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«Ces foutus vendus sans prix!»

On peut dire ce qu’on veut d’eux, et je ne m’engagerai point dans le vain et indécent culte d’adoration à leur égard, car ils sont tous responsables des malheurs du pays, cependant, sous Aristide et Préval, il nous restait encore, ne serait-ce qu’une lueur de leadership, de caractère, d’orgueil et du vouloir-faire, tant bien que mal. À la limite, on peut les considérer comme les derniers Mohicans, dans une certaine mesure et chacun à sa manière, à pouvoir regarder le Blanc dans les yeux et lui dire un NON redondant. Tout au moins, dans ce qui leur a été crucial, en termes des «intérêts nationaux» qu’ils se proposaient de défendre. Depuis l’avènement du régime phtkiste dans le pays, on se demande ce que nous sommes devenus. Et qu’avons-nous fait de notre fierté et de notre dignité ? C’est la tyrannie du complexe de Guacanagarix qui consiste à se trouver à tout prix son allié étranger, dans ce cas précis: Blanc, dans l’unique objectif de combattre ses rivaux nationaux. Pour ce faire, nous avons développé, jusque dans sa phase terminale, la pathologie de la balnéophilie. Chacun a son blanc, même les deux compères devenus ennemis jurés, que nous avons ci-avant mentionnés, question de se maintenir au pouvoir indépendamment de leur degré d’impopularité et les contestations populaires. Ils donnent plus qu’on leur demande, absolument tout au Blanc, même ce qu’il ne leur a pas demandé. En raison de cette carence de caractère, de fierté et surtout de la conviction de vouloir être libre véritablement, le Blanc nous traite plus comme des parias, des moins que rien et des rebus du concert des nations.

Les questions à nous demander, face à cette volonté irrésistible de la part de nos dirigeants de continuer à être esclaves, pour répéter Lesly François Manigat, sont les suivantes.

N’est-il pas temps de nous demander, où est donc passé notre souveraineté et fierté de peuple ayant fait l’œuvre la plus grandiose dans la quête de liberté des peuples, à savoir 1804 ? Quand est-ce que nos «laideurs» politiques se rendront à l’évidence que nos alliances avec les Blancs, depuis Toussaint n’ont jamais donné les résultats escomptés, du moins de notre côté ? Ainsi, malgré ses imperfections et la carence d’odeur de sainteté de tous ceux-là qui y ont adhéré, je soutiens l’Accord Montana. Car, si nous ne nous résolvons à trouver les voies et moyens pour nous mettre d’accord, au moins sur nos désaccords, pour sortir le pays du chaos, un jour comme aujourd’hui nous dirons : «Il était une fois Ayiti, jadis la Première République Noire du monde. Car le plan de nos soi-disant amis de la communauté internationale à notre égard, n’est rien dont aucun Ayitien authentique et qui se respecte serait fier.»

L’heure est donc de nous rallier autour de la table du dialogue national, en vue d’une solution inter-ayitienne à notre crise intestine qui dure déjà trop. Cependant, malgré cette volonté manifeste de ces foutus vendus sans prix, à maintenir tout un peuple à l’état d’esclavage et à l’écart des droits fondamentaux dont doivent jouir tout être humain, comme par exemple le droit à la santé, à l’éducation, au logement décent ainsi qu’à toute velléité d’oser aspirer à un lendemain meilleur, sa Blan an pa p rive konprann, c’est que: même l’Ayitien «ordinaire» est trop fier de Lui-même et de son Histoire, si glorieuse, bien restée raccrochée aux annales du passé, pour accepter sous quelque forme ou prétexte que ce soient, l’annexion.

Jean Camille Étienne, (Kmi-Lingus)

Architecte et master en Politique et Gestion de l’Environnement

20/12/2021

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