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Sénat: la débandade du pouvoir

Le groupe des quatre (4) sénateurs de l’opposition n’entend pas baisser les bras, face à la majorité présidentielle au Sénat. En effet, les sénateurs de l’opposition ont fait une proposition au président du Sénat pour reprendre toute séance en ce qui concerne la nomination du Premier Ministre nommé. Les 4 sénateurs de l’opposition ont adressé une correspondance au président du Sénat, Carl Murat Cantave, en date du 15 mai 2019, pour exprimer la position officielle du groupe par rapport à la séance de ratification de politique générale du Premier Ministre nommé, Jean-Michel Lapin. Le groupe des quatre sénateurs conditionne la reprise sereine de la séance de ratification de la politique générale de Jean-Michel Lapin à quatre (4) points. Les Sénateurs Evalière Beauplan, Antonio Chérami, Ricard Pierre et Nènèl Cassy ont dit s’insurger contre des gens qui, disent-ils, assoiffés de pouvoir, fragilisent le destin du pays. «Le groupe des 4 sénateurs de l’opposition va continuer à se battre sans répit et avec plus de détermination, malgré les obstacles dressés sur sa route pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation», peut-on lire dans cette correspondance. Les parlementaires de l’opposition font valoir leurs exigences dites, légales et constitutionnelles, relatives au nouveau gouvernement. «Le groupe des 4 Sénateurs de l’opposition vous salue patriotiquement et profite par cette note publique pour vous présenter les conditions essentielles pouvant garantir une reprise sereine de la séance de ratification de politique générale du Premier Ministre nommé, Monsieur Jean-Michel Lapin, mise en continuation. Le groupe des quatre (4) sénateurs de l’opposition réitère son engagement et sa détermination à défendre sa position qui s’inscrit dans le respect de la Constitution et des lois de la République, afin de garantir l’intérêt commun du peuple haïtien et la bonne marche du Sénat de la République, dernier rempart de la nation. Ainsi, le groupe des 4 tient à souligner à votre attention que sa position s’articule autour des exigences constitutionnelles et légales suivantes:

1) Présentation au Sénat d’un cabinet ministériel complet et sans cumul de poste, tel que le veut la loi du 8 novembre 2006, abrogeant le décret de 2005. Cette loi, qui est une application de l’article 167 de la Constitution, condamne, avec l’article 221 de cette dernière, le cumul de postes;

2) Retrait du cabinet ministériel des Ministres ayant fait partie du Gouvernement de Jean Henry Céant car, suivant le principe de la solidarité gouvernementale, prescrit par la Constitution, tous les ministres de Céant ont été frappés de la motion de censure votée à une écrasante majorité à la Chambre des députés;

3) Mise à la disposition du groupe des 4 des dossiers de tous les ministres pour un minutieux examen;

4) Convocation en urgence d’une Conférence des présidents extraordinaire, pour statuer sur le comportement belliqueux du Sénateur Joseph Lambert à l’égard de notre collègue Ricard Pierre, lors de la séance du 14 mai 2019, pendant que ce dernier protestait contre la violation de la Constitution et des lois de la République.

D’autre part, le Groupe majoritaire du Sénat, rejette les exigences des 4 sénateurs de l’opposition. En réponse aux conditions préalables exigées par 4 sénateurs de l’opposition pour la reprise de la séance de ratification du Premier Ministre nommé, Jean-Michel Lapin, le Groupe majoritaire des Sénateurs pour l’Équilibre Politique (GSEP), a réagi le vendredi 17 mai 2019 dans une correspondance signée par 12 sénateurs, adressée au Président de la Chambre haute, le Sénateur Carl Murat Cantave. Les sénateurs rappellent en préambule qu’il n’existe aucun bloc politique constitué au Sénat qui s’appelle «Groupe des 4», soulignant que les arguments utilisés par les sénateurs de l’opposition sont erronés. Concernant le point 1, le GSEP rappelle une nouvelle fois que la « loi du 8 novembre n’abroge pas le décret de 2005. Ses dispositions finales n’abrogent spécifiquement que les textes qui lui sont contraires». S’agissant du point 3, les sénateurs du GSEP rappellent qu’il n’est prévu nulle part qu’un bloc puisse se prévaloir d’un tel droit et encore moins des sénateurs à titre individuel, soulignant que « Cette demande constitue une distorsion flagrante du règlement». En plus, en réponse au point 4, le GSEP demande à la Conférence des présidents, d’appliquer les sanctions disciplinaires contre leurs 4 collègues, comme le veut le règlement intérieur du Sénat, qu’ils accusent de retarder intentionnellement l’installation du nouveau Gouvernement, en empêchant la tenue de la séance par des actes et des comportements inappropriés.

Emmanuel Saintus

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