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Massacre: la Police ou escadron de la mort

Le principe veut que : «dan pouri gen fòs sou bannann mi». Ils prennent la poudre d’escampette face aux bandits armés qui mettent toujours aux défis ces policiers fripouilles qui exécutent des innocents. En effet, des agents spécialisés ont lancé un assaut sur un groupe de jeunes participant, le mardi 21 au soir, à une séance de prise de vue pour la sortie d’un clip. Ils ont brutalement réagi dans le périmètre de la scène, en exécutant plusieurs jeunes artistes qui, selon des témoins, utilisaient pour les besoins du tournage des armes à feu factices.

Le quartier de Ravine-à-Pintade, limitrophe à l’avenue Poupelard, s’est réveillé dans l’émoi, après l’assassinat de plusieurs jeunes artistes par la police. Un tournage d’un clip de plusieurs jeunes artistes a tourné au drame. Selon les informations, 11 jeunes rappeurs ont été tués pendant le montage d’une vidéo de «Rap-Kreyol» à Ravine-Pintade, non loin de Lalue (Port-au-Prince). «Pendant la vidéo de leur musique intitulée « Arsenal », le producteur de la vidéo a apporté des armes en plastique, pour la réalisation de cette vidéo. Et un back-up de la Police est arrivé et, sans poser de questions, a ouvert le feu», explique l’un des rappeurs, sauvé de justesse.

Critiquant l’opération policière qui a coûté la vie de plusieurs jeunes rappeurs du groupe, ces jeunes exigent justice, tout en annonçant une marche pacifique. «La police sait déjà où se trouvent les hommes armés (bandits). Nous, on est des rappeurs… Tous les rappeurs haïtiens sont invités à une marche pour dénoncer la brutalité policière et demander justice pour les rappeurs assassinés.»

Précisons que, dans la vidéo: «Arsenal», ces jeunes rappeurs expliquent le fonctionnement des gangs, leurs différentes armes à feu, et leur mode de fonctionnement. Ils étaient munis des armes de gros calibre, en plastique, pour présenter l’Arsenal de ces groupes armés dans la vidéo, selon un membre du groupe.

Selon des assistants, la Police nationale d’Haïti (PNH) est intervenue dans la soirée du mardi, pendant les séances de prise de vue, pour interrompre, avec violence, la scène. Ils ont dégainé leurs armes et visé les initiateurs de l’activité, sur la base de possession de matériels de guerre et de liaison à un gang. Certains résidents de la zone ont fait savoir qu’une dizaine de jeunes artistes ont été exécutés par les forces de l’ordre, tandis que d’autres parlent de deux. D’autres participants sont sortis blessés et reçoivent des soins que nécessite leur cas. Le motif de cette intervention violente serait lié à la présence d’armes sur les lieux du tournage, a indiqué la porte-parole de la police haïtienne qui n’a pas voulu donner trop d’explications sur ce drame. Cependant, les armes signalées n’ont pas été authentifiées. Pour les témoins, ce ne sont que des fusils artisanaux, devant servir à illustrer certains aspects de la chanson, rapportent d’autres assistants. Accusée d’avoir orchestré une tuerie à la Ravine-Pintade (Lalue), dont plus de 11 jeunes ont été tués innocemment, selon des témoignages, la Police apporte des précisions, et ne dément pas, toutefois, les informations.

Précisant, que la Police a été informée qu’il y avait des hommes armés à Ravine-Pintade. Un back-up est arrivé sur les lieux et a entendu des tirs. «Les policiers appellent au renfort et ouvrent le feu sur ces jeunes armés», précise la porte-parole de la Police Nationale d’Haïti, Marie M. Verrier. Toutefois, la PNH affirme qu’un juge de paix a fait le constat légal des armes et que seule une enquête peut définir si les armes étaient fausses ou pas, a lamenté Marie M. Verrier, la porte-parole de la PNH.

Emmanuel Saintus

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