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Adoption d’un nouveau budget à 210 milliards de gourdes

Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, a fait part de l’approbation d’un nouveau budget, qui se terminera le 30 septembre. Ce nouveau budget traitera, entre autres, des questions sociales, de la sécurité et de la reconstruction de la péninsule sud et autres.

Dans son exposé des motifs du «budget général de l’exercice 2021-2022», le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, a présenté les moyennes et estimations de différents indicateurs macroéconomiques. «Les ressources du budget général pour l’année fiscale 2021-2022 s’élèvent à 210,5 milliards de gourdes, dont 57% de recettes courantes. Sur les 120,1 milliards de recettes courantes, 59,3 % (soit 71,2 milliards) proviennent des recettes intérieures et 40,7 % (soit 48,8 milliards) des recettes douanières», a précisé Michel Patrick Boisvert. «La contribution attendue des partenaires extérieurs est en hausse, à 24,3 milliards de gourdes, dont 4,6 milliards en appui budgétaire et 19,6 milliards en subventions et prêts projets. Le budget sera également financé par des émissions de bons du Trésor, de l’ordre de 12,48 milliards de gourdes et 46,47 milliards de gourdes en financement monétaire par la BRH», a-t-il continué.

«Les dépenses projetées sont donc de l’ordre de 210,5 milliards de gourdes, soit une augmentation de 9,1% par rapport au budget précédent. Cette augmentation des dépenses, a souligné le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, traduit la volonté du gouvernement de réactiver définitivement l’activité économique, d’atténuer les effets négatifs de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, d’ajuster les salaires des fonctionnaires et de mettre en œuvre des programmes sociaux en faveur des groupes les plus vulnérables, pour atténuer les impacts de l’ajustement des prix des produits pétroliers, effectué au cours du mois de décembre 2021».

«Les dépenses courantes, selon le grand trésorier de la République, vont augmenter de 17,2% par rapport à l’année précédente pour atteindre 141,9 milliards de gourdes. Cette augmentation des dépenses courantes est due au fait que les salaires et traitements sont de l’ordre de 66,8 milliards de gourdes, soit une augmentation de 11,8%, par rapport à l’année précédente. Par contre, les dépenses en biens et services sont en baisse de 2,6%. Par ailleurs, les dépenses de subventions ont considérablement augmenté (79,7%), du fait notamment de la prise en compte de la subvention sur les produits pétroliers (20,1 milliards de gourdes).

«Les dépenses d’investissement public inscrites au budget de l’année fiscale 2021-2022 s’élèvent à 38,4 milliards de gourdes et seront financées à hauteur de 39,9% par les ressources nationales (15,3 milliards de gourdes), et 60,1% par les dons et prêts pour des projets correspondant à 23,1 milliards de gourdes», a détaillé Michel Patrick Boisvert, soulignant que «tous les défis auxquels est confrontée l’économie haïtienne ne pourront être résolus durant les cinq (5) mois restants de cet exercice financier, compte tenu des contraintes financières et de la faiblesse de nos institutions.» Cependant, par des actions fortes, visibles et efficaces, visant à accélérer le processus de sortie du pays de sa situation délétère et ainsi renouer avec la croissance après trois années consécutives de récession économique, ce nouveau budget s’engage à rétablir :

  • le climat sécuritaire pour faciliter la tenue des élections en vue du renouvellement du personnel politique ;
  • le financement du Plan de Relance Intégral du Sud de la Péninsule (PRIPS) dévasté par le séisme du 14 août 2021 ;
  • la mise en œuvre de la Politique Nationale de Promotion et de Protection Sociale (PNPPS) ;
  • le financement de campagnes agricoles pour atténuer la hausse attendue de l’inflation, notamment en raison de l’impact de la crise géopolitique en Europe de l’Est ;
  • la mobilisation des ressources intérieures pour être moins dépendant de l’aide extérieure et aussi rétablir l’équilibre budgétaire ;
  • la réduction des financements de la Banque de la République d’Haïti (BRH) par rapport au niveau de l’exercice précédent ;
  • la poursuite de la mise en œuvre du Plan de rationalisation des dépenses fiscales (PRDF), la revalorisation des salaires dans la fonction publique après l’ajustement du SMIC», a longuement expliqué Michel Patrick Boisvert.

«Le budget général pour l’exercice 2021-2022 repose sur les estimations suivantes : un taux de croissance du PIB réel de 0,3 % après trois années consécutives de récession économique ; un taux d’inflation estimé à 27,3 % d’une année sur l’autre; des recettes fiscales totales d’environ 120,1 milliards de gourdes, soit une augmentation de 33% par rapport au recouvrement, par rapport aux réalisations de l’année précédente ; un taux de pression fiscale estimé à 6% contre 5,7% l’année précédente ; dépenses totales estimées à 9,1% du PIB contre 7,4% en 2020-2021 ; des émissions nettes de trésorerie de 12,48 milliards de gourdes contre 5,6 milliards de gourdes l’an dernier ; un niveau de financement monétaire de 46,47 milliards de gourdes qui est inférieur de 17,8% à l’année précédente», a indiqué Michel Patrick Boisvert qui offre des conseils à ses pairs. «Je vous invite à prioriser les dépenses que vous jugez indispensables au fonctionnement de vos administrations. Car, a-t-il poursuivi, il s’agit de la participation et de la responsabilité de nous toutes et de nous tous pour préserver les grands équilibres macroéconomiques, garants d’une croissance économique viable».

Avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les perspectives ne sont pas bonnes, a souligné Michel Patrick Boisvert. «…Depuis le 24 février 2022, lorsque la Russie a commencé son invasion de l’Ukraine, la chaîne d’approvisionnement mondiale a été perturbée, ce qui a entraîné une hausse des prix des matières premières, y compris du pétrole, sur les marchés internationaux et nationaux. Tout porte à croire que les conséquences déjà désastreuses pour les économies le seront encore plus à l’avenir, notamment pour les États en situation de fragilité, dont Haïti», a prédit le ministre de l’Économie et des Finances.

Altidor Jean Hervé

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