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Haïti: Changer de politique pour sauver le dialogue, selon le PPI

L’histoire contemporaine d’Haïti, avec son tablier d’élections truquées, de coups d’État sanglants et des luttes intestines pour la prise du pouvoir, constitue une lutte acharnée pour l’établissement d’une société juste, forte et équitable, après des décennies de dictature qui ont pris fin en 1986, a déclaré le Secrétaire Général du Parti Politique Indigène, Stanley Junior Mesalier.

Tortures, exécutions, arrestations arbitraires et détentions illégales commises par les agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), réduisent à peau de chagrin la liberté d’expression, de rassemblement et d’association, faisant référence à la Constitution haïtienne, le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) y compris d’autres instruments internationaux signés puis ratifiés par Haïti en la matière.

À longueur de journée, des rafales d’armes automatiques crépitent dans plusieurs quartiers réputés des foyers de gangs. Le Secrétaire du Parti Politique Indigène n’a pas caché ses mots pour condamner avec véhémence les actes de violences enregistrés au cours des affrontements meurtriers entres les gangs rivaux qui sévissent dans la capitale, notamment à Cité-Soleil où abrite le Terminal Pétrolier de Varreux qui alimente Port-au-Prince et le Nord d’Haïti.

Cette situation, sous l’œil passif des autorités haïtiennes, entraîne le dysfonctionnement de nombreuses institutions par le manque de ressources, la corruption et la violence. Ce qui engendre l’impunité, a-t-il déploré.

Stanley Junior Mesalier a souligné que les conflits armés continuent d’avoir un impact majeur sur une population très vulnérable dont les acquis sont encore fragiles, rappelant que la violence, les épidémies, les catastrophes naturelles et l’impact socio-économique de la COVID-19 ont considérablement aggravé les vulnérabilités déjà criantes, dans un contexte actuel, marqué par un manque structurel d’accès aux besoins primaires, dû à une destruction des infrastructures, à la raréfaction des équipements, à la diminution de personnel qualifié, à l’insécurité et aux difficultés financières.

Haïti se retrouve à présent au cœur d’un désordre constitutionnel où, le mieux qui puisse arriver, est de se rapprocher le plus possible du cadre et des procédures établies par la Constitution de 1987, pour garantir un consensus le plus large possible autour d’un gouvernement par intérim, avant la tenue de nouvelles élections, a déclaré le politologue.

Le Secrétaire du Parti Politique Indigène invite en effet les parties prenantes, dûment impliquées dans la crise actuelle, à définir une alternative viable à la résolution à la crise. Le dialogue: c’est le seul moyen pour parvenir à une stabilité, a soutenu Stanley Junior Mesalier, soulignant que le soutien diplomatique à la formation des gouvernements par des membres douteux de l’élite politique haïtienne, risque d’amplifier la crise actuelle.

Toutefois, des constantes indiquent que la classe politique haïtienne, même divisée, pourrait parvenir à un accord créant les conditions pour des élections libres, régulières et pacifiques.

À rappeler qu’une vingtaine de partis politiques, avec des absents remarqués, ont signé un accord pour une période de transition de «gouvernance calme et efficace», dans le but de créer un gouvernement de consensus national dirigé par Ariel Henry.

Abordant à la fois la question des inégalités et leurs effets sur la polarisation des valeurs politiques, économiques et sociales, Stanley J. Mesalier a souligné l’importance de l’éducation à la citoyenneté qui s’efforce de donner la capacité et de motiver les citoyens et citoyennes à s’engager dans la société.

Aujourd’hui, la défiance à l’égard des dirigeants et des institutions est devenue la norme. Elle corrode l’esprit public et aggrave la démoralisation et le repli sur soi que provoque la violence économique.

Face à ce naufrage, il ne suffit pas de prôner plus de justice sociale, plus de solidité, car mêmes les gouvernements ont progressivement transféré l’autorité politique au niveau supranational. C’est une situation qui sape non seulement la prospérité des Haïtiens, mais tout ce qui fait la grandeur de cette nation : les valeurs de la République et l’identité culturelle du pays.

Comme nos vaillants et glorieux ancêtres, la conscience patriotique nous appelle aujourd’hui à un grand rassemblement, à une union sacrée, à un sursaut patriotique pour rapatrier notre souveraineté perdue et rétablir Haïti dans sa puissance, sa grandeur et dans sa mission universelle, comme la Première République Noire du monde.

Dans un monde globalisé dont les enjeux sont de niveaux variables, confrontés à de nombreux défis (inégale répartition des richesses, violations de droits humains, discours dominants favorisant la consommation effrénée, le repli de soi, les stéréotypes en tout genre), l’éducation à la citoyenneté est plus nécessaire que jamais.

Smith Prinvil

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