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Célébration: les choses se corsent

Le jeudi 7 juillet, dans les jardins du Musée du Panthéon National (MUPANAH), le gouvernement de facto a rendu un hommage à la mémoire de l’ancien Président Jovenel Moïse, assassiné en sa résidence, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Le Premier ministre de facto, les membres du cabinet ministériel, les ambassadeurs accrédités en Haïti, les corps constitués de l’État, le Haut État-major des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), le Haut Commandement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ont été présents à cette cérémonie de commémoration.

Le Chef du Gouvernement, Ariel Henry, a déposé une gerbe de fleurs en mémoire du Président Jovenel Moïse, qui fut suivi de la sonnerie aux morts, par un musicien de la Fanfare du Palais National. Ensuite, les invités ont regardé une projection du documentaire «Ochan ak rekonesans pou Prezidan Jovenel Moïse.» Rappelons qu’au début de la cérémonie, la chanteuse Cynthia Lamy et ses musiciens jouaient des chants liturgiques, question de solennité.

Dans son discours, le Premier Ministre a déclaré: «un an après cet assassinat, nous sommes encore en deuil. Le peuple haïtien est en deuil. Et cela nous oblige à nous plonger dans un profond questionnement. La mort tragique du Président doit être le dernier acte d’une période d’ignominie, d’intolérance. Nous devons rompre définitivement avec cette tradition. Puisse le rêve d’une Nation haïtienne réconciliée que le Président portait, une nation où toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens jouissent des mêmes droits et ont les mêmes chances, où l’électricité est disponible dans les « kay pay » comme dans les grandes villas, où l’eau irrigue toutes les parcelles, devenir une réalité ! Je renouvelle ici devant la Nation, ma détermination à encourager, sans relâche, la poursuite de l’enquête, jusqu’à son aboutissement. La justice haïtienne peut compter sur le soutien indéfectible du gouvernement. Un an plus tard, aujourd’hui, nous avons toujours du mal à réaliser cet épisode sanglant et barbare de notre histoire. La situation sécuritaire s’est détériorée considérablement. Tous les jours, viennent s’ajouter à notre inquiétude un fait, une prise de parole qui, avec l’effet multiplicateur des médias sociaux, nous perturbent un peu plus et ajoutent à nos doutes sur la possibilité de nous dépasser, d’être à la hauteur du grand rêve et des grands sacrifices qui nous ont valu le statut de Nation», a indiqué M. Henry.

À rappeler que le mercredi 7 juillet 2021, l’ex-président haïtien, Jovenel Moïse, avait été assassiné chez lui par un commando formé d’éléments étrangers, avait annoncé le premier ministre sortant de l’époque, Claude Joseph. L’épouse du Président avait été blessée dans l’attaque et hospitalisée. L’ex-premier ministre avait appelé la population au calme et indiqué que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre. « Vers une (1) heure du matin, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021, un groupe d’individus non identifiés, dont certains parlaient en espagnol, ont attaqué la résidence privée du Président de la République et ainsi blessé mortellement le Chef de l’État. Blessée par balle, la Première Dame prend les soins que nécessite son cas».

«C’est avec beaucoup de tristesse que nous confirmons l’assassinat du Président Jovenel Moïse, au cours d’une attaque en sa résidence par des mercenaires. La Première dame, blessée, reçoit les soins nécessaires. Nos pensées vont à la famille présidentielle et à toute la nation», avait alors publié l’Ambassade d’Haïti au Canada.

Un an après, cinq juges ont déjà été désignés pour instruire ce dossier. La famille Moïse est assoiffée de justice et la nation haïtienne souhaite connaître tous les coupables. Jusqu’à date, le dossier reste fermé dans les tiroirs de la justice. À la suite de l’assassinat du président Jovenel Moïse, le juge de paix suppléant de Pétion-Ville, Carl Henry Destin, sur réquisition du commissaire du gouvernement a. i, à l’époque, Me Bed-Ford Claude, s’était rendu dans l’après-midi sur les lieux du crime pour le constat légal. D’après le premier constat, Jovenel Moïse a reçu 12 balles dont une à l’oreille gauche, une au front, plusieurs dans le ventre, au bras droit, à la jambe gauche qui est cassée. Et son œil gauche a été crevé. Toujours selon le constat du juge Destin, les assassins ont emporté des mallettes. La maison était sens dessus-dessous. Partout, dans la salle de conférence, la salle à manger, la chambre à coucher du président, on pouvait voir les impacts de balles.

Martine Moïse, lors de cette attaque, avait été touchée de plusieurs projectiles. Sans trop tarder, elle et les enfants avaient quitté le pays, afin que l’ancienne première dame puisse recevoir les soins que nécessitait son cas.

26 personnes sont déjà arrêtées, dans le cadre de l’enquête, trois Colombiens, qualifiés d’assaillants, sont morts, lors des échanges de tirs avec la police. 13 résidences ont été perquisitionnées, dont la résidence de John Joël Joseph, trois résidences appartenant à Joseph Félix Badio, la résidence de Reynaldo Corvington, une entreprise de la famille Jaar, un hôtel dénommé «Maxime boutique hôtel», avait informé Léon Charles, chef de la PNH, à l’époque.

Emmanuel Saintus

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