Culture & Société

Haïti-Culture-Arts: à la rencontre de Mitchel Mompremier, artiste plasticien et graphiste designer

Haïti-Culture-Arts: à la rencontre de Mitchel Mompremier, artiste plasticien et graphiste designer:

Né à Delmas, en 1986, Mitchel Mompremier est artiste plasticien, diplômé de l’École Nationale des Arts (ENARTS), en 2008. Étant plasticien, il pratique, entre autres, la peinture, la sculpture et l’illustration. Voulant élargir ses champs de compétence, ce jeune diplômé, s’était aussi initié aux arts graphiques en 2009, à l’École Supérieure d’Infotronique (ESIH), et devient graphiste designer.

Professionnel expérimenté, Mitchel Mompremier, également débuté des études en Droit à l’Université d’État d’Haïti (FDSE/UEH), est rempli d’ambitions, notamment celle de monter son entreprise sur les arts plastiques et les arts graphiques. En fait, sa riche carrière professionnelle, débutée en 2007, avec la réalisation des masques en papier mâché pour le Carnaval national et sa participation à l’Exposition Création à Ciel Ouvert, organisée cette même année par le Montcel et la Unibank, et surtout, son nouveau projet de formation artistique visant douze jeunes de 16 à 22 ans, nous permet de le rencontrer, et il répond à nos questions suivantes:

 

D’où vient cette idée?

(Je suis) influencé par le professeur Franck Louissaint, peintre de renommée qui avait constitué un groupe restreint avec des étudiants pour des cours extrêmement approfondis en perspective, au Centre d’Art, bénévolement. Faisant partie de ce groupe, je me suis dit pourquoi (ne pas) reprendre une si belle initiative. Alors, en mai dernier, j’ai entrepris la construction de mon atelier d’arts plastiques: «Mitchel Arts & Vision», qui s’est achevé en décembre. Je compte donner des séminaires payants durant la semaine mais le bénévolat sera en weekend et seulement pour des jeunes de 16 à 22 ans. C’est donc un signe de partage de ma connaissance avec les fils et filles du peuple, à ma façon, car j’ai été boursier des établissements publics de formation.

Pensez-vous que la formation artistique a une réelle importance en Haïti?

Il y a plusieurs champs de connaissance: la science, la philosophie, la spiritualité que je qualifierai de mystique et l’Art. Alors, je pense que pour équilibrer l’esprit, il serait conseillé de s’évertuer à connaître une branche dans chacun de ces domaines. Pour être plus précis, je pense que l’art (culture) est le seul domaine qui tend à donner une bonne image d’Haïti, puisque, comme on le sait bien, la politique pollue tout dans notre pays. De ce fait, l’Art doit être pris au sérieux dans la politique culturelle d’Haïti. De plus, (il) peut constituer un moyen de survie.

Comment procéder pour le recrutement?

J’ai déjà des recommandations de certains amis et artistes, mais je compte bien lancer un petit concours de dessin pour des jeunes de 16 à 22 ans, sur un thème précis, pour recruter ces 12 jeunes, car le talent compte avant tout. Parallèlement, il faut que ces jeunes donnent de l’importance à leurs activités scolaires car je ne (le) tolère pas, quand les jeunes se croient tellement artistes qu’ils oublient l’école. L’école sera une aide précieuse. Aussi il y aura la signature d’un code règlementaire.

Cette initiative s’inscrit-elle dans le temps?

Très bonne question. C’est en effet l’une des raisons pour laquelle je compte beaucoup sur le talent. Ces jeunes constitueront l’équipe de «Mitchel Arts & Vision», s’ils le souhaitent, bien sûr, mais pas seulement après les 6 mois. L’art demande avant tout beaucoup de pratique, c’est la raison pour laquelle il y aura des devoirs. Ainsi, l’atelier pourra répondre à des demandes beaucoup plus grandes, et les délivrer à temps.

Quand et où elle débutera?

Ce sera à Mitchel Arts et Vision, à Delmas 95. J’aimerais bien commencer le 30 août 2020, mais je confirmerai la date avant le 10 août 2020. Il me faut planifier et acquérir certains matériels avant leur arrivée car je compte être régulier et ne pas avoir des contraintes de matériels durant ces 6 mois. Je prends très au sérieux cette initiative car je sais déjà que, parmi ce groupe, certains deviendront des pros.

Les horaires détaillés?

Les activités se tiendront chaque samedi matin de 8h à 11h ou de 3h à 5h durant 6 mois. 72 heures de pratique de dessin durant 6 mois.

Avez-vous des partenaires financiers? Si oui, lesquels? Si non, comptez-vous faire des demandes?

Non! Pour le moment je compte uniquement sur mes propres moyens. C’est un projet-pilote, dans le sens qu’après 6 mois, je solliciterai des financements afin de pouvoir l’agrandir et continuer avec beaucoup plus d’effectifs et intégrer d’autres disciplines, comme la sculpture et la peinture.

Vos objectifs: vous pensez les atteindre?

Ce n’est qu’une question de temps. Ces jeunes talents, je vais aussi leur inculquer des notions de discipline car, c’est souvent ce qui manque aux jeunes artistes haïtiens. J’aimerais, dans quelques années, que ces jeunes artistes aient de la reconnaissance et fassent aussi du bénévolat avec d’autres jeunes talents.

Le Journal Haïti Progrès vous souhaite du succès, et surtout de la pérennité dans ce projet!

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

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