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Carton Rouge à Ariel Henry et à ses sbires

Ariel Henry se sent bien à l’abri, sous le parapluie du Core Group et de Mme La Lime qui l’avait mis au pouvoir avec un simple tweet. Mais sache bien, Monsieur Henry, que le parapluie se retourne au moindre vent, comme l’aveugle qui tenait la perche en te criant: «vas-y, plonge»

Le lundi 22 août 2022, une vive tension a régné au niveau de la capitale et dans plusieurs grandes villes de province: Miragoâne (Nippes), Petit-Goâve (Ouest), Cayes (Sud), Jacmel (Sud-Est) et Cap-Haïtien (Nord), où des milliers de manifestants sont descendus dans les rues. Les manifestants exprimaient leur ras-le-bol contre la criminalité, l’insécurité, la vie chère, l’inflation qui atteint 29 %, la rareté des produits pétroliers et la dévaluation de la gourde, et exigeaient le départ du Premier Ministre de facto, Ariel Henry.

À Port-au-Prince, des barricades de pneus enflammés ont été érigées, notamment à Delmas, à Lalue et à Nazon, en signe de protestation. D’autres ont été érigées sur la Route de l’aéroport. Sur la Route Nationale #1 vers Cabaret, des individus menaçants empêchaient toute circulation de véhicules et de personnes. La Route Nationale #7 a été bloquée à la hauteur de Beaumont. La situation n’était pas meilleure en province.

Pneus enflammés, routes bloquées, véhicules de transports publics et motos-taxis rares, commerces fermés, sur fond de tirs sporadiques d’armes automatiques, jets de pierres contre les forces de l’ordre, usage intensif de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, ont émaillé cette journée où l’on sentait, par endroit, le souffle de la révolte.

L’insécurité et la cherté de la vie ont été à la base de ces mouvements de protestation. Les manifestants ont donné un carton rouge à Ariel Henry et à son gouvernement de facto, et ont exigé le départ sans condition d’Ariel Henry du pouvoir.

Par ailleurs, le samedi 20 août 2022, à Port-of-Spain (Trinidad-et-Tobago), en marge du Forum sur l’agro-investissement qui s’est achevé le dimanche 21 août et auquel a participé le Premier Ministre de facto, Ariel Henry, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) a tenu une réunion spéciale sur la situation en Haïti où la criminalité et l’instabilité politique affectent gravement le développement socio-économique du pays. Cette réunion comprenait, outre les membres du Bureau de la CARICOM, plusieurs premiers ministres membres de la communauté. Ralph Gonsalves, Premier Ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, qui assume la présidence tournante de la CARICOM, a déclaré que la réunion a fourni, aux dirigeants régionaux, l’occasion de discuter et d’informer le Premier Ministre haïtien, Ariel Henry, des décisions prises lors du sommet de la CARICOM au Suriname, le mois dernier. Il a déclaré que, bien qu’une décision ait été prise pour qu’une mission technique, dirigée par la CARICOM, se rende à Port-au-Prince pour des entretiens avec toutes les parties prenantes, aucune date n’avait encore été finalisée, même si le Premier Ministre Henry a réitéré qu’il «veut que la CARICOM soit très impliquée». Gonsalves a déclaré que des plans étaient également en cours d’élaboration, pour une réunion qui se tiendrait à Nassau (Bahamas), après la mission technique en Haïti. Cette réunion devrait rassembler les parties prenantes d’Haïti, de l’Union africaine, des pays francophones, ainsi que la Communauté des États d’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC) et de l’Organisation des États Américains (OEA).

Gonsalves a déclaré que les pays membres de la CARICOM «devraient faire beaucoup de plaidoyer» auprès d’un certain nombre de parties prenantes, dont les États-Unis, en ce qui concerne la situation sécuritaire en Haïti, tandis que la région continuerait «de voir comment nous pourrions fournir une assistance politique» à Haïti.

Emmanuel Saintus

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