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Démocratisation ou privatisation des vaccins contre le coronavirus par le MSPP

Dans leur avis numéro 412 sur l’évolution de la maladie dans le pays, les autorités sanitaires informent qu’au 20 juin, un total de 17 963 cas ont été confirmés dans le pays, dont 61 nouveaux cas et 2 décès. Ainsi, Haïti a officiellement enregistré 400 décès liés au nouveau coronavirus. Ces dernières statistiques du ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) montrent que l’Artibonite est le quatrième département du pays, le plus exposé à la COVID-19, avec 813 cas cumulés et 40 décès enregistrés. Par ailleurs, dans son incapacité de débuter la campagne nationale de vaccination, le ministère de la Santé Publique et de la Population, dans un avis publié le mercredi 23 juin 2021, ouvre officiellement le processus de vaccination en Haïti en offrant aux importateurs/distributeurs de produits pharmaceutiques en Haïti, l’opportunité d’importer des vaccins contre la COVID-19.

Haïti est l’un des rares pays à n’avoir pas encore entamé sa campagne de vaccination et qui autorise déjà le secteur privé à importer ses vaccins. « Le ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) porte à la connaissance des importateurs/distributeurs de produits pharmaceutiques régulièrement enregistrés et à tous les professionnels de santé, qu’il est désormais possible d’obtenir une autorisation afin d’importer des stocks de vaccins pour permettre à ceux qui le désirent d’accéder au plus tôt à la vaccination anti-COVID-19 », révèle le MSPP, dans un avis rendu public.

Par ailleurs, le MSPP dresse une liste de documents qui doivent accompagner la requête des importateurs et/ou distributeurs de produits pharmaceutiques.

  • «La liste des vaccins à importer: incluant leur composition, leur présentation, leur quantité, leur numéro de lot, leur date d’expiration et leur provenance (laboratoires, pays) ;
  • une copie certifiée conforme de l’autorisation d’utilisation d’urgence des vaccins, délivrée par le pays d’origine ;
  • l’original du certificat d’analyse par produit et par lot ;
  • des informations sur la composition de l’équipe médicale en charge des activités de vaccination ainsi que le calendrier d’exécution », exige le ministère de la Santé Publique et de la Population.

Parmi ces exigences, il faut souligner l’obligation de soumettre « un plan de vaccination incluant des informations sur les équipements disponibles pour le maintien de la chaîne de froid, la surveillance post-vaccinale, la stratégie de détection et de prise en charge des effets secondaires, le personnel ciblé par groupe d’âge et par comorbidité ».

À la suite de la sortie de cet avis, le docteur Emmanuel Bélimaire se dit choqué par la note du ministère de la Santé Publique et de la Population, autorisant le secteur privé à importer des vaccins anti-COVID. Le spécialiste en santé publique assimile cette décision à une « démission » de l’État haïtien.

« J’ai été choqué par cette note et j’espère que le MSPP va revenir sur sa décision », a fait savoir le docteur Bélimaire, laissant croire que cette décision va renforcer davantage l’économie du secteur privé des affaires, au détriment de la classe défavorisée qui ne pourra pas vraiment se procurer le vaccin, a déploré le spécialiste en santé publique.

C’est malheureux que l’État haïtien ait pris cette décision, a-t-il avancé, arguant que cela risque de pérenniser l’inégalité sociale dans le pays. Le médecin invite, par ailleurs, les autorités à rendre plus accessibles les tests COVID et de faire en sorte qu’il y ait assez de vaccins disponibles sur le territoire.

Altidor Jean Hervé

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