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Le pouvoir est au pied du mur

Jovenel Moïse, trop confiant sur les rapports de ses conseillers fantoches, croyait avoir réussi à intimider ses opposants. Une campagne médiatique outrancière, visant à diaboliser le mouvement de l’opposition, avait été mise au point dans différents médias, notamment à travers des émissions où déblatèrent des journalistes qui se font passer pour des journalistes d’opinion afin de se faire monnayer par le Palais national et des ministères. C’est un scénario solide dont l’objectif est de changer les approches politiques pour confisquer le processus de prise des décisions politiques, conformément aux intérêts des oligarques et des supporteurs de ce système pourri. Dès le début, nombreux étaient ceux qui avaient été conscients de ces complots. La stratégie, pour laquelle ont opté le gouvernement Jovenel/Jouthe et ses alliés, témoigne de leur mauvaise compréhension profonde, vis-à-vis des objectifs des ennemis d’Haïti. L’opposition continue de rester comme un os à travers la gorge de Jovenel Moïse et de ses partenaires. Mais le pouvoir en place, soutenu par Washington et ses alliés, chercherait un autre objectif, lequel consiste à provoquer des heurts entre les dirigeants de l’opposition, certes, pas trop majeurs, puisque l’échec du camp Jovenéliste est presque consommé, à moins qu’il veuille passer à l’étape supérieure pour couvrir ses agissements en cours. La mise en place du gouvernement de Jouthe, sans un accord politique, a inversé la donne politique, poussant même les courants pro-Jovenel à dénoncer la manœuvre et à prendre position. Miami Herald, dans un article en date du 10 mars 2020, appelait les États-Unis à l’aide, pour empêcher Jovenel Moïse de devenir un autocrate. Jovenel Moïse est un dictateur, de ce fait, il est déjà un autocrate, ce dernier mot venant apparemment comme une circonstance atténuante dans la bouche du journaliste. Pourtant les deux sont synonymes, l’un étant latin, l’autre grec, le second étant juste un peu plus savant et moins connu que le premier. Dictateur vient tout droit du latin: «dictator», qui signifie: celui qui dicte, qui ordonne. Autocrate vient en ligne directe du grec: «autocratès» et signifie: celui qui gouverne par lui-même. Dans les deux cas, il s’agit d’un pouvoir sans contrôle, sans partage et sans limite. Tout juste apprend-on des dictionnaires qu’autocrate s’applique plutôt aux monarques et dictateur, aux présidents de république. Alors Jovenel Moïse, qui a mis à pied le Sénat de la République, qui gouverne par décret et qui exerce le pouvoir sans contrôle et sans limite, est un dictateur. «Tous les membres de la Chambre basse et les deux tiers du Sénat ont disparu. Il ne reste que 10 sénateurs. Tout cela, après qu’Haïti n’ait pas organisé d’élections législatives et locales, en octobre 2019. Moïse applique la règle du «seul homme à la barre», a écrit la rédaction du Miami Herald. «Il est en train de diriger par décret. Il confisque des propriétés privées et annule des contrats avec le gouvernement. Il a des «réformes» constitutionnelles en vue et, dans le but de réformer le secteur de l’énergie, il tente d’arrêter des fournisseurs privés d’électricité. Cela seul devait faire froncer les sourcils aux États-Unis et dans le reste de l’hémisphère. Mais l’administration n’a pas jeté un coup d’œil; la semaine dernière non plus, lorsqu’un Moïse, assiégé, a installé, sans accord politique avec l’opposition, Joseph Jouthe, Premier ministre ; il est le cinquième en trois ans. Malheureusement, les citoyens sont des dommages collatéraux. Il est temps d’intensifier la pression sur Moïse pour faire régner la loi et l’ordre et fixer une date pour l’organisation des élections et s’y tenir. Les États-Unis doivent montrer que, tout comme ils détestent l’autocrate au Venezuela, ils ne toléreront pas l’autocrate en devenir en Haïti», a conclu la rédaction de Miami Herald.

Emmanuel Saintus

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