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Mobilisation contre l’insécurité et le pouvoir

À l’appel de plusieurs organisations de la Société Civile, des milliers de citoyennes et de citoyens ont marché, le jeudi 10 décembre 2020, dans les rues de Port-au-Prince, en vue de dénoncer les actes de criminalité en Haïti, à l’occasion de la Journée internationale des droits humains. Des milliers de manifestants ont aussi gagné les rues dans la Cité de l’Indépendance, ce même jeudi, pour dire non au climat d’insécurité qui fait rage dans le pays et exiger le départ du président Jovenel Moïse, avant le 7 février 2021, à l’initiative des partis politiques membres de la Table de Concertation.

La marche a débuté sur la Place de la Constitution, au Champ-de-Mars, pour parcourir, notamment, la rue Capois, l’avenue John Brown, la rue Lamartinière. Pour réclamer justice pour les nombreuses victimes de l’insécurité, les organisateurs de la marche ont dénoncé les crimes et le kidnapping dont s’est fait complice l’administration politique du président Jovenel Moïse qui serait de connivence avec les criminels. L’État, qui devrait garantir la sécurité dans le pays, se fait complice des actes de violation des droits humains, déplore un membre du barreau de Port-au-Prince, tout en soulignant combien cette insécurité est planifiée.

«À bas kidnapping», «À bas Jovenel Moïse», «Nous voulons vivre, À bas corruption», «Justice pour Evelyne Sincère», «La vie n’a pas de prix», «Nous marchons contre le kidnapping»: ont été parmi les messages inscrits sur les pancartes brandies par certains manifestants.

Le message final a été délivré, au niveau de Carrefour Tifou, par les protestataires qui ont été, par la suite, dispersés par la Police nationale d’Haïti (PNH), à coups de gaz lacrymogènes.

Dans la Cité de l’Indépendance, la manifestation était partie de Raboteau, en passant par Jubilé, la Place d’Armes des Gonaïves, l’Avenue des Dattes, Biennac, en lançant des slogans hostiles au président Jovenel Moïse dont les manifestants réclament le départ avant la date du 7 février, considérée par l’opposition comme la fin de son mandat. Dirigée par le leader de AAA et plusieurs autres leaders du Secteur Démocratique dont: André Michel, Sorel Yacinthe, Biron Odigé, la manifestation qui s’est déroulée de manière pacifique, allait se terminer sur la Place d’Armes des Gonaïves où le message final a été délivré.

Me André Michel et Biron Odigé ont accusé le pouvoir de «gangstériser le pays, en fédérant les groupes armés». Selon Michel André et Biron Odigé, il est formellement interdit à Jovenel Moïse d’aller célébrer la fête de l’Indépendance aux Gonaïves, le premier janvier 2021. «La ville lui sera fermée», a martelé Me Michel, et c’est l’opposition qui prendra le contrôle de la Cité, si l’on croit l’opposant farouche au pouvoir.

Sans mâcher leurs mots, les protestataires ont accusé le chef de l’État, Jovenel Moïse, d’être à l’origine des problèmes auxquels ils sont confrontés. Ils appellent le président à prendre conscience de son «incapacité», afin que le pays prenne son envol. «Jovenel est une malédiction. Nous devons le chasser du pouvoir », a lâché Féquière Séraphin.

Quelques heures après cette journée de mobilisation, dans un message posté sur son compte twitter, le Premier Ministre fait savoir qu’il a entendu la voix de la population, tout en promettant la mise en place de certaines mesures pour lutter contre les actes d’insécurité, notamment le kidnapping.

Rappelons, toutefois, que la police nationale d’Haïti avait mené une opération au Village de Dieu, le vendredi 4 décembre, dans le but de déloger les bandits, une opération qui s’est soldée, selon plus d’un, par un échec cuisant. Entre temps, les cas d’enlèvement s’accroissent de façon exponentielle.

Altidor Jean Hervé

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