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L’appui des États-Unis au dictateur Jovenel

Alors que la population, l’opposition haïtienne critiquent vertement les soi-disant partenaires traditionnels d’Haïti, notamment les États-Unis et la France, les accusant de supporter les velléités dictatoriales de l’ancien président Jovenel Moïse ; alors qu’à l’initiative, des leaders du secteur protestant, des leaders de la Société Civile et des partis politiques de l’opposition, des centaines de milliers de personnes continuent de descendre dans les rues pour exprimer le vœu qu’Haïti initie des coopérations bilatérales avec des pays socialistes dont la Russie et le Venezuela; alors que le peuple continue de critiquer la mise en œuvre pour la réalisation d’un référendum anticonstitutionnel pour une nouvelle Constitution; les États-Unis n’entendent pas faire marche arrière. Les États-Unis et d’autres partenaires d’Haïti insistent sur la nécessité de réaliser des élections législatives, au plus tôt, afin de restaurer le Parlement. Ils apportent leur appui à l’organisation du référendum anticonstitutionnel, pour une nouvelle Constitution, tandis que le mandat constitutionnel du dictateur Jovenel Moïse a pris fin le 7 février 2021.

Le samedi 3 avril 2021, à Port-au-Prince, à l’occasion de la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes, plus d’un millier de femmes ont manifesté dans les rues de la capitale pour dénoncer les violences des gangs et pour défendre la démocratie, accusant le pouvoir en place de vouloir imposer une «nouvelle dictature». La juriste, Mme Chantal Hudicourt Ewald, membre de la constituante de 1987, est contre le processus de changement de constitution. «C’est interdit par la Constitution», dit-elle, en dénonçant les subterfuges utilisés par les autorités.

«Il ne faut pas accuser la Constitution de tous les maux. La majorité des gouvernements ont refusé d’appliquer la Constitution», a fait savoir Mme Hudicourt. Elle concède que la Constitution de 1987 soit une source d’instabilité, notamment dans la formation du gouvernement, mais s’indigne du refus des gouvernements de dresser la pyramide de la décentralisation. La juriste déplore le marchandage politique qui a entraîné une dégénérescence du Parlement. Elle se dit favorable à un amendement de la Constitution. Il faut des retouches dans la Constitution dit-elle, regrettant que le premier amendement ait été bafoué. Elle note que les législateurs des années 90 étaient plus engagés dans une dynamique d’améliorations des conditions de vie de la population. La juriste s’était mise en retrait de la lutte pour la défense de la Constitution, en raison des attaques et des menaces dans le secteur politique.

De son côté, Guychar Doré, conseiller du dictateur Jovenel Moïse, a fait part de la détermination du gouvernement de facto à réaliser le référendum constitutionnel, afin de rationaliser les pouvoirs de l’État et d’équilibrer les pouvoirs. Réagissant à la contestation exprimée par des milliers de personnes, lors des manifestations, Guychar Doré a exhorté les dirigeants de l’opposition à prioriser le dialogue, dans la recherche de solution à la crise. Il a dit regretter que, depuis1987, les dirigeants politiques et socio-économiques refusent de rechercher le consensus. «Il faut cesser de recourir à l’affrontement et à la confrontation pour résoudre les problèmes. Le rôle des élites est de chercher le dialogue», a martelé Doré.

Mathias Pierre, le ministre délégué de facto auprès du Premier Ministre, Chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques, a déclaré que, jusqu’à présent, 123 millions de gourdes avaient été décaissées pour les préparatifs du référendum et des prochaines élections de 2021.

Emmanuel Saintus

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