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Prison: mauvaises conditions de détention

Le mardi 27 septembre, 3 prisonniers sont morts à la prison de Petit-Goâve, portant le nombre à sept (7) décès en 4 jours. Par ailleurs, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), institution nationale de promotion et de protection des droits humains, exprime son indignation face à la dégradation continue des conditions de détention en Haïti, en raison de la détention préventive prolongée et la persistance de la crise socio-politique.

En effet, les prisons de Port-au-Prince, des Cayes, de Saint-Marc, de Jérémie, de Fort-Liberté, de Jacmel et de Petit-Goâve font face à une pénurie sévère de nourriture, depuis plusieurs semaines. Du 23 août au 27 septembre 2022, plus de douze décès ont été rapportés. Selon des observateurs nationaux et internationaux, la malnutrition et l’absence de soins médicaux adéquats constituent les principales causes des décès.

Malheureusement, le recours excessif à la détention préventive, associé à l’incapacité des autorités judiciaires à assumer leurs responsabilités à respecter les délais de procédures tels que prévus par les lois haïtiennes et les instruments internationaux portant sur les garanties judiciaires, figurent parmi les causes majeures de la surpopulation carcérale, avec un taux de plus de 90% de détention préventive prolongée, en raison de l’insouciance de certaines autorités judiciaires. Face à ce constat alarmant, l’OPC recommande que des mesures urgentes soient prises, de concert avec les partenaires internationaux évoluant dans le domaine humanitaire, en vue de limiter les dégâts, en attendant des réformes structurelles.

L’Office de la Protection du Citoyen rappelle aux instances concernées que, conformément aux instruments internationaux ratifiés par Haïti, toute personne privée de liberté doit être traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine.

De ce fait, l’OPC prévient que, si des dispositions ne sont pas adoptées dans les plus brefs délais, la situation risquera de se transformer en catastrophe humanitaire, avec possibilité, pour les parents des prisonniers décédés, d’ouvrir la voie à des recours contre l’État par-devant les instances régionales et internationales relatives aux droits de l’Homme, dans une perspective de réparations pour violations graves de droits humains. Mauvaises conditions de détention : les parents des prisonniers décédés doivent s’associer pour attaquer l’État par-devant des instances internationales, conseille l’OPC.

À la suite de la mort de famine de deux détenus et de la situation critique de plusieurs autres qui sont dans des états graves, dans la prison de Petit-Goâve, le Commissaire du Gouvernement, Me Pierre Elioth Paul, en vue d’observer l’état des prisonniers, a visité la prison, le dimanche 25 septembre. Il a interrogé un groupe de détenus en garde à vue, très affaiblis, souffrant de maladies, qui ont été extraits des cellules. Me Elioth Paul a décidé de libérer deux d’entre eux, arrêtés et incarcérés pour des petits larcins, et a donné l’ordre de transporter d’urgence, à l’hôpital Notre-Dame, plusieurs détenus malades qui se trouvaient dans des états critiques. Le Commissaire a promis qu’à partir de ce lundi, il va organiser des audiences correctionnelles spéciales au Commissariat de Petit-Goâve, en vue de réduire le nombre de détenus, dans le cadre de la lutte contre la détention préventive prolongée.

Emmanuel Saintus

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