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De toute manière, on est en mode famine

Situation de pauvreté extrême, la cherté de la vie, rareté de carburant, problèmes d’énergie: le cours des évènements porte à croire que cette situation est préméditée et minutieusement calculée… Nous n’y échapperons pas…

Le dollar américain devient de plus en plus difficile à trouver en Haïti pour les opérateurs économiques. Certaines institutions financières vendent le dollar US à 125 gourdes (BRH : 126,7647 gourdes, au taux moyen d’acquisition, au 12 août 2022, pour 1 dollar) alors que sur marché informel, le taux a franchi la barre des 150 gourdes pour 1 dollar…

La Banque de la République d’Haïti (BRH) rencontre les responsables des banques commerciales et des maisons de transfert autour du taux de change, de l’informellisation des transactions de change et de la circulaire 114-2. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des démarches de la BRH pour compléter son ensemble d’informations devant amener à des prises de décision, en vue de freiner le décrochage du taux de change.

«Le pays s’enfonce dans une 4ème année de récession», selon le PM de facto, Ariel Henry. Dans sa lettre de cadrage du projet de budget 2022-2023, adressée à tous les ordonnateurs des institutions de l’administration de l’État, le Premier Ministre de facto, Ariel Henry, indique que le pays va connaître une quatrième année consécutive de récession économique.

«En dépit du fait que les premiers mois de l’année fiscale 2021-2022 confortaient nos espoirs de la stabilisation pour renouer avec la croissance positive, Haïti va enregistrer, pour la quatrième année consécutive, un taux de croissance négatif. Elle ne pourra donc pas sortir de la récession économique. Le taux de croissance de l’économie devra atteindre -0,4% contre une projection initiale de +0,3% (lettre de cadrage avril 2022)».

«La baisse répétée du Produit Intérieur Brut (PIB) s’accompagnera également d’un niveau élevé d’inflation. Cette accélération observée, tant sur les prix des produits importés que sur ceux des produits locaux, s’explique principalement par la hausse des cours mondiaux des produits de base, notamment celui de l’énergie, du fait de la guerre en Ukraine, ainsi que la dépréciation de la gourde (130,93gde pour 1$US, 11 août 2022) et la perturbation des circuits d’approvisionnement des marchés locaux.»

«La situation des finances publiques reste des plus préoccupantes et appelle à la responsabilité de tous. Notre pays s’affiche parmi les moins performants au monde, en ce qui concerne la mobilisation des recettes. Le taux de pression fiscale implicite oscille autour de 6%, contre une moyenne de 23% pour la région Amérique Latine et Caraïbes. La corruption, le poids important du secteur informel, la contrebande, le retard dans la digitalisation de nos administrations fiscales et douanières, le faible niveau de civisme fiscal des contribuables sont autant de facteurs qui expliquent nos faibles performances fiscales.»

En plus, l’Indice Général des Prix à la Consommation (IPC 100 en 2017-2018) est passé à 220,4 en juin 2022, contre 215,6 le mois précédent, provoquant une hausse sur un mois de +2.2%, soit 29,0% en glissement annuel, contre +27,8% le mois précédent.

Rappelons que dans sa lettre de cadrage pour le budget rectificatif du 2e semestre de l’exercice fiscal 2021-2022, le Gouvernement avait basé ses prévisions sur un taux d’inflation de 27,3% en glissement annuel, d’ici au 1er octobre prochain.

L’augmentation mensuelle observée en juin 2022 est le résultat principalement du comportement des indices de consommation suivants:

  •  «produits alimentaires et boissons non alcoolisées» : +2,6% sur un mois soit 29,1% sur un an ;
  • «articles d’habillement et chaussures» : +2,8% sur un mois, soit 32,0% sur un an ;
  • «meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer» : +2,6% sur un mois, soit 28,1% sur un an) ; «Santé» : +2.7% sur un mois, soit 25,9% sur un an;

Produits ayant enregistrés une inflation annuelle plus prononcée:

  • alimentation:

riz (en moyenne 45,1%), millet (27,3%), poisson frais (54,8%), hareng (44,1%), morue (29,4%), lait en poudre (45,8 %), huile comestible (88,4 %), margarine de cuisine (24,5 %) et sucre, en moyenne (42,1 %) ;

  • articles d’habillement et chaussures:

Confection de vêtements (22,7 %), robe (42,1 %), costume, veste universelle (36,8 %), chemise (37,8 %), pantalon pour homme (33,0 %) et souliers et tennis (41,2 %);

  • meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer :

Meubles de salon (38,7 %), salle à manger (50,5 %), lit (40,8 %), matelas (47,4 %), groupe électrogène (43,6 %), «inverter» ou (onduleur) (40,1 %) et réfrigérateur (37,0 %) ;

  • santé:

Médicaments (28,0%) et lunettes à verres correcteurs (25,7%).

Une hausse plus importante des prix a été observée au niveau des produits importés, soit 3,2 mensuellement et 41,7% en glissement annuel, contre 1,6% mensuellement et 21,8% en glissement annuel pour les produits locaux.

Emmanuel Saintus

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