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Pourquoi Ariel persiste et signe-t-il?

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, alors que le Président Jovenel Moïse était chez lui, en sa
résidence privée, les nouvelles de son assassinat ont fait le tour du monde. Claude Joseph, déjà
en instance de départ de la Primature, à la suite de la nomination d’Ariel Henry pour le
remplacer, devait assurer les rênes du pouvoir, pendant deux semaines. On ne sait pas par quel
artifice, et sous l’empire de quelle influence, Claude Joseph a remis le pouvoir à Ariel Henry, le
20 juillet 2021.
Comme il a été révélé, Ariel Henry aurait été en communication étroite avec l’un des
principaux suspects de l’assassinat du président Jovenel Moïse, en l’occurrence, monsieur Joseph
Félix Badio. Des rumeurs circulent depuis plusieurs jours que ce dernier ne cesse de fréquenter la
Primature, alors qu’il est très recherché par la police et la justice. Une convocation du Parquet a
été adressée à Ariel Henri pour qu’il comparaisse ; il fait l’objet même d’une plainte déposée au
Cabinet d’instruction, ce qui fait de lui un inculpé, en attendant que la lumière soit faite sur le
dossier.
Comme il est accusé dans ce brûlant dossier, il était clair qu’il allait tout faire pour rester
à l’abri des poursuites. D’entrée de jeu, il a renvoyé le commissaire du gouvernement, Bedford
Claude, qui l’avait convoqué au Parquet ; il a renvoyé aussi le ministre de la Justice, Rockfeller
Vincent. Pire encore, les dernières révélations du Réseau National de Défense des Droits de
l’Homme (RNDDH) font croire qu’il est l’instigateur de la fuite d’un autre suspect répondant au
nom de John Joël Joseph. Ariel Henry adopte donc un comportement semblable à celui d’un
«animal traqué». Et tout cela risque de faire sombrer le pays dans la dictature ou, tout au moins,
nous devons nous attendre à l’aggravation de l’instabilité politique. Même s’il arrive à réaliser des
élections, il va s’arranger pour que le prochain président élu soit l’un de ses plus proches, pour
mieux se protéger.
Pourtant, le pays se trouve actuellement dans une situation idéale, pouvant faciliter une
bonne entente entre tous les secteurs de la vie nationale et, par-dessus tout, un vrai projet
commun de société. C’est le moment aussi de planifier, de réaliser la Conférence nationale dont
parlaient toujours l’ancien sénateur Turnep Delpé et d’autres acteurs politiques, et de conclure
enfin un pacte de gouvernabilité.
Malheureusement, nous avons Ariel Henry au pouvoir, celui qui a la malchance de voir
son nom cité dans une louche affaire. Ayant la réalité du pouvoir, il pourrait se rapprocher de
l’Accord de la Société civile, signé à l’hôtel Montana, qui ressemble beaucoup plus à un vrai
idéal. Coincé et apeuré, toutes ses actions n’ont qu’un objectif : se protéger. Les mêmes
problèmes demeureront et le changement tant attendu, n’est pas pour demain.
Enfin, la situation actuelle, telle qu’elle se présente aujourd’hui, c’est vraiment la chance
qui passe, mais malheureusement, il y a Ariel Henry pour tuer l’espoir.
Me Inseul Salomon
Avocat, sociologue

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