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En Haïti, la gestion du temps, comme facteur d’improductivité

En Haïti, le temps passe comme de l’air. Dans les camionnettes. Dans les rues. Dans les champs. Dans les spectacles et autres. En effet, notre rapport avec la notion du temps est quelque chose de particulier. En fait, soit nous n’avons pas besoin du temps, soit nous ne le maîtrisons pas ou peu. Le constat est beaucoup plus criant, lorsque nous constatons le temps passé pour sortir d’un lieu à un autre.

Quel Haïtien n’a jamais connu un embouteillage à Carrefour, à Martissant, à Nazon, à Canapé-vert, à Pétion-ville, à Fleuriot, à la Croix-des-Bouquets, à Gérald-Bataille, sur la Route Neuve, au Bicentenaire ou boulevard Harry Truman ? Quel Haïtien peut oser dire qu’il n’a jamais connu un blocus, dans les grandes villes du pays et même dans les autres villes, qui lui a coûté un rendez-vous manqué ? Cette situation est devenue nos quotidiens. On s’adapte tant bien que mal. Ainsi, dans nos planifications, on tient toujours compte d’un monstre blocus, lors de nos sorties. Dans ce cas, le temps est devenu un facteur d’improductivité chez l’être haïtien.

Le développement d’un pays dépend des actions que le gouvernement pose chaque jour. Il dépend aussi et surtout des activités de tous les jours des nationaux et étrangers se trouvant sur son sol. Là, on parle des activités qui ont une portée économique. En effet, le temps est essentiel à la productivité et donc, au développement d’un pays. D’ailleurs, les avancées technologiques visent particulièrement une plus grande production dans moins de temps. C’est donc une équation temps et production. En fait, de la façon dont le temps est géré en Haïti, on peut dire que nous ne sommes pas conscients de son importance dans notre vie comme peuple. Osons quand même parler de production en Haïti. Pure fiction peut-être. Mais une chose est sûre, notre gestion du temps est en notre défaveur.

Comment peut-on expliquer qu’un trajet de 15-20 minutes se fait traditionnellement en deux heures, au minimum ? Comment peut-on expliquer que s’il faut aller à la banque pour un retrait ou un dépôt, il faut réserver toute une journée ? Comment peut-on expliquer que les entreprises du secteur formel sont fermées entre 3 et 4 heures dans l’après-midi, pour une ouverture de 8-9 heures du matin ? Comment expliquer qu’on n’accepte presque pas les inscriptions électroniques en Haïti ? Nous pourrions bien poursuivre avec une liste de questions qui ne finira jamais, car les problèmes de gestion du temps en Haïti sont catastrophiques. En sortant du cadre des questions, et donc d’affirmer cette triste réalité, on déduit que notre gestion du temps est facteur d’improductivité. En somme, si le temps gaspillé dans les blocus, dans les rencontres physiques que la technologie permettrait, etc. était utilisé à la production de toute sorte, le pays ferait un bon pas vers l’avant. Mais puisque le pays ne produit pas, nous produisons donc le temps pour gaspiller par la suite.

Alors, quand est-ce allons-nous comprendre, que le temps est si important au développement? L’Haïtien est devenu improductif, en raison de sa gestion du temps.

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

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