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Quand l’État haïtien offre le kidnapping en cadeaux

La fête de Noël, célébrée par les chrétiens chaque 25 décembre, constitue toute une période de formulation de meilleurs vœux, de partage, d’amour et de solidarité. En cette période, des personnes physiques ou morales se mobilisent pour apporter leur soutien aux plus vulnérables, en général. Des structures caritatives font des collectes de fonds pour pouvoir faire des dons en retour. Des parents font tout pour accrocher un sourire aux visages de leurs enfants. Des célébrités en profitent pour se faire voir, en supportant une initiative quelconque. En fait, traditionnellement, la Noël se fête, et en grande pompe.

Ainsi en Haïti, en cette période, il y a des décorations partout, dans les institutions publiques, dans les institutions privées et surtout commerciales, dans les rues et aussi à la maison. C’est une fête qui se prépare durant toute l’année. De la nourriture, des cadeaux, des voyages, etc. Elle est aussi un moment où les autorités politiques renouvellent des promesses, donnent donc l’espoir que tout ira mieux. Ainsi, l’État haïtien en profite toujours pour distribuer des cadeaux et tentent de faire des alliés.

Cette année 2020, marquée par la crise sanitaire mondiale, le coronavirus, qui a déjà fait plus d’un million de morts à travers le monde et dont la vaccination, qui débute dans plusieurs pays, reste tout aussi festive. On continue donc de décorer, d’envoyer des messages de meilleurs vœux, d’offrir des cadeaux, etc. Toute l’essence traditionnelle de la fête de Noël n’a pas changé.

En effet, l’État haïtien, ne voulant pas être absent, et surtout dans son rôle de gestion du trésor national, a voulu nous offrir des cadeaux. Et, sans surprise, il nous offre le kidnapping. Il est vrai que la situation sécuritaire du pays se dégrade depuis quelques années, avec la multiplication des gangs armés partout et qui opèrent même ouvertement, à visière levée. Mais cette période de Noël est si spéciale. Elle est donc marquée par la montée du kidnapping et l’absence de volonté réelle de l’État de nous débarrasser de ces malfrats. En effet, pas de trêve, on continue à kidnapper. Plus simplement, l’État qui n’arrive pas à nous garantir la libre circulation, cautionne les actes de kidnapping, ainsi il nous l’offre en cadeaux de Noël.

Les personnes de toutes catégories sociales en Haïti sont vulnérables face au phénomène de kidnapping. Chaque jour, un nouveau cas est signalé et de fortes sommes d’argent sont réclamées en échange de libération. N’est-ce pas une économie du kidnapping? En fait, les parents, amis, collègues et autres s’empressent de négocier et de trouver des fonds pour récupérer un otage. Ils utilisent les médias pour une sensibilisation. Ils organisent des marches et des manifestations. Ils arrivent même à lancer des levées de fonds pour libérer des otages. Dans tout cela, les autorités compétentes brillent par leur absence. Et le kidnapping devient une activité très lucrative. La population est entre-deux, dans le vrai dilemme de l’absence de l’État et du kidnapping bien organisé.

Pour le Dr. Élie Henry et pour sa fille Irma; pour Biancka; pour Degraphe Grégory Sanon; pour Wisline Montas; pour l’avocat Ronald Derinvil; et pour toutes les autres personnes kidnappées, torturées et violées, une chose est claire: l’État nous offre le kidnapping en cadeaux, empoisonnés, bien sûrs.

À quand la fin du kidnapping à travers le pays?

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

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