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Les gangs s’imposent par la terreur…

Comme annoncé par le chef du gang «G9 en famille et alliés», Jimmy Chérizier, la région métropolitaine de Port-au-Prince a connu une situation de panique, le lundi 6 septembre 2021. Les membres de la coalition des gangs «G9 en famille et alliés», dirigée par Jimmy Chérizier, alias «Barbecue», ont terrorisé la population haïtienne. Ils ont démontré leur force en tirant dans toutes les directions dans plusieurs endroits à Port-au-Prince.

Sur le plan sécuritaire, la situation demeure critique en Haïti, les gangs armés terrorisent la population, vols et pillent des entreprises. Kidnappings, exécutions sommaires, violences des gangs, guerre entre gangs pour le contrôle et l’élargissement de territoires, dommages collatéraux, menaces de mort, entre autres, Haïti et particulièrement la capitale haïtienne, connaît son lot.

Les gangsters font la loi. Tous les jours, ils font des victimes. Personne n’arrêtera ces bandits, tant que la police ne fera pas de descente pour traquer et saisir les armes.

Alors que la police et les autorités judiciaires de facto ne font rien pour relever leurs défis persistants pour répondre aux demandes légitimes de sécurité et de responsabilité de la population haïtienne, la violence perdure et les violations des droits de l’homme continuent.

Prise en otage dans les violences, la population haïtienne déplore que des policiers soient complices des gangsters. Face à cette situation chaotique, les conditions d’une guerre civile sont susceptibles d’être réunies en Haïti. Le vendredi 3 septembre, le centre-ville de Port-au-Prince, notamment la région métropolitaine, avait connu une nouvelle journée de tension. Des membres de gangs de la coalition «G9 en famille et alliés» ont parcouru plusieurs quartiers du bas de la capitale en tirant des rafales d’armes automatiques, provoquant une vive panique dans la population sur leur passage. Les bandits qui ont prêté allégeance à la coalition «G9 en famille et alliés» ont fait montre de leur puissance de feu, aux yeux et à la barbe des autorités de facto. Les employés des institutions publiques ou privées se trouvant dans le périmètre partant de la rue des Casernes à la rue des Miracles ont eu la peur au ventre, lors de ce concert de tirs. Ces hommes armés, semant la terreur, ont été vus aux abords du Parlement haïtien. Ils ont érigé des barricades de pneus enflammés dans les parages de l’Autorité Portuaire Nationale (APN). Le bas de la ville a été leur champ de tirs. Et, les marchands, comme des canards sauvages, ont dû faire face à la barbarie dont les bandits armés font montre. Le jeudi 2 septembre, le nommé Sylfonet Maxi, un commerçant âgé de 62 ans, a été tué par les balles des gangs du G9. Dans la même lignée, dans la commune de Carrefour, précisément du côté de Fontamara, les habitants vivent une galère. Les membres du G9 qui contrôlent cette zone ont bloqué cet axe routier desservant le Grand Sud et d’autres communes du département de l’Ouest. Sous le regard de policiers passifs, ils ont mis en travers de la route des bus après avoir saisi les clés entre les mains des chauffeurs pour empêcher toute circulation automobile.

Également, dans la commune de Croix-des-Bouquets, à la suite de la démonstration de force des bandits durant ces trois derniers jours, les policiers sont passés à l’offensive et attaquent les membres des «400 Mawozo». Ces bandits avaient pris le contrôle de plusieurs quartiers à Croix-des-Bouquets et terrorisaient la population crucienne, après l’assassinat du chef de gang Karl Henry, alias «Depòte», le lundi 30 août 2021, alors qu’il revenait de la banque.

Le samedi 4 septembre, au cours d’une importante opération policière, menée par plusieurs unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la Commune de la Croix-des-Bouquets, 10 individus ont été arrêtés. Plusieurs bandits armés ont été blessés dans des échanges de tirs avec les forces de l’ordre. Un policier a été légèrement blessé au pied. Des clefs de plusieurs véhicules, des téléphones, des armes et des munitions de divers calibres ont été saisis.

Fin de la «trêve» des enlèvements

Une nouvelle vague de kidnappings dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, au grand désespoir de la population, a commencé. Parmi les personnes enlevées figurent un cadre d’une institution financière, l’ex-chanteur de Gabel Money G, le directeur départemental des TPTC dans le Sud-Est, Gilbert Bazile, son chauffeur Ernst Mentor et l’assistant directeur de réseaux à la Banque Nationale de Crédit (BNC), Lesly Auguste.

De plus, le lundi 6 septembre, des individus lourdement armés, à bord d’un véhicule pick-up double cabine, ont enlevé le Directeur de la succursale de Capital Bank, située entre les rues des Miracles et Pétion, au centre-ville de Port-au-Prince. Bernard Cameau a été enlevé devant le bâtiment de Capitale Bank, au moment où il s’apprêtait à gagner son bureau, quelques heures avant l’ouverture de cette succursale. Les kidnappeurs sont partis aussi avec le véhicule de leur victime, une Toyota Prado.

Entre-temps, Éloge Milfort, journaliste de la Radio Télé Métropole, rédacteur à Vant Bèf Info (VBI) et membre de l’Association Haïtienne des Journalistes d’Investigation (AHJI), a laissé le pays et abandonné son travail. Selon les informations, Milfort faisait l’objet de menaces de mort. Il recevait des appels anonymes des individus qui menaçaient de le kidnapper ou, au pire des cas, de le tuer, toujours selon son témoignage.

Éloge Milfort a exprimé toute son amertume de laisser son pays dans une telle situation. Il a travaillé à la Radio Télé Métropole depuis 11 ans comme reporteur et présentateur d’éditions de nouvelles. Il couvrait de grands événements, des manifestations et présentait «express 4 heures» et autres éditions d’informations, à la station de Delmas 52.

Il est membre fondateur de l’Association Haïtienne des Journalistes d’Investigation (AHJI) et collaborait dans toutes les activités de cette structure. Il a aussi travaillé pour le média Vant Bèf Info (VBI).

Outre Éloge Milfort, d’autres travailleurs de la presse ont dû abandonner leur terre natale pour des raisons d’insécurité. En juin dernier, le photojournaliste haïtien, Dieu-Nalio Chéry, qui travaillait pour l’Associated Press (AP) a dû quitter Haïti avec sa famille.

Emmanuel Saintus

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