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L’autorité des gangs sur la Police Nationale Haïtienne

Des bandits armés continuent de tuer, de faire des victimes innocentes. Un chef de police de
facto reste cloîtré dans un bureau, à faire des maîtrises en stratégies. Depuis une semaine, cinq
(5) départements d’Haïti sont restés bloqués, à la suite des menaces de deux petits voyous
dénommés «Izo» et «Ti Lapli» qui avaient fait la menace de tirer sur tout ce qui bougeait ou tous
ceux qui tenteraient de traverser la Route Nationale numéro 2, à la hauteur de Martissant.
Au moment de mettre sous presse (lundi 13 décembre), il n’y a encore aucune opération
de la police pour déloger les bandits qui tuent, pillent, violent et dévalisent les maisons, depuis
plus de six (6) mois. Les autorités, notamment le porte-parole de la police, Garry Desrosiers,
disent que la police étudie les stratégies.
Entre temps, le vendredi 10 décembre dans la soirée, le Commissaire Divisionnaire,
Resignac Waglet, a été abattu de plusieurs balles par des individus lourdement armés, non
identifiés, circulant à moto, à Tabarre 52. Le chirurgien-dentiste, Makindi Guerrier, qui avait été
grièvement blessé par balles, lors d’une tentative d’enlèvement par des individus armés, le 4
décembre 2021, est décédé le dimanche 12 décembre, des suites de ses blessures dans un hôpital
en République Dominicaine. Rappelons que lors de cette tentative d’enlèvement, il avait reçu 2
balles dont l’une au niveau de la 7 e vertèbre cervicale, qui l’avait paralysé des 4 membres.
Transporté d’urgence à l’hôpital Mevs, les médecins avaient stabilisé son état. Toutefois, il
devait subir d’urgence une délicate intervention chirurgicale, qui ne pouvait pas être réalisée en
Haïti, pour tenter de le lui éviter d’être tétraplégique pour le reste de ses jours. Sa famille avait
dû renoncer à le faire transférer aux USA, n’ayant pas les ressources suffisantes pour supporter
les coûts élevés de l’opération. Par la suite, ses proches ont envisagé de le transférer à Cuba mais
les procédures étaient trop longues. Finalement, son état étant stable, Makindi Guerrier a été
transporté le 9 décembre dans un hôpital dominicain où il a finalement rendu l’âme, le dimanche
12 décembre, en après-midi, laissant derrière lui sa femme et deux enfants.
Le jeudi 9 décembre 2021, Alain Sauval, le directeur de communication de l’Université
Quisqueya (UniQ), enlevé le 25 novembre dernier, a été libéré contre rançon par ses ravisseurs.
De plus, les 3 employés de la Compagnie Rhum Barbancourt, enlevés le 25 novembre
dernier à Tibé (Commune de Croix-des-Bouquets) par le gang «400 Mawozo» (le 4 e ayant été
relâché le jour même), ont été libérés par leurs ravisseurs après des négociations avec la
compagnie. On ignore les conditions de leur libération.
Enlevée le 3 décembre 2021, la militante féministe, Novia Augustin, a été libérée par ses
ravisseurs contre rançon, le mardi 7 décembre.
Le jeudi 9 décembre 2021, des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ont procédé à
Pétion-Ville, à l’arrestation du Chef de gang Clerny Jonas, alias «Ti Jonas», un récidiviste bien
connu des services de police, et deux de ses hommes : Kenny Sanon et Joissaint Sonnel, qui
étaient activement recherchés.
«Ti Jonas», dont le gang opérait à Jalousie, une localité de la commune de Pétion-ville,
est accusé de meurtre du nommé Vilson, ainsi connu, qu’il aurait décapité. Les membres de ce
gang sont spécialisés dans le vol de motocyclettes, le rançonnement et le cambriolage. Rappelons
que le 8 août 2012, «Ti Jonas» avait déjà été incarcéré au Pénitencier National pour détention
illégale d’arme à feu, tentative d’assassinat et association de malfaiteurs.
Entre temps, des spécialistes en sécurité, dont les professeurs James Boyard, Vénise
Dubique et le Colonel Himmler Rébu, se sont prononcés, le vendredi 10 décembre 2021, sur le
climat d’insécurité qui sévit en Haïti. Ils intervenaient à une conférence-débat organisée à

Marriot Hôtel, à l’occasion de la célébration du 73 e anniversaire de la Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme. «Entre une intervention armée et une solution pacifique, quelle mesure à
adopter par l’État pour résoudre le problème de l’insécurité en Haïti», tel a été le thème de cette
activité organisée par des structures comme Ann Kanpe et le Conseil National de la Société
Civile Ayitienne (CNSCA). La situation sécuritaire d’Haïti préoccupe certaines structures socio-
politiques et éducatives, notamment le Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA)
et Ann Kanpe». C’est dans cette optique que ces entités ont organisé, ce vendredi, à l’occasion
du 73 e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ratifiée le 10 décembre
1948, une conférence-débat sur le thème ci-haut mentionné.
D’entrée de jeu, le professeur James Boyard a mis l’accent sur la théorie des «3 C» qu’il
a proposée dans son dernier livre, afin de lutter contre les gangs. Il s’agit du Confinement, de la
Confrontation et de la Consolidation. Dans le premier (confinement), les autorités doivent
empêcher les bandits de sortir leurs têtes pour commettre leurs forfaits. Dans le second
(confrontation), il faut que les forces de l’ordre mènent des opérations musclées avec des unités
spécialisées, alors que dans le dernier (consolidation), James Boyard propose l’utilisation des
moyens pacifiques pour maîtriser les gangs. En conclusion, le spécialiste se dit favorable à une
intervention armée pour résoudre le problème de l’insécurité dont le phénomène de kidnapping
qui ravage le pays, au lieu d’une solution pacifique. À son avis, c’est la meilleure méthode pour
contrecarrer les bandits dans leurs exactions criminelles.
Cependant, le Colonel Himmler Rébu, dans son intervention, n’est pas de cet avis.
L’ancien officier de l’armée a, de préférence, dénoncé les autorités haïtiennes, jugées de mèche
avec les gangs, jusqu’à les alimenter en armes et munitions. Aussi, il s’en prend à l’État qui ne
fait preuve d’aucune volonté manifeste pour combattre l’insécurité en Haïti. En réponse, il
déclare qu’il revient à l’État de décider sur ce phénomène en mettant en place «Un Collège De
Sécurité» car les solutions sont là et elles sont simples. «L’État n’a pas besoin d’affronter les
bandits jusqu’à les abattre, pour les désarmer», a déclaré Himmler Rébu. Profitant du 73 e
anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, M. Rébu dénonce le non-
respect des droits humains en Haïti.
De son côté, le porte-parole de Ann Kanpe Inivèsite A, Jackson Louis Socrates, a fait
savoir que le droit à la sécurité est bafoué en Haïti, en prenant pour exemple les différents
massacres perpétrés dans le pays, ces dernières années. Le militant politique a profité de ce 10
décembre pour demander à l’État haïtien d’adopter des mesures drastiques, afin de rétablir
l’ordre et la paix dans le pays. «C’en est trop», a-t-il conclu.
Par ailleurs, Pierre Yves Lesage, porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans
le Sud, a fait part du bilan des opérations allant du 1 er au 30 novembre 2021. La police a procédé
à l’arrestation de 202 individus. 93 ont été interpellés sous mandat et 109 ont été pris en flagrant
délit. Par ailleurs, il a déclaré qu’un plan visant à assurer la sécurité de la population durant la
période des fêtes de fin d’année est déjà prêt.
La police de Jacmel à découvert dans la localité Saint-Cyr, les corps calcinés de deux
hommes, selon le juge de paix, Fritz Pierre, qui n’a pas été en mesure d’identifié les victimes.

Emmanuel Saintus

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