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Assassinat de Jovenel : Ariel Henry plaide non coupable…

Dans une entrevue avec le Miami Herald, parue le vendredi 11 février, le Premier Ministre de facto, Ariel Henry, dans le cadre de l’assassinat de l’ex-Président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, a déclaré qu’il serait prêt à livrer aux États-Unis certains Haïtiens-Américains, Colombiens et autres suspects détenus, soupçonnés de collaborer avec une société de sécurité de la région de Miami, affirmant: «s’ils le demandent (les USA), ils auront l’entière coopération de la Nation», félicitant les efforts du Gouvernement américain dans leur quête de justice pour le Président assassiné.

Cette déclaration a fait réagir plus d’un, car, chaque fois qu’Haïti transfert un suspect aux États-Unis, qu’il s’agisse d’étrangers ou d’Haïtiens, c’est toujours perçu comme une violation de la souveraineté d’Haïti. D’ailleurs, Me Berto Dorcé, le Ministre de la Justice, a déclaré qu’il n’était pas disposé à remettre aux États-Unis aucune des personnes détenues en Haïti car, pour lui, «le jugement doit être rendu en Haïti.»

Ariel Henry, tout en réaffirmant sa non-ingérence et son soutien à l’enquête en Haïti sur l’assassinat du Président Moïse, dit être conscient de la faiblesse du système judiciaire haïtien et estime que toute aide du Gouvernement américain dans l’enquête, sera «la bienvenue». De plus, Henry a déclaré également qu’il pensait qu’un juge international devrait assister dans cette affaire et prévoit demander l’aide des pays membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), pour apporter un élément d’indépendance à l’enquête.

Dans la même lignée, le Premier Ministre Ariel Henry est impliqué dans la planification de l’assassinat du président Jovenel Moïse, a dévoilé la chaîne américaine CNN, dans un article publié le mardi 8 février 2022. En réaction, le gouvernement haïtien a qualifié ces reproches de campagne de désinformation visant à déloger Ariel Henry de la Primature. En effet, le gouvernement haïtien sort enfin de son mutisme, à la suite d’une série d’articles publiés dans des journaux américains, révélant des liens entre le Premier Ministre Ariel Henry et Joseph Félix Badio, principal suspect dans l’assassinat de Jovenel Moïse. Le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes rejette d’un revers de main ces accusations qu’il qualifie «d’allégations mensongères». «Ce sont des allégations mensongères et des manœuvres désespérées qui constituent une diversion servant à brouiller les pistes de l’enquête», a défendu la Chancellerie haïtienne, dans une correspondance adressée aux missions Diplomatiques et Consulaires des pays amis, accréditées en Haïti. «D’ailleurs, le juge Garry Orélien, à qui l’on a attribué des déclarations graves, à lui-même rejeté catégoriquement ces mensonges dont il nie être l’auteur», lit-on dans la lettre datée du jeudi 10 février 2022. «Malgré cette campagne de désinformation et de dénigrement visant à renverser le Premier Ministre et retarder le retour à l’ordre constitutionnel, Dr Ariel Henry reste ouvert au dialogue et poursuit inlassablement ses efforts en vue de rétablir la sécurité publique, former un Conseil électoral provisoire pour effectuer la réforme constitutionnelle, organiser les élections et initier le plan de relèvement et de reconstruction de la péninsule du Sud, suite aux dégâts causés par le séisme du 14 août dernier», a poursuivi, dans cette correspondance, le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes.

Pour sa part, les membres du Bureau de Suivi de l’Accord de Montana pressent les autorités judiciaires à interroger le docteur Ariel Henry sur ses liens éventuels avec un suspect-clé, dans le meurtre du 58e Président. Le Premier Ministre Ariel Henry garde des liens étroits avec l’un des suspects-clés de l’assassinat du Président Jovenel Moïse, révèlent des médias étrangers. Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana demande à la justice d’auditionner le locataire de la Primature, en vue de faire le jour sur ces révélations. Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana s’insurge du comportement d’Ariel Henry, suite aux informations selon lesquelles il serait impliqué dans la planification de l’assassinat du président. «Il est temps que le pays s’affranchisse du règne de l’impunité, de la banalisation de la vie», commentent les membres du BSA, dans une note de presse en date du mercredi 9 février 2022. «Les éléments à charge s’accumulent. Le Premier Ministre de fait et ses alliés locaux et étrangers ont une obligation morale et judiciaire d’obtempérer», poursuivent-ils dans la note. Cette structure interpelle la justice à agir vite, à la suite des différentes révélations sur une éventuelle implication du Premier ministre Ariel Henry dans l’assassinat du 58e président haïtien. Il convient de faire la lumière autour de ce dossier, insistent les membres du Bureau de suivi de l’Accord de Montana.

Par ailleurs, le coordonnateur général du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), M. Pierre Espérance, se réjouit de l’implication des autorités américaines dans l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. De l’avis du défenseur des droits humains, l’administration Biden, le Département d’État et la justice américaine n’ont pas l’intention d’aider la justice haïtienne mais de prendre en charge le dossier. Pour lui, c’est une bonne chose, puisque la justice haïtienne piétine dans l’enquête. Aucun pas significatif n’a été enregistré, et un suspect-clé, M. Dragon, est mort en prison. Il déplore que l’ancien juge instructeur, Gary Orélien, n’avait pas donné de commission rogatoire à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour poursuivre l’enquête, en vue d’identifier les financeurs du magnicide. Un document important avait été transmis à la Police judiciaire par le FBI mais les autorités gouvernementales ont bloqué l’enquête. De plus, M. Espérance révèle que les autorités gouvernementales ont refusé de remettre en fonctionnement le réseau intégré entre l’Ofice National d’Identification (ONI), la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’Immigration. Il appelle à une investigation sur ce dossier, soulignant que le réseau avait été déconnecté, peu avant l’assassinat du président Moïse. Les investigations des autorités américaines sont saluées par M. Espérance. Il affirme que le FBI a interrogé, la semaine écoulée, M. Solages et M. Civil, deux citoyens américains, appréhendés par les forces de l’ordre. L’interrogatoire a eu lieu au Pénitencier National, soutient M. Espérance.

Cerise sur le gâteau: le juge Chavannes Étienne, choisi il y a quelques jours par Me Bernard Saint-Vil, Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, pour remplacer Garry Orélien dont le mandat de 3 mois n’a pas été renouvelé et pour instruire le dossier de l’assassinat du Président Moïse, vient de se déporter du dossier, pour convenance personnelles. Il va donc falloir trouver un nouveau juge d’instruction. Le magistrat a transmis son ordonnance de dessaisissement au doyen du tribunal, le mercredi 8 février 2022. Le Juge Chavannes Étienne est le troisième magistrat qui s’est déporté de cette affaire.

De plus, le FBI a interrogé les 2 Haïtiens-Américains, le mardi 8 février, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. Le FBI a auditionné Joseph Vincent (haïtien-américain) et Solages James (haïtien-américain) membres du commando qui, selon leurs aveux, servaient de traducteurs aux membres du commando.

Emmanuel Saintus

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