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Le même refrain: rareté du carburant et hausse des prix

Depuis plusieurs jours les chauffeurs commencent à se bousculer dans les stations à essence, à la recherche de produit pétrolier pour leur véhicule. Cette scène familière dessine le tableau de la rareté de carburant récurrente dans le pays. Malgré cette réalité plus qu’insupportable, le gouvernement haïtien cherche le bon timing mais aussi l’approbation des acteurs du secteur pétrolier, pour ajuster, à nouveau, les prix du carburant à la pompe. Le ministre des Finances, M. Michel Patrick Boisvert, est sans équivoque. La hausse des prix des produits pétroliers est inévitable.

«Le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) suit avec grande attention la situation du marché pétrolier national. Il entend rassurer tous les consommateurs que le stock actuel de carburant disponible dans les terminaux de Thor et Varreux, celui de Martissant étant dysfonctionnel, pourra approvisionner les stations d’essence jusqu’à la réception des dernières commandes placées par les compagnies pétrolières», selon le communiqué du BMPAD, publié le jeudi 21 avril. Par ailleurs, le BMPAD dit saluer «l’engagement des compagnies pétrolières à assumer pleinement leurs responsabilités d’importer les produits pétroliers et d’approvisionner le marché en quantité suffisante pour la consommation, conformément aux dispositions prises par l’État haïtien depuis décembre 2021, lesquelles leur ont accordé la pleine et entière initiative des commandes et de la distribution sur le marché local des produits pétroliers.»

L’État ne peut continuer à subventionner les prix de l’essence à la pompe, martèle M. Boisvert. Déjà, l’État accorde une subvention de 400 gourdes sur le gallon de gazoline, de 200 gourdes sur le diesel et de 200 gourdes sur le kérosène. Si rien n’est fait, l’État ne pourra plus honorer ses dettes envers les compagnies pétrolières qui ne pourront plus importer les hydrocarbures. On est déjà à un niveau de subvention insupportable, avance le ministre de l’Économie et des Finances, expliquant que l’État ne pourra mobiliser à la fois plus de 3 milliards de gourdes pour les programmes sociaux et subventionner les prix de l’essence. Le gouvernement ne peut appliquer la loi de 1995 qui prévoit d’ajuster les prix à chaque hausse de 5% du prix du baril de pétrole. En décembre 2021, la hausse des prix avait provoqué une onde de choc économique pour les vulnérables. Aujourd’hui, on ne peut reprendre les mêmes erreurs. C’est difficile d’ajuster les prix, reconnaît le grand argentier de la République.

Parce que son stock diminue considérablement, le terminal pétrolier de Varreux livre de moins en moins de produits pétroliers sur le marché local. La plupart des stations d’essence à Port-au-Prince et dans les zones avoisinantes, sont fermées. Le vendredi 22 avril, le terminal pétrolier de Varreux a livré sur le marché local 147 235 gallons de diesel, 213 756 gallons de gazoline et 26 500 gallons de kérosène, pour un total de 58 camions citernes chargés. Après cette livraison, le plus grand terminal de carburant du pays ne reste en stock que 243 200 gallons de diesel et 838 260 gallons de gazoline, soit moins de trois jours de consommation, alors que les associations de distribution de carburant indiquent qu’elles sont en rupture de stock. Cependant, pour le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD), le stock de produits pétroliers disponible peut alimenter le marché jusqu’au prochain arrivage, sans annoncer la date du prochain arrivage.

Altidor Jean Hervé

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