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OPC: Renan Hédouville exige la démission du PM Ariel Henry

Dans une note, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), institution nationale indépendante de promotion et de protection des Droits Humains, «a appris avec indignation, que conformément à une demande officielle à la compagnie DIGICEL par le Parquet de Port au Prince, la compagnie a remis des relevés téléphoniques indiquant des appels passés entre le Premier Ministre a. i. Ariel Henry et Joseph Félix Badio, l’un des présumés assassins du Président Jovenel Moïse.»

Selon des informations confirmées par la DIGICEL et relayées par la presse, «peu après l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, Ariel Henry et Jean Félix Badio ont eu un échange téléphonique de 3 minutes aux environs de 4h03 minutes du matin. Selon les données du GPS, Ariel Henry était localisé à l’hôtel Montana et Badio, à Pèlerin 5, sur les lieux du crime. 17 minutes après, soit à 4h20, les deux hommes se sont de nouveau téléphoné durant 4 minutes. «L’OPC se dit révolté et sidéré après la confirmation de telles données et réclame la démission du Premier Ministre Ariel Henry.» «Au nom du droit à la vérité et dans la perspective de la poursuite de l’enquête en cours sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse, Monsieur Ariel Henry doit incessamment démissionner et se mettre à la disposition de la justice.»

«L’OPC demande à la communauté internationale, particulièrement l’Organisation des États Américains (OEA), le Core Group, les pays dits amis d’Haïti, la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti, d’éviter d’appuyer ou de supporter le Premier Ministre, Ariel Henry, qui, désormais, devient l’un des suspects dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse.»

De plus, l’ex-président de la Chambre des députés, M. Gary Bodeau, accuse le Premier Ministre, M. Ariel Henry, d’être un blocage pour la réalisation de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. « Il s’est mal comporté dans le dossier», tranche l’ex-parlementaire. «Il n’y a pas de volonté politique pour faire la lumière sur ce crime», a poursuivi l’ex-député de Delmas, arguant que « le chef de l’exécutif a envoyé des messages codés aux principaux acteurs, notamment le juge instructeur».

Selon M. Bodeau, le Premier Ministre a indiqué qu’il connaissait ou qu’il était ami de certaines personnes accusées d’implication dans l’assassinat du président. «Je n’accuse pas le Premier Ministre d’être responsable de l’assassinat», a toutefois nuancé M. Bodeau. Le Premier Ministre n’est pas intéressé au dossier, regrette M. Bodeau, appelant le docteur Henry à faire avancer le dossier. Ce crime est un affront au peuple haïtien, a laissé entendre M. Bodeau, pour qui les pays amis d’Haïti doivent aider le système judiciaire haïtien à réaliser les investigations. En attendant, le dirigeant politique appelle les citoyens à maintenir la mobilisation, en vue d’obtenir justice pour le président assassiné.

Entre temps, Ariel Henry est visé dans le cadre d’une nouvelle investigation du Parquet de Port-au-Prince sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il s’agit pour le commissaire du gouvernement, M. Bed-Ford Claude, de déterminer si le Chef de l’exécutif était de connivence avec l’un des auteurs du meurtre, Félix Badio.

C’est le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) qui avait mis la puce à l’oreille des autorités judiciaires. L’organisme de défense des droits humains avait collecté des informations auprès des personnes incarcérées, dans le cadre de l’investigation de la Police judiciaire. Selon les sources du RNDDH, il y aurait eu plusieurs conversations téléphoniques entre messieurs Badio et Henry, le soir du meurtre.

Par ailleurs, des agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ont appréhendé, le mercredi 8 septembre, le policier St-Jean St-Philippe, alias « Kòmandan Bobo », pour son implication présumée dans la fusillade ayant causé la mort tragique d’une quinzaine de personnes à Delmas 32 et à Christ-Roi, dans la nuit du 29 au 30 juin 2021. Le policier Angelot Jeanty, arrêté le 30 août dernier sur la route de l’aéroport, est également suspecté dans le cadre de cette affaire. Les enquêteurs de la DCPJ sont à pied-d’œuvre, en vue de faire toute la lumière sur ce dossier.

Emmanuel Saintus

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