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Le ras-le-bol des syndicalistes et du gouvernement

Le Premier Ministre haïtien, M. Ariel Henry, dans son discours d’investiture des membres du
nouveau gouvernement, a annoncé des dispositions sévères dans les prochains jours. En dépit de
la conjoncture déjà très difficile pour les entrepreneurs, les opérateurs économiques et les
citoyens en général, le Premier Ministre est convaincu qu’une relance de l’économie passe par
une hausse des impôts et la fin des subventions sur les produits pétroliers. Par ailleurs, le secteur
syndical, à travers la Confédération des travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé
(CTSP), la Confédération des travailleuses et travailleurs haïtiens (CTH), la Centrale nationale
des ouvrières et ouvriers haïtiens (CNOHA) et Entèsendikal premye me batay ouvriye (Espm-bo)
réclame un ajustement du salaire minimum en faveur des travailleuses et travailleurs, dans le
contexte actuel en Haïti.
Le chef de l’Exécutif, à demi-mots, a confirmé la fin des subventions qui ont fait perdre
39 milliards de gourdes à l’État, au cours du précédent exercice fiscal. Il dit vouloir à tout prix
éviter un déficit de 60 à 90 milliards de gourdes, en 2022. La hausse des prix est inévitable et le
Premier Ministre brandit la menace d’une incapacité d’importer des produits pétroliers, si aucun
ajustement des prix n’est appliqué.
Parallèlement, les organisations syndicales se sont dit grandement préoccupées par la
dégradation accélérée et effrénée de la situation du pays. À cet effet, elles réclament un
ajustement salarial pour tous les ouvriers. «Depuis au moins deux ans, il n’y a aucun ajustement
du salaire minimum, en violation de l’article 137 du Code du travail qui prévoit un ajustement de
salaire, chaque fois que le taux d’inflation atteint le seuil de 10%, alors que sur les deux dernières
années, le taux d’inflation dépasse la barre de 30%», critiquent-elles.
Le salaire minimum en vigueur varie entre 250 et 550 gourdes, dépendamment du
segment considéré. Le salaire minimum pour les ouvriers de la sous-traitance est fixé, en 2019, à
500 gourdes contre 420 gourdes en 2018. Les organisations syndicales fustigent les organes
publics de sécurité sociale, qui sont dysfonctionnels, et l’indifférence du Ministère des Affaires
Sociales et du Travail (MAST), par rapport à sa mission dans le domaine social. En outre,
beaucoup de travailleurs et de travailleuses subissent de mauvaises conditions de travail, sont
suspendus et révoqués de manière arbitraire, ont fait savoir ces organisations syndicales.
Face à cette situation, les organisations syndicales préconisent, de manière urgente, une
négociation entre les concernés, sur l’ajustement du salaire pour les travailleurs. Elles appellent le
gouvernement à effectuer une inspection générale du milieu du travail haïtien et à appliquer la
loi, face au cas de violation, et à rendre fonctionnels et efficaces les organes de sécurité sociale, notamment la structure du Conseil d’administration des organes de sécurité sociale (CAOSS) et
le Conseil supérieur des salaires (CSS).
Altidor Jean Hervé

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