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Justice: des têtes sont mises à prix

Le lundi 30 août 2021, le ministre de la Justice, Rockfeller Vincent, a fait savoir qu’une prime de 4 millions de gourdes sera accordée à toute personne qui permettrait l’arrestation des hommes d’affaires, Rodolphe Jaar et Samir Handal, tous deux sous le coup d’un mandat d’arrêt. Il a fait cette annonce sur son compte twitter.

De plus, le jeudi 26 août, le ministre avait promis qu’une récompense de 6 millions de gourdes serait versée à quiconque aidera la police à capturer trois autres fugitifs importants: l’ancienne juge de la Cour de Cassation, Wendelle Coq Thélot, l’ex-sénateur John Joël Joseph et le fonctionnaire de l’Unité de Lutte contre la Corruption, révoqué, Joseph Félix Badio, qui, à entendre les responsables, apparaissent comme les principaux donneurs d’ordres, dans le cadre de cette affaire.

D’ores et déjà, cette intervention du ministre de facto, Rockfeller Vincent, est considérée comme une tentative d’ingérence et vivement critiquée, alors que l’instruction du dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse vient d’être confiée au juge Gary Orélien.

Le juge d’instruction Garry Orélien, opérationnel 

Bernard Sainvil, le Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, a confirmé que le juge Garry Orélien, chargé d’instruire le dossier de l’assassinat du Président Jovenel Moïse, est doté des moyens nécessaires pour débuter l’enquête. Il a reçu, vendredi, (27 août) les clés de son bureau et un véhicule, alors que sa sécurité a été renforcée, a expliqué le doyen Bernard Sainvil. Les auditions concernant le dossier de l’assassinat de l’ex-président Jovenel Moïse devraient démarrer, d’ici la semaine prochaine.

Le président de l’un des syndicats de juges, le magistrat Jean Wilner Morin, doute que l’enquête judiciaire sur l’assassinat du président Jovenel Moïse sera efficace. Le magistrat argumente ses préoccupations en attirant l’attention sur l’inexpérience du juge instructeur désigné, M. Garry Orélien. Il justifie ses appréhensions en faisant valoir que le juge Orélien est un néophyte, qui, un an après sa nomination, n’a toujours pas instruit la moindre affaire. Confier un dossier aussi important, à un juge qui n’a pas l’expérience des dossiers de corruption et de lutte contre la drogue, s’apparente à un coup de poker, de l’avis de maître Morin. Il tempère toutefois ses propos, estimant que le doyen du tribunal de Première Instance de Port-au-Prince peut servir de coach au juge instructeur. C’est à ses yeux la seule chance pour que l’enquête de l’ex-substitut du commissaire du gouvernement de Saint-Marc ne soit pas bâclée.

Il rappelle que le doyen Bernard Saint-Vil est réputé pour son expérience et sa compétence. Le pays attend qu’une enquête sérieuse, équilibrée, éclairée et scientifique soit réalisée, prévient le président de l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH). M. Morin se défend de critiquer un collègue mais soutient qu’il entend insister sur les critères indispensables d’une bonne enquête. Il soutient que le juge instructeur en charge de ce dossier doit être parmi les plus capables, les plus chevronnés et les plus crédibles.

Emmanuel Saintus

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