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Explosion du service de la dette, en une décennie

L’économiste Kesner Pharel qui anime l’émission Investir, diffusée sur les ondes de radio Métropole, a fait savoir, qu’en dix ans, le service de la dette dans le budget national a explosé, passant de 1,2 milliard de gourdes à 49,2 milliards de gourdes, soit une augmentation de 4 000%, en réaction au livre de l’ex-ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau : «Haïti, PetroCaribe et ses Déraisons».

D’entrée de jeu, le patron du Group Croissance, Kesner Pharel, rejette d’un revers de main les thèses de l’ex-ministre, faisant croire que le dossier est utilisé à des fins politiques par des politiciens et que les projets n’étaient pas bien préparés. Tout en admettant qu’il n’a pas encore lu le livre de l’ancien titulaire du ministère de l’Économie et des Finances, l’économiste dit, en se fiant à l’article publié dans les colonnes du quotidien «Le Nouvelliste», les facteurs corruption et mauvaises dépenses ne sont sans doute pas pris en compte. Pour mieux étaler son point de vue, l’économiste a fait entrevoir que dans le budget 2010-2011, le service de la dette représentait 1,2 milliard de gourdes et l’intérêt était de 1,1 million de gourdes. Or, dans le budget en cours pour cette année, le service de la dette se chiffre à 49,2 milliards de gourdes. C’est l’un des plus grands postes budgétaires.

«L’intérêt de la dette, chiffré à 6 milliards de gourdes, représente plus de la moitié des dépenses en santé», a indiqué M. Pharel, soulignant que le service de la dette absorbe plus d’argent que l’éducation, la santé et les infrastructures. Tout en rappelant que, dans le cadre de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) et après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, le pays avait bénéficié de deux annulations de la dette, Kesner Pharel s’est attardé sur l’évolution de la dette durant la dernière décennie, expliquant que le service de la dette restait quasiment stable dans le budget 2011 à 2012, autour de 1,3 milliard de gourdes. Il est passé à 1,4 milliard de gourdes en 2012-2013. Dans l’exercice qui a suivi, le service de la dette allait exploser subitement, en accusant une augmentation de 178,6%, lorsqu’il se chiffrait à 3,4 milliards de gourdes. 2014-2015, il est passé à 5 milliards de gourdes ; 2015-2016 : 8,9 milliards de gourdes ; 2016-2017 : 11,6 milliards de gourdes ; 2017-2018 : 14,2 milliards de gourdes ; 2018-2019 : 21,6 milliards de gourdes ; 2019-2020 : 20 milliards de gourdes ; 2020-2021 : 49,2 milliards de gourdes, soit une augmentation de 144,8% par rapport à l’exercice précédent.

Altidor Jean Hervé

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