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Le secteur médical, secoué par la pénurie de carburant

Les agences humanitaires des Nations Unies opérant en Haïti sont extrêmement préoccupées par l’aggravation de la crise résultant des barrages routiers qui empêchent la livraison de carburant. Selon le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires en Haïti, ces barrages constituent des obstacles à la fourniture de services essentiels et entravent l’accès des travailleurs humanitaires. Le système sanitaire est particulièrement vulnérable face à cette pénurie qui a fait grimper le prix du gallon de gazoline à 2 000 gourdes.

Des vies sont «susceptibles d’être perdues» en Haïti, si les livraisons de carburant ne parviennent pas immédiatement aux hôpitaux, a prévenu le coordinateur humanitaire par intérim des Nations Unies dans le pays, Pierre Honnorat. Les hôpitaux de la capitale, Port-au-Prince, et d’autres villes du pays, font état de réserves extrêmement faibles de carburant nécessaire à l’alimentation des génératrices qui assurent le fonctionnement des services. Des structures hospitalières importantes dont l’hôpital la Paix, Saint-Damien et Saint-Luc sont pratiquement dysfonctionnels, en raison du manque de carburant.

L’administrateur de la fondation Saint-Luc, M. Grégory Désir, avait affirmé que si l’hôpital ne recevait pas le carburant lundi, des services seraient fermés le mardi 26 octobre 2021. Il annonce notamment la fermeture de la maternité, de la pédiatrie et de l’hospitalisation. De plus, l’hôpital fonctionnera avec un personnel réduit. Il s’agira de garder une partie du personnel sur place pendant 4 jours.

L’organisation Médecins sans Frontières a sonné l’alarme sur cette situation qui affecte gravement les opérations de MSF en Haïti. «Si la situation perdure, l’hôpital de traumatologie/ Grands brûlés de Tabarre à Port-au-Prince, qui reçoit en moyenne 155 patients par mois, risque de devoir réduire ses activités et de restreindre ses critères d’admission, dans les prochains jours», a annoncé l’institution, dans un communiqué de presse publié le lundi 25 octobre.

Une situation de pénurie en carburant, découlant des conditions de sécurité délétère, risque de paralyser les hôpitaux de l’organisation Nos Petits Frères et Sœurs (NPFS) et la Fondation St-Luc (FSL), informent les responsables, dans une note rendue publique le 23 octobre 2021. «Si aucune livraison de diesel n’est garantie au plus vite (16 000 gallons sont attendus), poursuit la note, les services de pédiatrie, pour plus de 300 enfants, de maternité pour plus de 45 femmes, de soins urgents et d’hospitalisation pour plus de 70 adultes, y compris des soins de traumatologie, seront interrompus, faute de carburant, le mardi 26 octobre 2021.»

«Ces hôpitaux, responsables de fournir plus de 70% des soins d’urgence et hospitaliers à la population, en temps normal, ne comprennent pas l’apathie des autorités établies, face à ces situations. Avec cette pénurie de carburant, c’est la poursuite de services vitaux de 40 centres hospitaliers à des pans entiers de la population qui est hypothéquée, et, une fois de plus, ce seront les plus démunis qui risquent d’en payer chèrement les conséquences, de leur vie. La fermeture pure et simple des membres de l’AHPH entraînera en effet une catastrophe humanitaire inimaginable pour l’ensemble de la population haïtienne, toutes classes sociales confondues», a prévenu le conseil d’administration de ladite association.

Altidor Jean Hervé

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