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Lutte contre l’insécurité, l’État juge et partie

Alors que le scandale de trafic d’armes concernant le D. G. de l’AGD prend de l’ampleur, Pierre Espérance, du RNDDH, a fait une révélation fracassante, affirmant que l’État haïtien serait le plus grand fournisseur d’armes et de munitions aux groupes armés en Haïti, à travers l’Administration Générale des Douanes (AGD). Entre temps, le gouvernement haïtien continue de solliciter auprès des autorités américaines une assistance robuste pour les forces de l’ordre, alors qu’en ce moment, celles-ci sont plus entreprenantes, en ce qui a trait à la lutte contre l’insécurité.

En effet, plusieurs opérations ont été réalisées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les autorités policières haïtiennes ont révélé l’arrestation d’un trafiquant d’armes. M. Maxon Mathieu avait été appréhendé en avril mais son incarcération n’avait pas été rendue publique. Il est connu comme un important fournisseur d’armes et de munitions à plusieurs chefs de gang dont Izo, Ti Lapli et Isca.

Le porte-parole de la Police, l’inspecteur Gary Desrosiers, assure que la police est déterminée à poursuivre la lutte contre les kidnappeurs. De plus, il a admis que le gang des 400 Mawozo est dans la ligne de mire de la Police. D’importants moyens logistiques seraient mis en œuvre, dans le cadre des opérations contre ce gang spécialisé notamment dans des enlèvements collectifs.

Pour pouvoir mieux répondre à ce phénomène, le gouvernement haïtien ne cesse de solliciter de l’aide de l’international. À cet effet, l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis, M. Edmond Bocchit, a révélé que le gouvernement haïtien a demandé plus qu’une assistance en matériels pour la Police Nationale. Il nous faut une assistance pour que la Police et les forces armées puissent résoudre le problème d’insécurité causé par les gangs.

L’ambassadeur Bocchit a insisté auprès des responsables du Pentagone sur la nécessité de lever l’embargo sur les armes, imposé au gouvernement haïtien. Il entend poursuivre sa croisade auprès des responsables du Département d’État qui gèrent un aspect du dossier.

Il se réjouit de l’appui des autres gouvernements de la Caraïbe en ce qui a trait à l’importance du rétablissement du climat sécuritaire en Haïti. Le gouvernement haïtien entend obtenir des équipements qualifiés de robustes pour les forces de police et les forces armées.

«Il n’est un secret pour personne que la douane est un espace corrompu, un espace de contrebande. La situation s’est aggravée sous la direction de Rommel Bell… L’État haïtien, à travers les bureaux de douanes, est le plus grand fournisseur d’armes et de munitions aux groupes armés, particulièrement à la fédération G-9», a signalé le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, lors d’un entretien à une station de radio de la capitale.

«Là, au port de Port-au-Prince, beaucoup d’armes et de munitions sont rentrées dans le pays, y compris dans les ports privés. Dans les rares cas où les agents douaniers saisissent des armes et des munitions, ils sont, par la suite, sanctionnés par la Direction de la douane», relève M. Espérance.

Le directeur général de l’AGD, Rommel Bell, fait l’objet, depuis le vendredi 20 mai 2022, d’une enquête de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) autour des suspicions de corruption, dénoncées au niveau de l’Administration Générale des Douanes (AGD).

Le RNDDH souhaite que cette enquête soit une affaire sérieuse, pouvant aboutir aux dossiers de blanchiment d’argent, de trafic d’armes et de corruption au niveau de la douane, et permettre que des exemples soient tracés, et non une «affaire cosmétique».

Entre temps, les bandits qui diversifient leur victime ont enlevé, selon le Bureau des Nations unies en Haïti, un membre de son personnel, lundi dernier.

Altidor Jean Hervé

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