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Matris Liberasyon écrit au Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Gutteres

Se positionnant proche de l’opposition, le mouvement politique dénommée Matris Liberasyon a critiqué la politique de deux poids deux mesures de la communauté internationale, dans la crise haïtienne. À cet effet, Matris Liberasyon a adressé une lettre au Secrétaire Général des Nations-Unies, pour lui faire part de sa lecture du comportement de l’ONU. Dans cette lettre, le Mouvement «MATRIS LIBERASYON» dit constater, avec stupéfaction et amertume, l’appui inconditionnel de l’ONU, à monsieur Jovenel Moïse, à travers sa Représentante Spéciale en Haïti, madame Helen Meagher La Lime, car celui-là aurait dû quitter le pouvoir depuis le 7 février 2021, date à laquelle son mandat était arrivé à terme, selon l’article 134-2 de la Constitution en vigueur en Haïti.

Matris Liberasyon a rappelé à M. Antonio Gutteres que, depuis sa création en 1948, l’ONU avait pour mission de maintenir la paix et la sécurité dans le monde, et de promouvoir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine ainsi que le respect des principes démocratiques. «Cette démocratie, prônée par l’Organisation des Nations Unies, est à géométrie variable. Nous constatons malheureusement qu’elle prend des formes différentes, selon le niveau de développement du pays et selon ses prouesses historiques», a souligné l’organisation populaire.

Selon Matris Liberasyon, l’ONU s’est impliquée dans la violation systématique de la Constitution haïtienne et dans l’aggravation de l’insécurité en Haïti par son support, sans faille, à monsieur Moïse, dans ses dérives anti-démocratiques. L’organisation cite entre autres:

  1. La violation systématique de la Constitution en vigueur par le gouvernement de facto ;
  2. Les crimes, arrestations politiques, persécutions contre ses adversaires politiques et contre les policiers syndiqués ;
  3. La volonté d’organiser un référendum, quoique interdit par la Constitution de 1987 amendée, en vigueur ;
  4. La prolongation du mandat présidentiel bien qu’il soit interdit par l’article134-3 de la Constitution en vigueur ;
  5. L’implication du pouvoir de facto dans le renforcement et la prolifération des gangs à des fins politiques et politiciennes ;
  6. Le démantèlement des institutions de contrôle de l’État ;
  7. La vassalisation des 2 autres pouvoirs, co-dépositaires de la souveraineté du pays, en les rendant dysfonctionnels ;
  8. La multiplication de décrets justifiant l’élan autoritaire et dictatorial de monsieur Moïse ;
  9. L’instrumentalisation de la Police Nationale à des fins politiques et politiciennes.

Nonobstant toutes ces dérives et bien plus encore, le Mouvement «Matris Liberasyon» s’est dit consterné de constater que la Représentante de l’ONU dans le pays, Mme La Lime, continue à soutenir ouvertement Monsieur Moïse, en lui apportant toute forme de support (moral, technique) dans sa démarche illégale de changer personnellement la Constitution. De plus, madame La Lime a récemment légitimé la fédération des gangs, à travers ses déclarations, en voulant faire croire que la fédération de ces puissants et dangereux groupes armés qui terrorisent la population par des actes de kidnapping et d’assassinat aurait contribué à faire baisser le niveau de criminalité en Haïti.

«Pourquoi l’ONU, qui a toujours prôné la paix, la lutte contre la pauvreté et le respect des droits humains, encourage-t-elle l’implémentation d’une politique de discrimination, de déni systématique envers le peuple haïtien, en soutenant un gouvernement totalement illégal et illégitime», se demande Matris Liberasyon après avoir dressé un bilan catastrophique de la réalité haïtienne dans un contexte ou l’ONU supporte le gouvernement en place?

L’ONU, dans ses agissements en Haïti, cherche volontairement ou inconsciemment à antagoniser davantage les contradictions sociales qui rongent de façon séculaire la Première République Noire du monde, a conclu, dans sa lettre, le mouvement «Matris Liberasyon» qui, malgré tout, se dit persuadé du fait que l’ONU peut toujours s’évertuer à s’enquérir de la vérité autour des faits sociopolitiques et socioéconomiques, au lieu de soutenir monsieur Moïse et son gouvernement de facto.

Altidor Jean Hervé

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