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«On ne peut pas réinsérer des bandits», dixit Jouthe Joseph

Le premier ministre Jouthe Joseph a lancé, lundi après-midi, une sévère mise en garde aux bandits qui sèment le deuil dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, depuis plusieurs mois. Le premier ministre a fait savoir aux bandits qu’ils n’ont pas d’autres choix que de changer de métier ou mourir. «Les bandits doivent choisir entre la mort ou la remise des armes.»

« […] Il n’est pas question de continuer à tolérer l’idée de zones de non-droit dans notre société, ni de ghettos […] La Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion, depuis huit mois, parle sans cesse aux bandits. C’est leur mission, mais c’est très difficile de convaincre quelqu’un qui gagne de l’argent facile à renoncer à ses activités. Celui-là ne peut pas être réinséré. On ne peut pas réinsérer des bandits. On n’a plus de temps pour les palabres. Maintenant, c’est la phase du démantèlement […] Les bandits doivent savoir que le pays est dirigé. On ne peut pas défier les autorités. La police va rester sur le terrain jusqu’à ce que la paix et la sérénité règnent au pays».

En outre, un jeune garçon d’une dizaine d’année de nationalité américaine, fils du ressortissant américain John McEnroe, a été enlevé, chez lui, à Petite-Rivière (5e section communale de Dame-Marie). John McEnroe a été sévèrement brutalisé et ligoté par les ravisseurs.

Le dimanche 20 décembre, dans la commune de Gressier, des individus non identifiés ont enlevé Me Ronald Derinvil, membre du barreau de Jacmel. Les ravisseurs exigent 1 million de dollars américains contre sa libération.

De plus, la jeune gestionnaire, Bianka Gauthier, âgée de 24 ans, enlevée le mercredi 16 décembre en Plaine, a été libérée après 4 jours de séquestration, contre rançon, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 décembre. Le montant exact de la rançon n’a pas été précisé. Mais ses ravisseurs avaient exigé 800 000$, avant de réduire la rançon à 150 000$.

Également, le samedi 19 décembre, à Delmas 19, des individus non identifiés ont attaqué et abattu de plusieurs balles, Alain Boyard, un policier de la 18e promotion de la Police Nationale d’Haïti (PNH), membre de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO).

En outre, le jeudi 17 décembre 2020, à la suite des renseignements informant de la présence d’un chargement d’armes de guerre arrivé en Haïti, des agents du Bureau de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS), de concert avec des agents douaniers, ont procédé à la fouille d’un conteneur scellé, entreposé au Port Lafiteau.

À l’aide de chiens spécialement dressés, ils ont découvert, dissimulés dans des haut-parleurs, 8 fusils d’assaut, 3 revolvers, une vingtaine de chargeurs, plusieurs boîtes de munitions et une lunette de visée, entre autres… La propriétaire de ce conteneur, Kettia Louis, demeure jusqu’à présent introuvable et les autorités n’ont fourni aucune information sur la provenance de ces armes illégales et leur destination, se limitant à dire qu’une enquête était ouverte.

Pour sa part, l’ancien secrétaire d’état à la Sécurité publique, Réginald Delva, juge troublant que le nom de Kettia Louis soit une nouvelle fois cité, dans le cadre d’importations d’armes illégales au Port Lafiteau, plusieurs mois après une première affaire.

En effet le jeudi 17 décembre, les agents douaniers ont procédé à la saisie de plusieurs armes dont 8 fusils d’assaut, dissimulés dans un conteneur, placé depuis sous scellés dans le port opéré par le Groupe AGB. «Il est possible qu’il ne s’agisse pas de la même personne, ou que les conteneurs inspectés représentent la seconde partie de la cargaison déjà interceptée en juillet dernier. Mais, dans tous les cas de figure, il y a lieu de s’interroger sur le suivi effectué par la Justice», a expliqué Réginald Delva. Il a déploré que les vrais acteurs du trafic d’armes en Haïti ne soient jamais inquiétés, alors que leurs complices, opérant aux États-Unis, sont souvent sévèrement punis. D’autre part, Réginald Delva a insisté sur le fait qu’on ne peut demander aux Américains d’être plus vigilants sur les marchandises qui quittent leur pays, alors qu’Haïti ne l’est pas sur ce qui entre sur le territoire national. Il fait d’ailleurs remarquer que les organismes américains, chargés de lutter contre la contrebande, n’ont souvent aucun équivalent en Haïti, ce qui, selon lui, rend impossible toute mise en commun des informations.

Par ailleurs, le jeudi 17 décembre, une vive tension a régné à la commune de Croix-des-Bouquets où des membres armés du Gang «400 Marozo» ont affrontés un gang rival. Trois (3) personnes sont mortes et plusieurs autres blessées, au cours des affrontements.

Emmanuel Saintus

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