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Les activités culturelles dans les quartiers populaires et populeux

Les activités culturelles n’ont pas toujours la même signification. Le territoire ou le lieu où se déroule une activité culturelle, lui donne un sens particulier. Ainsi, la réalisation des activités culturelles, dans les quartiers populaires et populeux, a un sens particulier, et le contrôle de ces activités fait l’objet d’un débat Qui contrôle donc ces activités?

Les quartiers populaires et populeux sont communément appelés bidonvilles, en raison de certaines caractéristiques. En effet, ils sont réputés pour leur densité par habitant (surpopulation), leur insalubrité, la violence des gangs ou la criminalité, la construction anarchique, un bas niveau d’instruction et l’absence des équipements sociaux de base, tels les écoles de qualité, les espaces de loisirs, les bibliothèques, etc. C’est cet ensemble de caractéristiques, et surtout le contrôle des gangs qui suscite à l’analyse de ses activités culturelles.

D’abord, par activités culturelles, on entend l’organisation d’un festival, d’une conférence, d’un salon, d’un colloque, d’un spectacle d’arts vivants, d’expositions aussi, etc. En fait, eu égard à l’organisation sociale de ces quartiers, à l’absence des agents de la sécurité publique, et de fait, ces quartiers sont quasiment administrés par des groupes armés. Ainsi, pour organiser une activité culturelle, un contrôle strict veut être réalisé par les groupes armés. En réalité, il y a toujours une tentative de contrôle. Pourquoi?

Les activités culturelles ont, par essence, le critère du public, ce pour dire que la réunion de personnes constitue les fondements de toute activité culturelle. Ainsi, dans les quartiers populaires et populeux: Cité-Soleil, Canaan, Bel-Air, Village-de-Dieu, Grand-Ravine et Delmas 2, les groupes armés veulent systématiquement contrôler ces activités parce que, d’une part, elles réunissent beaucoup de personnes et, d’autre part, ces activités sont réputées d’être organisées par des intellectuels. De fait, la culture est une affaire de gens éduqués, dans l’imaginaire des gangs armés.

Et pour finalement légitimer leurs actions sur la culture, les gangs armés organisent régulièrement des activités culturelles, entendons plutôt des activités de performance d’artistes et de Disc-jockeys, au regard du critère de public, pour faire passer leurs messages et pour donner l’idée de se préoccuper des loisirs de la population du territoire en question. Ensuite, pour montrer leur inquiétude face aux gens qu’ils considèrent comme éduqués, dans une perspective d’intimidation, ils veulent s’informer de toute activité culturelle. Ils veulent donner leur autorisation, connaître son bien-fondé et éviter qu’une activité concurrente ne coïncide avec la tenue de leurs activités. Mais il existe aussi des gangs armés qui, une fois assurés de contrôler un territoire, laissent l’organisation libre à des activités culturelles.

En conclusion, il faut une grille de lecture ou d’analyse propre aux activités culturelles, dans les quartiers populaires et populeux. Cet article veut donc vous permettre d’entrevoir ce qui se cache derrière les activités culturelles dans ces quartiers pauvres.

Savez-vous pourquoi les gangs armés organisent toujours des activités culturelles?

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

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