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Le régime va droit vers son autodestruction

La population haïtienne, dans diverses régions du pays, a réitéré, dans un message à l’adresse des autorités de facto, leur détermination à «riposter aux provocations par des provocations, aux destructions par des destructions, et à la terreur par la terreur».

Quiconque prétend être du côté de la Population, devra soutenir la Résistance. Quiconque renie la Résistance n’est pas avec le peuple haïtien. L’opposition rejette la proposition d’un Gouvernement d’Union Nationale avec Jovenel Moïse. « […] rejette l’appel lancé par Monsieur Claude Joseph pour la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale avec Jovenel Moïse. Ni référendum, ni élection avec Jovenel Moïse», a déclaré le Secteur de l’opposition Démocratique et Populaire.

Entre temps, le samedi 15 mai, une seconde cargaison de matériels pour le référendum et les élections, est arrivée. Le premier lot non sensible comprenait 2 000 téléphones intelligents pour la transmission rapide des résultats, et des matériels informatiques pour le Centre de Traitement des votes. Le second lot sensible contenait des documents destinés à la formation.

De plus, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) lance trois journées de formation sur la planification stratégique et opérationnelle, à l’intention des membres des organes déconcentrés des onze juridictions électorales.

La donne se complique pour Jovenel Moïse qui entend réaliser, coûte que coûte, son référendum constitutionnel et les élections pourries. La délégation du Conseil électoral provisoire (CEP), qui tentait d’atterrir en catastrophe dans diverses villes en Haïti, a dû quitter, par crainte d’avoir à subir la colère de la population. La propagande pour réaliser le référendum et les élections n’a aucune chance de réussir.

L’économiste et statisticien, Thomas Lalime, a révélé que la population en âge de voter oscille autour de 7,3 millions. M. Lalime a dit avoir obtenu ces données des documents publiés par l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI). Ces données résultent des recensements et des estimations publiées par cet organisme étatique. M. Lalime rejette les affirmations des autorités gouvernementales laissant croire que la population en âge de voter serait proche des enregistrements de l’ONI. Les enregistrements de cartes d’identification nationale sont de 4,5 millions. De l’avis de M. Lalime, ces statistiques sont inférieures aux estimations de 2003, qui étaient de 4,6 millions.

En 2015, les statistiques de l’IHSI, non publiées officiellement, font état de 6,2 millions et en 2020 plus de 7,2 millions de personnes de plus de 18 ans. Le professeur Lalime indique que les recensements prouvent une croissance annuelle de 100 000 personnes par an. Il estime donc que la population en âge de voter en 2021 est de 7,3 millions. Il qualifie de violation des droits humains, tout processus qui priverait des millions de citoyens de leur droit politique. Que des officiels puissent affirmer que l’on ignore la taille du corps électoral en Haïti est un fait que l’économiste Thomas Lalime juge inconcevable. Pire encore, il considère cela comme un affront contre l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) qui existe depuis 70 ans. «L’IHSI effectue régulièrement des estimations précises de la population haïtienne par tranche d’âge, donc le nombre d’électeur est connu. Les derniers chiffres disponibles faisaient état de près de 7,3 millions de citoyens en âge de voter en 2020.» Avec la clôture prématurée du registre référendaire, le professeur Lalime estime que 3 millions d’électeurs ne seront pas consultés le 27 juin. Ce qu’il juge inacceptable dans un pays qui se prétend une démocratie. Quelle peut être la raison de cette décision? Sur ce point, l’économiste, qui réside au Canada, juge que la précipitation et l’improvisation, qui caractérisent l’organisation du référendum, sont la preuve que les autorités ne prennent pas le processus au sérieux. «Si l’on veut que le processus soit inclusif, tout le monde doit pouvoir faire entendre sa voix», insiste Thomas Lalime, docteur en économie et analyste à Statistique Canada.

Entre temps, le gouvernement de facto maintient le cap sur l’organisation des prochaines élections et du référendum constitutionnel, a déclaré Claude Joseph. Le premier ministre a. i. de facto, Claude Joseph, a fait savoir qu’il n’a jamais évoqué la possibilité pour le pouvoir en place de surseoir à l’organisation du référendum constitutionnel et aux élections présidentielles, législatives et municipales, afin de faciliter le dialogue avec l’opposition. Il a confirmé que l’administration Moïse/Joseph maintient le cap sur l’organisation des prochaines élections et du référendum constitutionnel, comme les deux chantiers principaux du président. Toutefois, le chef du gouvernement, lors de sa visite au niveau des institutions telles que le Conseil électoral provisoire, l’Office National d’Identification et le Comité Consultatif Indépendant, qui ont un rôle à jouer dans la réalisation des élections et du référendum, avait indiqué «qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour Haïti». À travers cette déclaration, il voulait préciser que le président est toujours ouvert au dialogue. Il poursuit en rappelant que cela a toujours été la position du président Jovenel Moïse qui n’a de cesse d’inviter l’opposition au dialogue. Toujours selon Ti Claude Joseph, la décision du président Jovenel Moïse de ne pas nommer un nouveau chef de gouvernement définitif, en remplacement de l‘ex-premier ministre Joseph Joute, témoigne du fait qu’il priorise le dialogue, afin de désigner un nouveau premier ministre.

Par ailleurs, dans un communiqué de la Primature, Claude Joseph a fait savoir, qu’à l’instar du Président de la République, le chef du gouvernement ad intérim a eu à affirmer «qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour sortir Haïti de l’impasse politique qui entrave son développement socio – économique depuis des années. Mais cela ne saurait en aucun cas remettre en question le processus électoral qui est irréversible.» «Il est tout aussi essentiel que le peuple haïtien puisse se prononcer à la date prévue sur le référendum constitutionnel car c’est le propre d’une démocratie de permettre au peuple de trancher sur des questions cruciales qui engagent son destin, loin des tractations et manœuvres politiciennes», a-t-il poursuivi.

Emmanuel Saintus

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