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Le serviteur de Jovenel : Me Jean Ernst Muscadin

L’ex-sénateur du département de Nippes, Nènel Cassy, a été remis en liberté, quelques heures après son arrestation par les autorités judiciaires de Miragoâne, à la suite d’une mobilisation générale de tous les secteurs vitaux de la vie nationale. M. Cassy avait été appréhendé, quelques heures plus tôt, par le commissaire du gouvernement.

L’un des dirigeants du Secteur de l’Opposition Démocratique a été libéré, à la suite d’une intervention du Premier Ministre de facto. Joseph Jouthe avait demandé au commissaire du gouvernement de Miragoâne, par le biais du ministre de la Justice, de remettre l’ex-sénateur en liberté, s’il n’a pas été arrêté en flagrant délit de détention illégale d’armes à feu ou de perpétration d’actes de vandalisme. «N’importe quel citoyen, y compris lui-même, peut être appréhendé, s’il est surpris en flagrant délit de violation de la loi», a dit Joseph Jouthe qui, toutefois, s’est gardé de commenter la régularité de l’arrestation, indiquant être dans l’attente d’un rapport sur ces événements. Le chef du gouvernement a fait valoir que les autorités judiciaires peuvent poursuivre l’enquête, sans incarcérer l’opposant qui dispose d’une adresse connue.

Le jeudi 21 janvier 2021, dans l’après-midi, l’ancien Sénateur sous la bannière du parti Fanmi Lavalas, Nènel Cassy avait été arrêté par la police, sur ordre du Commissaire du Gouvernement de Miragoâne, Me Jean Ernst Muscadin. L’ex-parlementaire a été arrêté après avoir participé à une manifestation contre le pouvoir en place et pour le respect de la Constitution, au moment où il s’est rendu au commissariat de la ville, en vue de réclamer la libération de 12 militants de l’opposition, appréhendés à bord d’un autobus, et qui venaient de participer à la manifestation. Nènel Cassy se trouvait au bureau du directeur départemental de la Police pour négocier la libération de deux de ses partisans, lorsqu’il a été interpellé, sur ordre du commissaire du gouvernement, Jean Ernst Muscadin.

Réagissant à cette arrestation, Me André Michel a révélé que «Nènel Cassy vient d’être arrêté à Miragoâne, au bureau du Directeur départemental de la Police, conformément aux instructions du Président Jovenel Moïse. La bataille pour le respect de la Constitution doit prendre sa vitesse de croisière. Inacceptable ! Bloke peyi a».

De son côté, Me Jean Ernst Muscadin a démenti les propos d’André Michel, laissant croire que l’arrestation de Nènel Cassy avait été faite sur instructions du Président Jovenel Moïse, précisant que l’ex-sénateur a été arrêté sous les accusations de possession illégale d’armes à feu, de vandalisme et de vol, et était accompagné de «quatre policiers» portant des armes illégales dont des fusils d’assaut.

De son côté, le Délégué Départemental a fait valoir que M. Cassy a été appréhendé parce qu’il tentait de provoquer, par la violence, le trouble dans la ville.

Plusieurs proches de M. Cassy avaient été brièvement interpellés ce même jour. À Petit-Goâve, d’autres dirigeants et des militants de l’opposition avaient également été appréhendés, dont l’ex-député Sinal Bertrand qui figurait parmi les personnes arrêtées.

Le Président du Sénat, Joseph Lambert a, lui aussi, réagi. «J’ai appris la désagréable nouvelle de l’arrestation du sénateur Nènel Cassy. Les autorités compétentes devraient évaluer l’opportunité d’un tel acte. La démocratie est trop fragile. Nous devons la préserver.»

De son côté, la Direction Politique de l’Opposition (DIRPOD) a lancé un appel à la rébellion. « […] La dictature est en marche. La DIRPOD appelle la population à une rébellion légitime contre cet acte arbitraire et pour la défense de la démocratie…»

Les leaders de l’opposition ont fait valoir que l’élargissement de l’opposant prouve que l’arrestation avait été illégale. Plusieurs leaders de l’opposition ont accusé le chef de l’État, M. Jovenel Moïse, d’être l’instigateur de l’arrestation.

Emmanuel Saintus

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