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Duplication et diversification des maux de la rareté

Après la paralysie des activités durant trois journées consécutives, du lundi 25 au mercredi 27 octobre 2021, contre la rareté du carburant et les actes de criminalité dont le kidnapping, les activités ont partiellement repris le jeudi 28 octobre 2021, en Haïti, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, malgré la menace de plusieurs centres hospitaliers de fermer leurs portes, à cause de la pénurie de produits pétroliers à laquelle ils font face.

La non-disponibilité de carburant en Haïti, dérange le fonctionnement normal des hôpitaux, alertent la Croix-Rouge haïtienne, le Comité international de la Croix-Rouge et la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant Rouge, dans un communiqué conjoint.

Des gangs armés, dont le groupe G-9 an fanmi ak alye, continuent d’empêcher la livraison de carburant dans le pays, provoquant une paralysie des activités dans la capitale, Port-au-Prince, et dans plusieurs villes de provinces. Cette situation aggrave «d’autant plus les conséquences humanitaires pour la population et son accès aux services de base, et notamment de santé».

La fourniture de soins est aussi affectée par l’impossibilité pour le personnel de santé de se rendre au travail. L’approvisionnement en gasoil des hôpitaux est urgent pour le fonctionnement des générateurs et donc pour sauver des vies.

Les coupures d’électricité entravent le fonctionnement des structures, biens et services médicaux. Les soins en pédiatrie, maternité, traumatologie, urgence et hospitalisation risquent d’être totalement interrompus», préviennent les institutions médicales.

Le plus grand centre hospitalier du département de l’Artibonite, l’hôpital La Providence des Gonaïves, n’arrive plus à faire tourner ses génératrices. Face à cette situation, les responsables de l’institution annoncent l’arrêt de certains de ses services, notamment le service de la maternité et la salle d’opération. Le responsable de la direction sanitaire de l’Artibonite, le Dr Marcel Chatelier, informe que c’est pareil dans plusieurs autres communes du département et appelle à une intervention rapide de l’État haïtien, afin d’éviter une catastrophe humanitaire.

«La situation est compliquée et nous sommes impuissants. La direction de l’hôpital se trouve dans l’obligation de fermer certains services importants, en raison de l’épuisement de nos réserves de carburant. Dans les trois grands blocs de l’hôpital, il n’y a que l’urgence qui fonctionne de manière très limitée. Nous fonctionnons avec des réserves d’oxygène et nous devrions renouveler nos stocks cette semaine, mais malheureusement, faute d’énergie, nous ne pouvons pas lancer notre générateur d’oxygène. Donc les patients Covid-19 sont en grand danger, si la situation persiste cette semaine», a expliqué le Dr Marcel Chatelier.

Pour pallier ce problème, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a annoncé sur son compte Twitter le début de l’approvisionnement, à partir du mercredi 27 octobre, des stations d’essence, des hôpitaux et des grandes entreprises. «L’approvisionnement des pompes à essence, des hôpitaux et de grandes entreprises a commencé tôt ce 27 octobre, grâce aux efforts déployés par la PNH qui va continuer le renforcement de son dispositif pour assurer le transport en toute sécurité des terminaux vers toutes les zones», a indiqué ce tweet de la PNH, qui dit compter sur la population pour que la distribution se fasse dans l’ordre et la discipline. Le tweet de la PNH n’a cependant pas indiqué dans quel terminal ces camions ont pu s’approvisionner

Pour faire face à la situation, les États-Unis annoncent, via la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, un appui à la PNH pour permettre l’acheminement de carburant dans les communautés. «Nous travaillons sur la pénurie d’essence et nous sommes concentrés sur la façon d’appuyer la PNH dans ses efforts pour sécuriser le passage et permettre la livraison de produits pétroliers. C’est un défi. Bien entendu, nous savons qu’il y a des zones en Haïti où il n’est pas facile de se rendre. Quand vous ajoutez la menace que représente l’insécurité, c’est préoccupant», a indiqué Jen Psaki dans une vidéo postée et traduite par le service créole de la Voix de l’Amérique.

Altidor Jean Hervé

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