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Le Roi est mort, vive le Roi!

«Aprè Dye, se Dye». Un deuxième Après Dieu s’installe. Le premier ministre de facto, rose pâle, entend imposer son pouvoir. Alors que la classe politique et la société civile n’arrivent toujours pas à offrir un accord politique à la nation, Ariel Henry, dans un document, propose un accord politique qui le consacre comme seul chef du pouvoir exécutif.

«Durant la période intérimaire, les fonctions du Pouvoir Exécutif sont exercées par le gouvernement dirigé par le Premier Ministre, Docteur Ariel Henry», telle est l’essence de la proposition d’accord politique, faite par l’actuel premier ministre qui affirme pourtant que c’est un condensé de l’ensemble des propositions qu’il a reçues, lors des pourparlers avec les secteurs de la vie nationale. Il s’est donné tous les pouvoirs de chef de l’exécutif. Aussi, il est dit que le «gouvernement présidé par le Docteur Ariel Henry restera en fonction jusqu’à la prise de fonction des nouveaux élus et la désignation d’un nouveau gouvernement». «Le Pouvoir Exécutif est autorisé à prendre les décrets ayant force de loi, nécessaires au bon fonctionnement de l’État. Le Pouvoir exécutif est habilité à faire les nominations qu’il juge opportun pour garantir la bonne marche des institutions», lit-on dans la partie de l’accord consacrée au pilotage de la période intérimaire. Toutefois, il veut partager des postes au sein du gouvernement. Dans l’accord, il propose une feuille de route qui consacre la mission du gouvernement en 28 points. Mais, si le besoin se fait sentir, le premier ministre pourra effectuer des changements au sein de son gouvernement tel qu’il existe au moment de la signature d’un accord, en vue de le rendre encore plus inclusif et consensuel.

À propos des élections générales

Le Premier Ministre et son gouvernement devront tout mettre en œuvre pour que des élections transparentes, libres et non partisanes aient lieu dans les meilleurs délais, précise l’accord. Pour cela, Ariel Henry s’engage à revoir la composition du CEP, dans l’esprit de l’article 289 de la Constitution, et s’entendra avec les partis politiques et les représentants de la société civile sur les secteurs qui auront à proposer des noms de personnalités parmi lesquelles le Premier Ministre devra choisir les membres de l’institution.

À propos de la sécurité

Dans la proposition d’accord, le docteur Ariel Henry annonce qu’il va faire de la question sécuritaire sa priorité principale et qu’il mettra tout en œuvre pour éliminer les gangs armés, rétablir la libre circulation des personnes et des biens, contrôler le trafic d’armes et de munitions, pour que force reste à la loi. «Le gouvernement sollicitera de la part des partenaires d’Haïti, l’assistance technique nécessaire pour l’entraînement et la formation des éléments de la PNH, appelés à établir et maintenir le climat sécuritaire indispensable à la relance de l’économie nationale et l’organisation des élections», a-t-il poursuivi. Cette proposition d’accord, pour entrer en vigueur, doit être paraphée par le pouvoir exécutif, représenté par le Premier ministre, Dr Ariel Henry, d’une part, et les acteurs du secteur politique, de la société civile, du secteur privé des affaires, du secteur religieux, d’autre part. Cette proposition, si elle est acceptée par tous les acteurs, fera du Dr Ariel Henry l’unique chef du pouvoir exécutif.

Par ailleurs, deux (2) membres de la commission de recherche d’une solution haïtienne ont confirmé une rencontre avec l’envoyé spécial des États-Unis pour Haïti, Daniel Foote, le mercredi 11 août. Il s’agit de la porte-parole de la structure, Magalie Georges, et l’un de ses membres, Jacques Ted Saindic. L’ambassadeur Daniel Foote entamait une deuxième série de rencontres avec des membres de la société civile et des acteurs politiques, afin d’aider à trouver un accord politique qui facilitera la résolution de la crise socio-politique actuelle. Lors de son premier passage, le diplomate américain avait notamment rencontré le président du Sénat, Joseph Lambert, le premier ministre Ariel Henry et le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Léon Charles. Il faut noter que les travaux de la Commission de recherche d’une solution haïtienne à la crise, touchent à leur fin. Le projet d’accord final doit être présenté à la nation avant le 18 août prochain. Ce document est censé régler la gouvernance du pays pendant la période de la transition. Il est présenté par ses auteurs comme une opportunité pour le pays de reprendre l’initiative politique. Officiellement, la Commission n’a pas sollicité cette rencontre, selon Jacques Ted Saindic, mais elle répond favorablement à la demande de l’envoyé spécial américain, car elle peut être utile pour présenter la volonté réelle du pays, à la communauté internationale, précise-t-il. Ce sera aussi une occasion de demander à la diplomatie américaine de laisser cette initiative, présentée comme salvatrice par ses initiateurs, de suivre son cours librement.

Emmanuel Saintus

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