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La justice, prisonnière de l’insécurité

Face à la guerre des gangs à Martissant, la police affirme avoir fait son boulot. Le Directeur Général de l’institution policière s’enorgueillit du fait que les activités ont repris dans la zone, ne serait-ce que timidement. Il revient maintenant aux autres entités de l’État, qui sont également concernées par la sécurité, de jouer leur rôle à présent, a indiqué Léon Charles. Toutefois, depuis près de 4 ans, le tribunal de première instance de Port-au-Prince est dysfonctionnel, à la suite de l’installation de l’état-major des gangs des plus redoutés du pays qui y ont établi la plénitude de leur juridiction, sur tout ce qui respire. Hormis le Palais National et les agents du gouvernement, les canons de leurs artilleries lourdes n’épargnent rien ni personne.

Ce serait dur de demander aux magistrats, avocats et personnels judiciaires, de franchir au quotidien les pavés de l’enfer, pour prendre siège et de plaider la cause de la veuve et de l’orphelin, de manière sereine et indépendante, au palais de justice situé à seulement un jet de pierre du donjon d’Izo et de ses collègues du G-9. Dans de pareilles circonstances, les magistrats, qui se mettent en tête d’accomplir leur mission avec impartialité et indépendance, courent vers une élimination certaine et violente. Des exemples abondent en ce sens. Pendant ce temps, on continue d’assister à l’exode d’un nombre pléthorique d’habitants des quartiers avoisinants le palais de justice, fuyant les affrontements à l’arme lourde, tantôt entre bandes rivales et, tantôt, entre bandes armées versus la police. Il en résulte des blessés, des maisons calcinées, des petites économies ruinées, des morts et des familles à jamais détruites.

La justice aidée de son bras armé (la police), qui devrait sévir contre les bandits de tout acabit, est en mode pause, « en mode avion », dirait la jeunesse haïtienne car, le pouvoir exécutif l’ayant ainsi décidé.

Seuls le parquet de Port-au-Prince et, dans de rares occasions, le décanat du tribunal de première instance, dans le cadre du traitement au rabais de certains dossiers politiques, dans l’intérêt de certains bras longs, émergent de l’eau. C’est un fait indéniable, la justice à Port-au-Prince fonctionne seulement lorsque l’Exécutif souhaite se débarrasser d’un adversaire politique ou réduire au silence quelqu’un qui s’oppose aux actions du gouvernement.

Le déchaînement des violences survenues à l’entrée sud de Port-au-Prince est la conséquence d’un conflit terrien à Laboule 12. L’information a été divulguée, le jeudi 10 juin 2021, par le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles. En effet, de Laboule 12 dans la commune de Pétion-Ville, à Martissant, quartier de la 3ème circonscription de Port-au-Prince, on compte au moins une dizaine de kilomètres.

À ce jour, les activités ont repris au niveau de l’axe routier traversant le boulevard Harry Truman, vers le sud du pays, en passant par le quartier de Martissant. Le chef de la police s’en est ainsi réjoui. Léon Charles fait état d’un déploiement efficace des agents des forces de l’ordre, tout au long de la route.

«La police a fait son boulot, il revient à présent aux autres instances de l’État, également concernées par la situation, de faire le leur», a indiqué Léon Charles.

Altidor Jean Hervé

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