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Qui dirige la République aujourd’hui?

Le dialogue entre les acteurs pour parvenir à un accord politique, à la suite de l’assassinat du dictateur Jovenel Moïse, a été encouragé par la délégation américaine venue en Haïti. La porte-parole du Conseil national de sécurité, Emily Horne, dans un communiqué de presse publié le lundi 12 juillet, a fait état de la rencontre qui s’est déroulée entre la délégation venue de Washington et les principaux leaders qui se disputent la façon de combler la vacance présidentielle, à la suite de l’assassinat du président de facto haïtien, Jovenel Moïse, le 7 juillet.

«La délégation a également rencontré le Premier ministre par intérim, Claude Joseph, et le Premier ministre désigné, Ariel Henry, lors d’une réunion conjointe, ainsi que le président du Sénat, Joseph Lambert, afin d’encourager un dialogue ouvert et constructif pour parvenir à un accord politique permettant au pays d’organiser des élections libres et équitables», a-t-elle affirmé dans ce communiqué.

Le vendredi 9 juillet 2021, le Sénat avait adopté une résolution (8 voix pour, 2 abstentions) désignant le Président de la Chambre haute, le Sénateur Joseph Lambert, comme Président Provisoire d’Haïti, jusqu’à l’entrée en fonction du Parlement, le deuxième lundi de janvier 2022, d’un nouveau président élu, le 7 février 2022. Réagissant à cette désignation sur son compte twitter officiel, le Sénateur Lambert a écrit:«J’ai compris la résolution des Sénateurs. J’exprime mon humble reconnaissance aux institutions politiques qui me soutiennent. Je leur dis sincèrement merci. J’espère rencontrer beaucoup d’autres encore pour réouvrir la voie de l’alternance indispensable à la démocratie.»

Notons que le même jour, une partie de l’opposition dont notamment INITE, DIRPOD, FUSION et PHTK et alliés ont signé un accord, confirmant qu’ils ont fait choix de Joseph Lambert comme Président provisoire d’Haïti, «dans l’esprit de l’article 149 de la Constitution». Sauf que dans l’article 149 de la Constitution amendée de 1987, il n’est nullement fait état de cette possibilité. De leur côté, Fanmi Lavalas et «Pitit Dessalin», qui n’ont pas signé cet accord, ont l’intention de présenter leur propre initiative pour combler le vide présidentielle… De son côté, le Secteur Démocratique et Populaire (SDP) appelle au départ de Claude Joseph de la Primature, le plus vite possible. Pour le Secteur Démocratique et Populaire, la présence de Claude Joseph à la Primature, quatre jours après l’assassinat du Président Jovenel Moïse, est tout simplement inacceptable. Dans une note de presse en date du dimanche 11 juillet 2021, cette structure a fait savoir que Claude Joseph, qu’elle voit comme un «usurpateur de titre», doit quitter immédiatement la Primature car ce dernier «n’a ni droit ni qualité.» De l’avis du Secteur Démocratique et Populaire, l’exécution facile du Président Jovenel Moïse, chez lui, sans aucune résistance, est l’expression de la faillite du Conseil supérieur de la Police Nationale (CSPN), dirigé jadis ad intérim par ce même Claude Joseph.

«La course malsaine au Pouvoir dans laquelle se sont lancés Claude Joseph, Laurent Lamothe, Léon Charles et la frange la plus rétrograde du secteur Économique, en dit long sur l’identité des vrais auteurs de l’assassinat crapuleux du président de facto, Jovenel Moïse», se doute-t-il, précisant que ce coup d’État ne passera pas. Dans ce document signé par les anciens parlementaires Ricard Pierre, Nenèl Cassy, Anthonio Chéramy, et les Porte-parole Marjory et André Michel, le Secteur Démocratique et Populaire avance également que l’arrêté présidentiel, publié en date du 5 juillet 2021, nommant un autre Premier Ministre, emporte automatiquement la révocation de Monsieur Joseph comme premier ministre a. i.

En ce sens, il lui est impossible de décider, au nom de la République, et de surcroît, le dernier arrêté consacrant ce que cette structure politique appelle un coup d’État, est nul et de nullité radicale, notamment l’état de siège.

«Le Secteur démocratique et Populaire appelle à la mobilisation de toutes les couches sociales de la Nation pour faire échec au coup d’État de Claude Joseph, Laurent Lamothe et Consorts» en soulignant que l’assassinat du Président Jovenel Moïse, en sa résidence privée, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, a plongé le pays dans une situation exceptionnelle et qu’il n’y a pas de provision Constitutionnelle pour faire face à la situation actuelle.

Emmanuel Saintus

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