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Les choix économiques de la BRH, critiqués par les spécialistes

Dans un communiqué, le ministère du Commerce et de l’Industrie a rappelé l’obligation faite aux commerçants de libeller et d’afficher leurs prix dans la monnaie nationale, conformément aux articles 1er et 3ième de l’arrêté du 18 septembre 2018. Cette décision peut faire plus de mal que de bien, selon l’économiste Kesner Pharel. L’économiste pense que cette mesure pourrait affecter certains gros importateurs. C’est une situation qui ne sera pas sans conséquences sur la disponibilité de certains biens de consommation. «On ne peut pas changer la structure de l’économie du jour au lendemain», a dit Kesner Pharel.

En réaction à la décision de la BRH d’injecter quelques 150 millions de dollars dans l’économie, le Vice-Recteur aux affaires académiques de l’Université d’État d’Haïti (UEH), M. Poincy a estimé que cet acte ne permettra pas de résoudre le problème de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar. L’économiste Jean Poincy a critiqué ouvertement la politique monétaire entreprise par la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour contenir la chute accélérée de la gourde qui, selon lui, n’a pas donné de résultat. Le Vice-Recteur aux affaires académiques de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Jean Poincy, a dénoncé la politique monétaire qui consiste à éponger la surliquidité existant dans l’économie nationale, en offrant des «Bons BRH» aux banques commerciales qui engrangent des profits énormes. Il a fait savoir que les banques commerciales font des profits sur ces bons BRH, mais les épargnants des banques, dont l’argent a servi à financer ces transactions, ne gagnent rien en retour. Selon lui, cette politique monétaire est un échec patent. «Cette politique est mortelle pour l’investissement dans le pays. Au lieu d’offrir des bons aux banques commerciales qui accumulent des bénéfices mirobolants, il fallait favoriser l’accès des citoyens au crédit, afin d’investir dans des secteurs porteurs, productifs et générateurs de profits», a-t-il précisé. Dénonçant un complot financier contre l’économie et l’investissement dans le pays, Jean Poincy a dit croire de préférence que la Banque Centrale doit changer de politique monétaire et agir de manière à ce que la population ait accès au crédit.

Par ailleurs, le ministre du Commerce et de l’Industrie envisage de prendre des mesures coercitives, afin de forcer les contrevenants à respecter cette mesure. «Ce n’est pas par la force qu’on peut résoudre le problème. On peut provoquer d’autres pannes dans le système en voulant changer une pièce», dit l’économiste Kesner Pharel qui n’entend pas pour autant défendre les «acteurs qui abusent du marché». Il a dit croire que les lois doivent être respectées, mais le faire avec de grandes menaces, cela ne va pas aider. Kesner Pharel a expliqué que le ministre du Commerce et de l’Industrie, qui, depuis son installation, a déjà effectué plusieurs tournées d’inspection dans des magasins et des stations d’essence, en brandissant des menaces, est en train d’envoyer un très mauvais signal. «Il vend le tempérament d’un ministre de l’Intérieur et d’un chef de la police qui court après ceci, qui court après cela», estime l’économiste. Il invite le ministre à suivre l’exemple des autorités dominicaines qui sont en train de réfléchir sur les dispositions à adopter, en vue d’accompagner des petites et moyennes entreprises qui ont été durement touchées par le coronavirus. Le comportement du ministre peut «aggraver» la situation, c’est-à-dire, celle qui a rapport à l’offre et à la rentrée de devises dans l’économie.

Selon les spécialistes, la décision de la Banque de la République d’Haïti, qui a injecté 150 millions de dollars sur le marché des changes, ne peut que «calmer l’accélération rapide de la dépréciation de la gourde. À cause de certains problèmes conjoncturels et structurels de l’économie haïtienne et des anticipations des acteurs, la BRH ne peut pas empêcher que le dollar continue de prendre de la valeur par rapport à la gourde. Tout ce qu’elle peut faire, c’est de calmer l’accélération rapide de la dépréciation», ont-ils expliqué.

Emmanuel Saintus

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