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Esaïe Pierre-Louis, un juge controversé…

Le juge Esaïe Pierre-Louis a ordonné, le 20 décembre, l’annulation de l’avis de recherche émis par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) contre Vitelhomme Innocent, chef du gang «Kraze Baryè» de Torcel, allié du Gang «400 Mawozo», accusé de tentative d’assassinat, de kidnapping et de vol de véhicules. Il est maintenant libre de circuler comme il veut… Le Secrétariat technique du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’ordonnance de référé, rendue par le juge Esaïe Pierre-Louis, en faveur de Vitelhomme Innocent.

Par ailleurs, la 2e demande d’extradition d’Haïti une fois rejetée, la Jamaïque va déporter Palacio en Colombie. L’ancien officier militaire colombien, Mario Antonio Palacios, arrêté à Kingston, en octobre 2021, pour situation migratoire irrégulière, et considérée par la justice haïtienne comme le suspect numéro un dans l’assassinat, le 7 juillet 2021, du Président Jovenel Moïse, qui fait l’objet d’une deuxième demande d’extradition par Haïti, sera finalement déporté en Colombie, le 3 janvier 2022, a annoncé le samedi 1er janvier, la Députée Marlene Malahoo Forte, Procureure générale de la Jamaïque, précisant: «les informations fournies ne l’ont pas lié à l’assassinat et ont essentiellement indiqué qu’il était un suspect, […] sans aucun détail». Elle ajoute: «nos tentatives pour obtenir plus de détails et de meilleures informations du Gouvernement haïtien ont été infructueuses et sont insuffisantes pour établir l’implication du mercenaire dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse.» Ni les avocats de Palacio ni les représentants du Gouvernement haïtien n’ont fait de commentaires pour le moment.

L’ancien Chancelier haïtien, Claude Joseph, déplore cette décision. «C’est un coup dur, porté à l’enquête. Malheureusement, aucun suivi n’a été effectué par l’actuelle équipe. Il n’y a aucune volonté politique pour faire avancer l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse.»

Il ne reste plus qu’à connaître la position du Gouvernement colombien sur le cas de Mario Antonio Palacios, alors que 18 colombiens sont toujours entre les mains de la justice haïtienne, dans le cadre de l’instruction du dossier sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse.

À rappeler qu’après l’échec d’une première demande d’extradition par la Jamaïque de Mario Palacios, un ancien officier militaire colombien, arrêté à Kingston et considéré par la justice haïtienne comme le suspect numéro un dans l’assassinat, le 7 juillet 2021, du Président Jovenel Moïse, cette demande formulée par l’ex-Chancelier Claude Joseph, avait été rejetée parce qu’elle ne «satisfaisait pas aux exigences légales, en vertu de la loi jamaïcaine sur l’extradition». Haïti a tenté, pour la deuxième fois, d’obtenir l’extradition de Palacios, en invoquant cette fois-ci un traité impérial, promulgué en 1874 entre Haïti, le Royaume-Uni et l’Irlande, comme base légale. Selon l’interprétation par Haïti de ce traité, l’extradition de Palacios serait évidente. Toutefois, Carolyn Cameron, l’une des avocates de Palacios, avait souligné que ce document est «obsolète», rappelant que ce traité a été remplacé, en 1973, par la Convention relative à l’extradition: «Committal Procedures Act», Convention qui a d’ailleurs été déjà invoquée en vain par Haïti, lors de sa première demande, et qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre les deux pays.

En même temps, les avocats de Mario Antonio Palacios avaient exigé, lors d’une audience à la Cour Suprême de la Jamaïque, la libération de leur client. Les Magistrats de la Cour suprême jamaïcaine ont pris en délibéré la requête.

Du fait de l’échec de cette seconde demande, en l’absence de traité extradition, il ne restera plus pour Haïti que la voie diplomatique pour tenter de convaincre la Jamaïque de remettre Palacios entre les mains de la justice haïtienne, un citoyen colombien.

Emmanuel Saintus

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