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Gonaïves: Ariel Henry mis hors-jeu

Le samedi 1er janvier, 218e anniversaire de l’indépendance, malgré les menaces d’un groupe armé lui déconseillant de venir, le Premier Ministre Ariel Henry, accompagné de son Directeur de cabinet, de plusieurs ministres de son Gouvernement et du Haut État-major de la Police Nationale d’Haïti (PNH), et dont la sécurité était assurée par un imposant dispositif, a tenu néanmoins à marquer de sa présence et de celle de sa délégation, cette fête de l’indépendance aux Gonaïves.

Le Chef du Gouvernement a assisté au «Te deum» traditionnel à l’église Saint-Charles Borromée, officié par l’Évêque des Gonaïves, Mgr. Yves Marie Péan, devant une assistance sans fidèles, où seules étaient présentes les autorités locales et la délégation du Gouvernement.

C’est en sortant de l’église que le Premier Ministre qui devait prononcer son discours à la Nation sur la tribune officielle, son entourage et les agents chargés de sa protection se sont soudain retrouvés sous les tirs d’hommes lourdement armés venus de Raboteau. Les agents de la PNH ont immédiatement répliqué, pendant que les forces de sécurité qui protégeaient le Premier Ministre et d’autres membres du Gouvernement se chargeaient d’évacuer d’urgence Ariel Henry et les personnalités, sous un feu nourri. Au moins une personne est décédée à l’hôpital, des suites de ses blessures et plusieurs autres, ont été blessées… (Aucun bilan officiel n’a été communiqué).

L’affrontement armé a empêché le Premier Ministre de délivrer son discours aux Gonaïves qu’il a quittés précipitamment pour se rendre au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) pour prononcer son discours à la Nation. Ce fut l’occasion, pour le Premier ministre de facto, d’inviter tous les fils et toutes les filles de la nation à la solidarité, à l’unité, afin de mettre tout en œuvre pour redonner à la patrie commune ses lettres de noblesse. «La célébration du 218e anniversaire de notre indépendance devrait être une occasion pour chacun de nous, de réfléchir sur l’avenir de notre patrie. Une introspection est nécessaire. Une réflexion profonde sur le sens de nos actions. Une journée de méditation intérieure. Haïti d’abord !», a dit Ariel Henry.

Ariel Henry, fortement conscient de l’intérêt à concilier toutes les forces vives de la Nation, a insisté sur la nécessité qui s’offre au peuple haïtien de continuer «à construire ensemble une indéfectible chaîne de solidarité, d’unité et d’esprit de dialogue, en célébrant, partout, ce 1er janvier ancestral, date charnière qui constitue le socle de liberté universelle, proclamée par le premier peuple noir du monde.»

À rappeler que le vendredi 31 décembre, aux Gonaïves, dernier jour de l’année, le bas de la ville avait été déserté. Les banques et les magasins étaient restés fermés. «Célébrons la fête de l’indépendance dans notre cœur et dans notre âme. Quel que soit l’endroit où l’on se trouve», avait Twitté Ariel Henry à la mi-journée.

Le samedi 1er janvier, malgré les menaces, Ariel Henry s’est rendu aux Gonaïves et a twitté: «Dans le cadre de la célébration du 218e anniversaire de l’indépendance nationale, je participe actuellement, aux côtés de mon Directeur de cabinet et de plusieurs membres du Gouvernement, au Te Deum traditionnel qui se déroule, aux Gonaïves à l’église Saint-Charles de Borromée.»

Quelques minutes plus tard, en sortant du Te Deum, Ariel Henry et son équipe gouvernementale a pris la poudre d’escampette sous une pluie de balles des hommes armés venant du quartier populaire Raboteau.

Emmanuel Saintus

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