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400 Mawozo: le Boko Haram haïtien

Les enlèvements contre rançon ont connu une recrudescence, ces derniers mois, à Port-au-Prince comme en province, témoignant de l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire haïtien. Il ne se passe pas un jour sans pleurs et grincements de dents, et pourtant, les soi-disant dirigeants de ce pays, tout en s’accrochant au pouvoir, sont de plus en plus impuissants.

Les incidents, qui se sont récemment produits à Croix-des-Bouquets, mettent en évidence un rapport de force qui a balancé en faveur des groupes de gangs, arrivés en force, notamment après que Jean Rebel Dorcéna (l’un des responsables du CNDDR) les eut fédérés, à l’initiative de Jovenel Moïse.

Le dimanche 11 avril, les gangs «400 Mawozo» ont enlevé plus d’une dizaine de personnes, parmi elles, sept (7) religieux catholiques dont cinq Haïtiens et deux Français, alors qu’ils se rendaient à l’installation d’un nouveau curé. Les ravisseurs réclament un million de dollars de rançon. En dépit des réactions nationales et internationales, le gang reste droit dans ses bottes et refuse de libérer les otages, neuf (9) jours après. Le gang a coupé tout contact téléphonique avec les familles des victimes…

D’autre part, des sources font part de négociations directes du pouvoir de facto avec le gang «400 Mawozo», comme ce fut le cas lors de l’enlèvement des Dominicains. On attend «l’instance concernée».

En mars, le pouvoir de facto avait décrété l’état d’urgence pour un mois, dans certains quartiers de la capitale et une région de province, afin de «restaurer l’autorité de l’État» dans des zones contrôlées par des gangs. À date, aucune intervention de la police contre ses gangs armés n’a eu lieu dans ces quartiers, la police s’occupe plutôt à traquer les militants et les manifestations pacifiques contre le pouvoir et les gangs.

Par ailleurs, le dimanche 18 avril, dans l’après-midi, le policier Stanley Valentin, de la 22e promotion, a été tué par balles à Pétion-Ville. Un riverain a ouvert le feu, à la suite d’une dispute avec le policier. L’agent de la Brigade de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) est mort sur place, selon des témoins, tandis que le meurtrier a pris la fuite.

Dans la soirée du samedi 16 avril 2021, dans la commune de Carrefour, entrée Sud de Port-au-Prince, des individus armés, non identifiés, ont tué trois personnes. Il s’agit de 3 jeunes garçons. Deux ont été tués à Thor, dans leur voiture, devant le night-club dénommé Le Créole, et l’autre à Cote Plage 18, dans un restaurant appelé Le Jardin.

De plus, après l’assassinat dans la soirée du mercredi 14 avril 2021, à Delmas 91, du policier Junior Félix, un autre policier a été abattu le vendredi 16 avril à Port-au-Prince. Il s’agit du policier Éphésien Jean-Louis. Issu de la 17ème promotion de la PNH, l’agent de police a été tué, plus précisément, à la rue Pavée, par des bandits armés, non identifiés.

Le crime a été commis aux environs de 11 heures, non loin de la Banque Centrale et à quelques pas de la Cafétéria de police, située dans la zone précitée où il était affecté, autrefois. La victime a reçu plusieurs projectiles, alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture, selon les premiers éléments d’information. Après son meurtre, ses assassins auraient séquestré son cadavre, comme cela a été le cas pour les policiers tués le 12 mars 2021, à Village-de-Dieu.

En outre, Jean Rony St-Hubert, un jeune entrepreneur, a été tué par balle, dans la commune de Léogâne. Il a été braqué par des individus armés, alors qu’il se trouvait dans son entreprise. Appréhendé par la police, l’un des braqueurs est brûlé vif par des membres de la population en colère. Jean Rony St-Hubert a reçu environ six projectiles. Il a succombé des suites de ses blessures, arrivé à l’hôpital. En effet, ce jeune entrepreneur, propriétaire d’une banque de borlette, a été attaqué, vers une heure de l’après-midi, le jeudi 15 avril 2021, dans la zone de Barrière Rouge et la rue Saint-Laurent, dans la commune de Léogâne, département de l’Ouest d’Haïti. Jean Rony St-Hubert faisait aussi des activités d’achat et de vente de devises.

Deux individus armés, non identifiés, qui se seraient illustrés dans des actes de braquage, ont été tués le vendredi 16 avril 2021, à Gérald Bataille, quartier situé entre les communes de Delmas et de Tabarre. Ils étaient accusés de rançonner des passants dans la zone. Selon des témoignages, les deux individus venaient de rançonner des passagers d’une camionnette. En descendant du véhicule, ils ont buté sur une patrouille policière. Ils ont tiré sur les policiers qui ont riposté. Les deux présumés bandits ont été tués sous le coup. La police a récupéré un pistolet qu’ils avaient en leur possession.

Emmanuel Saintus

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