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Référendum: la bataille est dangereuse

Le BINUH et l’UE ont pris leur distance par rapport à la question de Référendum de Jovenel Moïse mais, ce dernier persiste et signe. Jovenel va à la guerre et il y va, totalement largué par les siens. Il y a d’abord le duo BINUH-UE qui le boude, mais également certains dirigeants et alliés du PHTK qui ne voient pas de bon œil le référendum constitutionnel de Jovenel Moïse. De plus, 68 «congressmen» américains demandent à l’administration de Biden de ne pas fournir d’aide financière et technique à la réalisation du référendum constitutionnel en Haïti. Ils mettent en garde le Département d’État contre tout soutien financier à l’OEA et à l’ONU, en vue du référendum. Les représentants Gregory W. Meeks, président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre, et Hakeem Jeffries, président du Caucus démocrate de la Chambre, ont codirigé une lettre au secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, encourageant les États-Unis à réévaluer leurs politiques en Haïti.

«Ecoutez les voix de la société civile haïtienne et des organisations de base, qui ont clairement indiqué qu’aucune élection sous l’administration actuelle en Haïti ne sera libre, équitable et crédible. Le Département d’État devrait plutôt se concentrer sur les questions de légitimité démocratique, sous-jacentes, identifiées par la société civile haïtienne et soutenir un processus de changement dirigé par Haïti. Les élections tenues, sans respecter les normes internationalement acceptées en matière de participation et de légitimité, ne feront que saper davantage la foi dans la gouvernance démocratique, gaspiller des ressources limitées et perpétuer un cycle d’instabilité politique et de violence», ont écrit les responsables.

En poursuivant de tels actes, le régime de Jovenel Moïse se rapproche de plus en plus de l’effondrement, d’autant que tout est réuni pour l’effondrement du régime. La révocation de l’ex-premier ministre de facto, Jouthe Joseph, témoigne du haut niveau de tension interne. Jovenel Moïse est pointé du doigt, il peine à reconnaître sa défaite, la crise s’éternise et les risques d’une guerre civile augmentent.

De plus, le jeudi 22 avril, une forte délégation composée du ministre de la Défense, du ministre délégué chargé des Questions Électorales, du directeur exécutif du Conseil Électoral Provisoire, du directeur général de la PNH, de la Cellule de Sécurité Électorale, des représentants du Programme des Nations Unies pour le Développement et du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets, s’est rendue à l’ex-base logistique de la MINUSTAH (Log base) afin d’identifier un site national d’entreposage du matériel électoral sensible et non sensible. Ce site va aussi abriter la base opérationnelle de l’Ouest 2. Le site choisi est du côté de la zone PNH. Dans la même lignée, le vendredi 23 avril, Richardson Dumel, le directeur de Communication du Conseil électoral Provisoire, a fait part de la fermeture du registre référendaire, le lundi 26 avril à minuit, invitant les citoyens à entamer le processus pour l’obtention de leur carte d’identification nationale, pour pouvoir participer au référendum.

L’ancien président de la Commission de la réforme constitutionnelle à la Chambre des Députés, Jerry Tardieu, exige l’annulation du référendum de Jovenel Moïse. Dans un point de presse, donné le 21 avril 2021, l’ancien député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu, a pris soin de démontrer comment le processus de référendum de Jovenel Moïse était illégitime, impopulaire et surtout bancal, sur le fond comme dans la forme. En effet, l’ancien président de la réforme constitutionnelle de la 50e législature, Jerry Tardieu, a précisé que toute initiative visant à réviser la loi-mère, sans un consensus national avec les secteurs organisés de la société et les forces politiques, était vouée à l’échec. Presque au même moment, lors d’une conférence-débat organisée par le Barreau des Avocats de Port-au-Prince, «sur la problématique des changements constitutionnels», à l’hôtel Montana, des ténors du Barreau et des experts en droit public tiraient à boulets rouges sur le projet de Jovenel Moïse, d’organiser un référendum pour doter le pays d’une nouvelle constitution. Parmi les plus cinglants, figure l’ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Bernard Gousse, qui considère ce projet de référendum comme «un enfant qu’on voudrait faire au peuple, mais dans son dos».

Emmanuel Saintus

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