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Les bandes armées d’Haïti, souvent liées à des manœuvres politiques ou commerciales, selon Dieupie Chérubin

La situation sécuritaire d’Haïti est morose. Un risque immédiat d’escalade de l’instabilité politique et de violence urbaine ingérable demeure, surtout si l’on finit par découvrir que de nombreuses figures politiques sont impliquées dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, brandit l’ancien sénateur du Sud-Est, Dieupie Chérubin. L’ancien parlementaire a pointé du doigt le gouvernement haïtien dans la détérioration du climat sécuritaire du pays. Selon l’ex-sénateur, cette situation d’instabilité s’inscrit dans une perspective de politique publique, adoptée par le gouvernement haïtien, dans un contexte où les communes de Croix-des-Bouquets, de Ganthier et des quartiers de Martissant semblent particulièrement échapper au contrôle des autorités haïtiennes.

Pour Dieupie Chérubin, les inquiétudes sécuritaires en Haïti vont bien au-delà du meurtre du président Jovenel Moïse et de ses conséquences. Il considère, en effet, que les puissantes et violentes bandes armées d’Haïti, sont souvent liées à des manœuvres politiques ou commerciales malsaines. Évoquant la dégradation de la situation sociale et politique du pays, laissant les catégories les plus vulnérables dans une situation de détresse, de chômage endémique et d’extrême pauvreté, Dieupie Chérubin a fait savoir que le Premier Ministre Ariel Henry n’a rien apporté de concret, susceptible d’améliorer les conditions de vie de la population et de calmer parallèlement les tensions politiques, hormis mentir à la population, en revenant de ses voyages.

Totalement dans l’incapacité de pouvoir satisfaire à aucune de ses obligations dont il s’est chargé historiquement, depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le gouvernement joue la carte d’échec, tenant compte de ses ambitions clairement définies dans sa feuille de route, visant à mettre sur pied un gouvernement d’ouverture, incluant les forces vives de la nation, dans le but ultime de résoudre le problème criant de l’insécurité, et d’accompagner le Conseil Électoral Provisoire (CEP) pour la réalisation des élections générales et du référendum.

Affirmant que la situation en Haïti est trop instable, d’un point de vue sécuritaire, pour la tenue des élections, l’ancien parlementaire du Sud-Est, élu sous la bannière de Konvansyon Inite Demokratik (KID), soutient également que l’establishment politique manque cruellement de légitimité nécessaire et de morale politique pour surmonter les crises sociales et politiques, notamment en raison des liaisons fortes entre les responsables politiques et les gangs armés.

Dieupie Chérubin a souligné qu’il ne participera à aucune compétition électorale car le gouvernement actuel, bénéficiant du soutien du Core Group, de l’Organisation des États Américains et de l’Organisation des Nations Unies, n’inspire ni confiance ni moralité politique pour favoriser un environnement serein pour les prochaines joutes électorales.

Rappelant que le pays a déjà connu plusieurs manifestations sur fond de vie chère et de corruption, le premier secrétaire du Sénat de la République d’Haïti propose de confier les rênes du pouvoir plutôt à un gouvernement de transition crédible, en vue de s’attaquer aux problèmes les plus urgents qui touchent le pays, et à la mise en place de mécanismes de contrôle, chargés d’enquêter et d’aider à juger les affaires de corruption de haut niveau.

Smith Prinvil

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