" "
acceuilActualité

Un évènement de très mauvais augure…

La frénésie de Jovenel Moïse pour organiser le référendum et les élections relève d’un état d’esprit très difficile à cerner, même pour des professionnels. Il veut tout, et, fort souvent, il passe outre les procédures pour les avoir.

«Garder le pouvoir par tous les moyens» est le seul souci du régime PHTK. Le pays est dirigé pendant 10 ans par ses voyous et ils pensent qu’ils n’ont aucune limite. Le pays est vassalisé culturellement, économiquement, socialement et politiquement, au cours de ces dix ans du régime corrompu PHTK.

Mais les États-Unis pourront-t-ils sauver le régime PHTK? Rien n’est moins sûr. La population haïtienne est prête à se battre, si ce n’est déjà fait. La résistance reste la seule entité à pouvoir libérer le pays du joug du régime Jovenel. En effet, lors d’une résolution, en date du jeudi 20 mai 2021, les Eurodéputés ont invité «le gouvernement haïtien à respecter la Constitution haïtienne de 1987, en particulier son article 284-3». L’article 284-3 est celui qui interdit formellement toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie référendaire.

Dans les autres points, les députés européens ont abordé notamment la question de la sécurité et de la violence, exhortant les autorités haïtiennes à y mettre fin, ainsi que de la corruption, réclamant un audit des fonds accordés par l’Union, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. La résolution souligne également que l’échec des élections en octobre 2020 a amené un régime de gouvernement par décrets, et que les rumeurs de coups d’État manqués traduisent une instabilité politique et sociale croissante dans le pays. L’opposition politique et les groupes de la société civile affirment que le mandat du Président Jovenel Moïse a pris fin le 7 février 2021, conformément à la position du Conseil Supérieur de la Magistrature d’Haïti, et insistent sur la nomination d’un Président provisoire. Cependant, le Président Moïse refuse, jusqu’à présent, de démissionner.

" "

Les députés réaffirment également leur profonde préoccupation, face à la détérioration de la situation humanitaire, politique et en matière de sécurité en Haïti. Ils condamnent fermement toutes les violations des droits de l’homme et tous les actes de violence, en particulier l’augmentation des enlèvements, de la traite des enfants vers la République dominicaine, des homicides et des viols.

En dépit du fait qu’une partie de la communauté internationale, l’Union Européenne, la France, le Canada, ait pris ses distances par rapport au référendum constitutionnel de Jovenel Moïse, les Nations-Unies, à travers l’UNOPS, soutient le processus par un appui technique.

L’administration américaine persiste et signe quant à l’organisation des élections générales et le maintien d’un climat politique apaisé en Haïti, avant l’année 2022. Le 18 mai dernier, la sous-secrétaire hémisphérique du département d’État américain, Julie Chung, a renouvelé la position des États-Unis par rapport à la crise politique à dénouer. «De nombreuses voix […] affirment qu’Haïti a besoin d’un gouvernement de transition pour remettre le pays sur la voie de la démocratie. Cela peut être une idée tentante. Mais qui seraient ces gens ? Comment seraient-ils choisis ? À quels électeurs rendront-ils des comptes ? […] Quelle loi déterminerait leur mandat ? Un gouvernement de transition empêcherait-il un nouveau chaos ? […] Nous avons appris qu’il n’y a pas de raccourcis pour bâtir une démocratie résiliente et durable», a déclaré, dans un discours préenregistré, la secrétaire d’État adjointe, Julie Chung.

Dans la foulée des dénonciations, les lignes ont très peu bougé et l’appréciation de la situation d’Haïti par les Américains s’exprime par des positions controversées, lit-on dans un message officiel du Département d’État américain. En réaction, des politiques ont rejeté d’un revers de main l’appel des autorités américaines à l’organisation des élections durant l’année 2021, en dépit d’un contexte social-politique dégradé. Pour l’ancien sénateur de l’Ouest, Steven Irvenson Benoît, la population n’a pas à s’incliner devant les États-Unis d’Amérique. Techniquement, il estime que l’organisation des élections est impossible. Lecture similaire d’une formation politique de l’opposition à propos de la crise. L’un des dirigeants de l’Organisation du Peuple en Lutte, Jean Acclush Louis-Jeune, ne voit pas de surprise dans la sortie de la responsable hémisphérique du Département d’État américain. Il encourage la population à se mobiliser pour faire échec aux initiatives du gouvernement de facto. Sur le même volet, le porte-parole de l’organisation «Fanmi Lavalas» dénonce l’intervention de Julie Chung, qualifiée d’ingérence. Il a dénoncé des positions racistes et rétrogrades contre la nation haïtienne. Jodson Dirogène considère scandaleux les propos rapportés par Julie Chung, à travers un message publié sur le site officiel de l’ambassade américaine. Il appelle à une prise de conscience collective, susceptible de renverser le statu quo de la domination étrangère.

Par ailleurs, le mardi 18 mai, Jovenel Moïse a confirmé la tenue des élections cette année, en vue du renouvellement du personnel politique. Il a affirmé qu’il ne sera pas candidat et que le pouvoir sera transmis à un président élu et rejette toute transition.

Emmanuel Saintus

Articles Similaires

Back to top button

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker