-Est. 4 journalistes, dont Néhémie Joseph, journaliste de Radio Panic Fm et correspondant de Radio Méga à Mirebalais, a été assassiné, dans l’après-midi du jeudi 10 octobre 2019, dans cette ville du Plateau Central, à cause de ses positions contre le régime politique en place. Les funérailles du journaliste Néhémie Joseph ont été chantées, le samedi 2 novembre 2019, à Mirebalais. À cet effet, le nouveau commissaire du gouvernement de Mirebalais, Me Lion Saint-Fleur, qui se déclare contre l’impunité et la détention préventive prolongée, agit «avec célérité» dans le cadre du dossier du journaliste Néhémie Joseph. Suite à l’audition de l’épouse du journaliste, il a émis deux mandats d’amener: l’un contre un proche de Néhémie Joseph, qui était venu le chercher dans la nuit du 10 octobre pour l’emmener à une réunion, et l’autre contre Fabiola Cameau qui aurait fait des aveux dans une vidéo, attestant de sa présence, lors de l’assassinat de l’animateur de l’émission «Tanbou Verite», sur les ondes de radio Panic. Selon les informations recueillies par le Nouvelliste, le dossier est transféré au cabinet d’instruction. 3 journalistes victimes ont été enregistrés dans le département du Sud. 1 journaliste victime a été recensé dans la ville de Miragoâne, dans le département des Nippes. Amnesty international réclame, sans délai, une enquête approfondie et efficace sur des atteintes aux droits humains, commises par les autorités haïtiennes, sur le recours à une force excessive par les forces de sécurité sous le commandement du président Jovenel Moïse. Le Haut-Commissariat de l’ONU s’est également dit préoccupé par les conséquences de ces manifestations, sur le quotidien des Haïtiens, notamment leur impact sur la capacité des populations de faire valoir leurs droits fondamentaux, en matière d’éducation, de santé, d’alimentation et d’autres besoins.

Altidor Jean Hervé

 

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