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L’insécurité tacle le secteur santé

La situation sécuritaire frappe durement le secteur de la santé. D’un côté, le kidnapping répété de son personnel, obligeant parfois les hôpitaux à fermer leurs portes, et de l’autre, la saturation des hôpitaux par les victimes d’actes de banditisme. A cet effet, l’association «Nos petits frères et sœurs» et la «Fondation Saint Luc» ont décidé de suspendre, à nouveau, le lundi 9 mai 2022 et jusqu’à nouvel ordre, toutes les activités des hôpitaux Saint Damien, et Saint Luc en Haïti. Par ailleurs, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme sur le nouveau pic de violence auquel la population haïtienne doit à nouveau faire face. L’organisation médicale dit avoir reçu, dans ses installations médicales de Port-au-Prince, une centaine de blessés par balle ces dernières semaines.

L’association «Nos Petits Frères et Sœurs» et la «Fondation Saint Luc» ont décidé de suspendre toutes les activités des hôpitaux Saint Damien et Saint Luc jusqu’à nouvel ordre. Cette disposition administrative est destinée à dénoncer l’enlèvement, le jeudi 5 mai 2022, à Laboule par des bandes armées, de la pédiatre Benetty Augustin, chef de la clinique d’épilepsie de l’hôpital Saint Damien, précisent ces instituts dans un communiqué. Tout en réclamant la libération de la pédiatre, ils appellent les autorités compétentes du pays à garantir des conditions de sécurité permettant à tous les citoyens d’exercer librement leurs activités.

Rappelons que ce n’est pas la première fois que des salariés de l’association «Nos Petits Frères et Sœurs» et de la Fondation Saint Luc sont victimes d’enlèvement.

Marie Bénicia Benoit, technicienne de laboratoire, dudit établissement a également été enlevée, le mercredi 25 août 2021, près de Santo 19, dans la commune de Croix-des-Bouquets alors qu’elle se rendait à son travail, avant d’être relâchée le 28 août 2021.

L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a reçu plus de 96 blessés par balle dans ses installations médicales de Port-au-Prince lors des affrontements entre le 24 avril et le 7 mai. L’hôpital MSF de Tabarre, l’une des rares structures encore en activité dans cette région, a été complètement submergée. «Le nombre de victimes de traumatismes reçues par semaine a triplé par rapport à la mi-avril, et la plupart d’entre elles sont des blessures par balle très graves qui nécessitent un traitement intensif», a déclaré Mumuza Muhindo, chef de mission MSF, dans un communiqué.

MSF est contraint de rouvrir au plus vite son centre d’urgence de Cité Soleil à Drouillard, qui avait suspendu ses activités le 1er avril car les garanties minimales de travail n’étaient plus respectées. «Maintenir les structures médicales en état de marche dans ces conditions est un défi quotidien. Notre personnel médical ne peut plus rentrer chez lui. Ils prennent des risques énormes à chaque fois qu’ils bougent. Nous organisons des rotations de 24 heures pour limiter leurs déplacements, mais certains d’entre eux ne sont pas rentrés chez eux plusieurs jours de suite», a indiqué Serge Wilfrid Ikoto, référent médical à l’hôpital de Tabarre, dans le communiqué.

Les habitants des quartiers touchés par les affrontements en ont payé le prix fort. Les conséquences sont dramatiques dans l’accès aux soins. Sans moyen ni possibilité de transport, les patients sont arrivés à l’hôpital plus de 24 heures après avoir été blessés, a déclaré Médecins sans frontières.

«La population haïtienne est dans une situation d’extrême vulnérabilité. Une réponse humanitaire mieux adaptée et plus large est nécessaire de toute urgence. Les familles déplacées par la violence ont besoin d’aide car le coût de la vie augmente chaque jour et elles n’ont pas accès à des soins de santé de qualité», a déclaré Mumuza Muhindo, chef de mission MSF.

Altidor Jean Hervé

Photo : Jose A. Iglesias/jiglesias@elnuevoherald.com

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