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Le gouvernement prend des décisions au bénéfice de l’économie?

Moins de vingt-quatre heures après les déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, sur le projet de nomination de nouveaux responsables à la tête de l’Administration Générale des Douanes, le Gouvernement a passé de la parole aux actes en nommant un directeur général et un directeur général adjoint à la tête de l’AGD. Il s’agit, respectivement, de Julcène Edouard et de Ronald Beaufils. En outre, le FMI a annoncé qu’il avait approuvé le programme supervisé par le personnel (SMP) pour Haïti. Selon les détails du Fonds Monétaire International, le programme suivi par les services «sont des accords entre les autorités nationales et le FMI pour suivre la mise en œuvre du programme économique des autorités, mais ils ne sont pas accompagnés d’une aide financière». Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, a révélé les engagements pris par l’État haïtien devant le FMI et qui ont permis la signature de cet accord.

Le ministre de l’Économie et des Finances, lors d’une conférence de presse, le 29 juin, pour évoquer la signature du Programme de suivi du personnel (SMP) avec le FMI, a été interrogé sur la situation de l’Administration Générale des Douanes (AGD), notamment sur la situation du désormais ancien PDG, Romel Bell, qui faisait l’objet d’une enquête de l’Unité anti-corruption (ULCC). Des grèves sont observées, à plusieurs reprises, pour protester contre l’enlèvement des douaniers. De plus, les salariés avaient menacé de ne pas reprendre le travail si les autorités ne garantissaient pas leur sécurité. Lors de la conférence de presse, Michel Patrick Boisvert avait fait part de la nomination d’une nouvelle administration au sein des douanes. «L’Administration Générale des Douanes (AGD) est une agence publique de recouvrement, très importante. Cependant, il y a une crise au sein de l’institution. Le gouvernement a enquêté sur la question. Dans les prochains jours, il y aura une nouvelle administration.» Pas moins de vingt-quatre heures après ces déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, le Gouvernement est passé des paroles aux actes, en nommant un directeur général et un directeur général adjoint à la tête de l’AGD, respectivement Julcène Edouard et Ronald Beaufils.

De cette nouvelle administration, Boisvert indique que le gouvernement attend de l’efficacité dans la perception des revenus. « Évidemment, les revenus ne sont pas là. Les revenus diminuent de jour en jour. Dans le cadre du programme avec le FMI, des engagements ont été pris pour augmenter les ressources de l’État. Selon Boisvert, le premier volet des engagements concerne la politique fiscale et les stratégies à court terme. «Nous nous engageons à contenir le déficit budgétaire à 1,5 % du PIB sur l’exercice 2021-2022 et à le stabiliser à moyen terme autour de 2,8 %. Nous nous engageons également à limiter le financement de la banque centrale à 2,2% du PIB en 2021-2022 (contre 2,9 l’année précédente) et à le stabiliser à moyen terme à 2%. Nous nous engageons à supprimer à terme les subventions aux carburants, dès que les conditions le permettront, en particulier avec l’efficacité des programmes sociaux du gouvernement», a-t-il déclaré.

Concernant la subvention aux dérivés pétroliers, M. Boisvert a révélé que le gouvernement dépense actuellement entre 7 et 9 milliards de gourdes par mois. « C’est le double de ce qui est dépensé chaque mois pour payer les employés de l’administration publique. Cette situation n’est pas tenable pour les finances publiques. Nous n’avons pas encore d’obligation d’ajustement de prix. Mais un gouvernement responsable doit s’engager à le faire. Nous le ferons dès que les conditions le permettront. Nous avons mis en place des programmes sociaux, nous attendons donc leurs premiers effets. Après, les ajustements se feront progressivement », a promis le ministre.

Concernant les subventions accordées à l’EDH, le ministre a indiqué qu’à terme, le gouvernement entendait changer la donne. « L’EDH est un fardeau. C’est vrai que nous ne nous étions pas engagés, mais dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, des mesures seront prises. Nous réduirons progressivement la subvention accordée à l’EDH. Cette entreprise doit faire des efforts au niveau administratif et en redressement», a-t-il soutenu.

Par ailleurs, le patron du MEF a vanté les avantages financiers du SMP pour le pays. Selon lui, cette convention représente un gage de confiance qui doit s’établir avec les partenaires techniques et financiers, quant à l’engagement du gouvernement dans la réorganisation du cadre macroéconomique et financier. En outre, a-t-il ajouté, cet accord démontrera la plus grande capacité du pays à catalyser les financements extérieurs, notamment sous forme d’appui budgétaire à court et moyen terme. «L’exécution du programme de référence créera les conditions nécessaires à la négociation, avec le Fonds monétaire international, d’un programme ultérieur, financé par une tranche de crédit plus importante», a expliqué le ministre.

Le gouverneur Jean Baden Dubois s’est également félicité de l’approbation par le FMI du SMP qui, selon lui, a été un long processus. Il a souligné que depuis plus de 7 ans Haïti n’a jamais pu conclure un programme de suivi des indicateurs macroéconomiques avec le FMI. «Dans le cadre de ce programme (SMP), il s’agit de mettre en œuvre des politiques visant à rétablir la stabilité macroéconomique et la croissance, à renforcer la gouvernance, à amorcer la réduction de la pauvreté», a précisé le gouverneur de la BRH. «Le SMP n’est pas seulement l’affaire de la BRH et du MEF. Tous les secteurs doivent assumer leur rôle pour mettre en œuvre les réformes nécessaires », estime-t-il.

Altidor Jean Hervé

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