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Rebond du dossier du juge Yvickel Dabrésil

Accusé à tort, par le gouvernement de facto de complot contre la sûreté de l’État, de tentative de coup d’État et de tentative d’assassinat sur la personne de Jovenel Moïse, le désormais ex-juge de la Cour de Cassation, Yvickel Dieujuste Dabrésil, continue de clamer haut et fort son innocence. À sa sortie du cabinet d’instruction, le jeudi 11 février, et après avoir passé plusieurs nuits en prison, le magistrat de la plus haute instance judiciaire du pays a affirmé que les accusations dont il fait l’objet sont des mensonges.

Parallèlement, la commune de Carrefour connaît, depuis un certain temps, plusieurs journées de mobilisation pour exiger la libération des deux policiers attachés à la sécurité du juge Dabrésil. Du 11 février au jeudi 18 février, des manifestants ont gagné les rues, érigé des barricades, paralysant ainsi les activités pour forcer les autorités à entendre leurs voix.

À sa sortie de prison, après cinq jours de détention, le juge Dabrésil a tenu à remercier tous ceux qui l’ont soutenu: «Merci à tout le monde. Merci. Je crois en la justice de mon pays. Cependant, ceux qui étaient avec moi doivent être aussi libérés, c’est ce qui rendra la justice plus indépendante. Tout ce dont on m’accuse est faux, et tout le monde le voit», avait déclaré brièvement le juge Yvickel Dabrésil, avant de monter à bord d’un véhicule pour rentrer chez lui.

Après avoir auditionné Yvickel Dabrésil, le juge instructeur du tribunal de première instance de Croix-des-Bouquets, Ivelt Petit-Blanc, s’est déclaré incompétent pour entendre cette affaire. Affirmant que, selon l’alinéa 4 de l’article 186 de la Constitution qui lui a servi de motif à l’ordonnance, Yvickel Dabrésil, étant un juge de la Cour de Cassation, il n’est passible que devant la Haute Cour de justice.

Ailleurs, à Carrefour, parents et amis des policiers Carl Steeven Hérard et Jean Nacius Fleurant, âgés tous deux de 36 ans, et affectés à la sécurité du juge Yvickel Dabrésil depuis six ans, ainsi que le chauffeur du magistrat, connu sous le nom de Fritzner St-Cyr, ont battu le pavé de la principale route de Carrefour, pour forcer les autorités judiciaires à les libérer. Selon les protestataires, les deux agents de police, maintenus en détention depuis 12 jours à la DCPJ et à la prison civile de Croix-des-Bouquets, n’ont rien à voir avec ce dossier de tentative de coup d’État et de complot contre la sûreté de l’État que le gouvernement reproche au juge, notamment.

Pour sa part, la Direction générale de la Police nationale d’Haïti, dans un mémorandum publié le 17 février, a annoncé que l’Inspection générale enquête déjà sur le cas de ces deux policiers. «Une enquête est déjà ouverte à l’Inspection générale de la police nationale d’Haïti (IGPNH) pour apprécier les faits, parallèlement à la procédure judiciaire en cours.

La Direction générale de la Police nationale d’Haïti en profite pour réitérer son engagement à accompagner juridiquement tout policier faisant l’objet d’une procédure judiciaire quelconque, dans l’exercice de ses fonctions». L’institution policière s’est dit informée du mouvement de protestation, orchestré à Carrefour, pour réclamer la libération des deux policiers arrêtés en compagnie du juge Yvickel Dabrésil, le 7 février 2021 dernier.

Altidor Jean Hervé

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