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16 jours d’activisme de Fanm Deside

Grâce au support de partenaires comme l’Ambassade de France, la Fondation Interaméricaine,
Développement et Paix, Voix et Leadership des Femmes (VLF), Fanm Deside a organisé des
activités de sensibilisation pour les 16 jours d’Activisme. Ces sensibilisations ont commencé le
jeudi 25 novembre 2021 et ont pris fin le vendredi 10 décembre 2021. Les sensibilisations ont été
organisées dans différents endroits et différentes communes du département du Sud-Est comme
Jacmel, Cayes-Jacmel et Marigot.
Des milliers de personnes, notamment des jeunes, ont été sensibilisées pendant ces 16
jours. Les activités réalisées sont au nombre de quatre. D’abord, nous avons l’ouverture des 16
jours, le 25 novembre, avec une journée portes ouvertes, une causerie dans les locaux de Fanm
Deside et une émission spéciale pour cette occasion. Ensuite, on a eu, le dimanche 28 novembre
2021, une grande rencontre à la Mairie de Jacmel, avec les hommes, sur la thématique des
violences basées sur le genre. La troisième activité de Fanm Deside a été réalisée de concert
avec l’artiste Jean Roosevelt, dans une grande sensibilisation de 2 jours, le mardi 30 novembre
2021 et le mercredi 1 er décembre 2021, à l’intention des élèves dans 3 communes du Sud-Est. La
dernière activité est la clôture des 16 jours, le vendredi 10 décembre 2021 à Marigot.
Lors de la conférence de presse, en début de matinée, la coordonnatrice de Fanm Deside,
Marie Ange Noël, a condamné les inégalités sociales existant dans le pays et les vagues de
déportation subies par les migrant(e)s haïtien(ne)s et demande à l’État d’assurer la sécurité et la
protection de la population, spécialement les femmes et les filles, de renforcer les institutions
comme la Justice et la Police, de contrôler et de prendre des mesures contre les institutions qui
renforcent les inégalités, de faire appliquer les lois et les politiques qui garantissent les droits de
la personne.
La causerie a été axée sur l’approche socioculturelle et juridique des violences de genre
avec les interventions d’Emmanuela Paul, féministe et sociologue, et de Me Rameau Colin,
avocat de Fanm Deside. Plus d’une centaine de femmes et de jeunes filles ont pris part à
l’activité. Lors des échanges, la sociologue a mis l’accent sur les pratiques socioculturelles, liées
au système de patriarcat qui instaure le cycle de la violence et ses systèmes de valeurs
symboliques qui accouchent les violences de genre. Elle a aussi expliqué comment l’emprise des
construits sociaux conditionnent les femmes à participer au cycle de reproduction de la violence.
Les violences de différents types vont, petit à petit, sans qu’on s’en rende compte, et les
habitudes vont grandir chaque jour pour devenir des coutumes. Pour sa part, Me Rameau Colin a
mis l’accent sur la volonté des femmes à poursuivre leurs agresseurs, alors qu’elles sont souvent
confrontées aux barrières traditionnelles, attestant que la place de la femme est auprès de son
mari ou conjoint. Alors que le fait de poursuivre un agresseur et de le faire condamner permet la
diminution du taux des violences.
Cette causerie a permis aux participantes d’avoir une meilleure compréhension de la
thématique des violences basées sur le genre et les stratégies à utiliser pour éradiquer ce fléau qui
représente un fardeau pour les femmes, les adolescentes et les filles.
C’était aussi l’occasion pour l’organisation Fanm Deside d’attirer l’attention des
hommes à travers le Court métrage de marionnettes qui dénonce les violences faites aux femmes
haïtiennes, TWA FÉY. Le film est réalisé par deux femmes, Eléonore Coyette et Sephora
Monteau. C’est l’histoire d’Esther, 6 ans, qui vit sa vie insouciante de petite fille, jusqu’à ce que
son père abuse d’elle. Une petite boîte apparaît alors dans sa vie et ne la quitte plus. Alors qu’elle
tente de s’en débarrasser, elle découvre alors celle de sa mère, mais celle-ci ne la voit pas,

jusqu’à sa rencontre avec Farah, sa codétenue en prison. TWA FÈY: c’est trois récits de femmes
qui explorent les racines de l’identité, de la résilience et de la sororité.
Les participants ont donné leurs opinions sur le film et ont approfondi notamment en
critiquant le rôle du voisinage, le manque de solidarité et d’entraide qui empêchent la diminution
de la violence sur les femmes. L’harmonie dans les familles est un facteur important aussi dans
la diminution des violences. La lenteur et le mauvais fonctionnement du système judiciaire
donnent aussi raison aux agresseurs qui continuent à perpétrer leurs forfaits, librement.
Ces échanges, avec Fanm Deside, ont permis aux participants de mieux connaître le
travail des organisations féministes et défenseures des droits de la femme et des filles, mais aussi
d’être de bons acteurs dans la lutte pour diminuer ce fléau qui gangrène la société. En effet, la
socialisation, notamment dans les écoles, dans l’église, dans la famille, dans les médias, à travers
les musiques dénigrantes, empêche certains de faire le dépassement et de considérer que la
femme a le même droit que l’homme, de faire le dépassement en arrêtant de chosifier la femme.
Ce dépassement va provoquer un changement de comportement, un changement
d’habitude, une autre qualité d’éducation pour corriger les vieilles mœurs ayant rapport aux
droits des personnes, spécialement aux droits des femmes.
«Jenerasyon 2020 ann pale» et «Ann angaje n nan lit pou derasinen vyolans k ap fèt
sou fanm ak tifi», ont été les principaux thèmes de cette sensibilisation. Plus de 1600 élèves du
Nouveau Secondaire ont été sensibilisés aux enjeux de la violence et les aspects tendances qui
incitent les jeunes à la débauche et à la délinquance. Dans les médias et les réseaux sociaux
notamment, il y a des musiques qui dénigrent les femmes et les jeunes. C’est dans cette optique
que Fanm Deside a mis un point d’honneur pour attirer l’attention des élèves sur l’importance de
l’éducation et des bonnes pratiques, en vue d’un meilleur demain. «Ou Paka Mete Filtè Sou
Lekòl» est le leitmotiv de l’artiste Jean Jean Roosevelt pour montrer aux jeunes que l’éducation
est la clé, que le paraître ne dure qu’un temps.
Les jeunes ont aussi opiné sur la problématique, et l’échange a été très positif. Ils ont fait
remarquer que les jeunes de cette génération qu’on dénigre sur les différents réseaux sociaux ont
de grandes qualités. «Notre façon de nous habiller ne définit pas comment nous sommes, nous
sommes conscient (e)s du problème. C’est notre devoir de travailler dur à l’école pour assurer
notre avenir et celle de notre pays», ont-ils martelé. Fanm Deside va continuer ces séries de
sensibilisation avec les jeunes, notamment les filles, pour qu’elles puissent connaître les
violences de différents types qu’elles peuvent subir et surtout les dénoncer.
Parallèlement, pour célébrer la Journée internationale de la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme (DUDH), le vendredi 10 décembre 2021, l’organisation de la Société Civile a
ficelé les 16 jours de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles avec une
conférence-débat dans les locaux de la Salle Polyvalente à Marigot, avec la participation d’une
quarantaine d’acteurs et d’actrices venant de différentes institutions.
Cette activité s’est déroulée sous le thème de l’égalité, l’inclusion et le respect de la
personne, comme éléments préventifs de conflits, avec l’intervention de Lucia Antoine,
Responsable d’animation dans l’organisation, suivie de Me Frantz Comonce, Avocat du Barreau
de Jacmel, professeur, spécialiste en droits humains, coordonnateur du Bureau d’Assistance
Légale (BAL) et animée par Marie Julie Deronneth, Point Focal de Fanm Deside à Marigot.
Le thème retenu pour la journée mondiale des droits de la personne pour cette année est
l’égalité, faisant référence à l’Article 1 de la Déclaration Universelle des droits humains. «Tous
les êtres humains naissent libres et égaux, en dignité et en droits» et le slogan pour cette année

est aussi « Tous humains, tous égaux». C’est pourquoi Lucia Antoine mit aussi l’emphase sur le
sexe en disant que la loi ne fait pas de différence de sexe, en matière de droits humains.
En effet, si autrefois, il y avait une loi discriminatoire, par rapport aux cas d’adultère
notamment, cette loi a été abrogée et la définition du cas d’adultère prévaut pour les deux sexes
nous dit Lucia Antoine. Me Frantz Comonce, pour sa part, a montré que le pays a une population
jeune majoritairement ; ces jeunes de 20 à 40 ans dépendent toujours de leurs parents et sont le
plus souvent utilisés à des fins politiques, notamment pour alimenter l’insécurité. L’égalité des
chances pour les jeunes des deux sexes est un facteur important, permettant de prévenir les
conflits parce qu’il y a beaucoup d’exclusion et de persécution dans notre société, nous dit Me
Comonce.
Certains participants ont donné leur opinion, notamment sur la création d’un ministère de
la famille permettant de plus sensibiliser les familles sur les violences basées sur le genre. Cette
dernière activité compte parmi les différentes autres réalisées par l’organisation, durant la
période des 16 jours d’activisme et Fanm Deside va toujours continuer à sensibiliser les gens,
afin d’éradiquer le fléau de violence sur les femmes et les filles dans la société.
Smith Prinvil

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